Santé

L’endométriose : Une séance de sensibilisation pour mieux faire connaître la maladie

Des professionnels de la santé et autres spécialistes pour proposer des pistes de prévention de l'endométriose.
L’endométriose : Une séance de sensibilisation pour mieux faire connaître la maladie

La Fondation LEIDI, qui œuvre à l’amélioration de la santé reproductive et mentale de la femme, a organisé, à Lomé une séance de sensibilisation sur l’endométriose, affection caractérisée par la douleur lors des menstrues ou non et pendant les rapports sexuels. La rencontre a été marquée par plusieurs communications qui ont permis d’éclairer l’assistance sur ce mal qui est aussi une cause d’infertilité chez 50% des femmes.

L’endométriose, une affection de la femme a été au centre d’une séance de sensibilisation organisée par la Fondation LEIDI, à Lomé. La sensibilisation a permis de situer l’assistance sur cette pathologie. Selon Dr Bernard Mukengeshayi, médecin gynécologue, l’endométriose est une affection marquée par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus. Le maître symptôme de cette affection est la douleur pendant les règles, tout comme en dehors des règles et au cours des rapports sexuels. A cela s’ajoutent des troubles digestifs comme la nausée, la constipation et la diarrhée. Le diagnostic d’endométriose est amené par l’échographie pelvienne, l’imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) et surtout la sémioscopie, qui  a un avantage diagnostique et thérapeutique. Ce professionnel de la santé a renseigné que l’endométriose touche 10% des femmes en âge de procréer et 50% des personnes touchées sont infertiles. Le médecin Mukengeshayi a indiqué que les causes de cette maladie restent inconnues à ce jour, mais des recherches incriminent des facteurs génétiques, environnementaux, ainsi que des facteurs liés à la menstruation elle-même.

L’assistance à la sensibilisation sur l’endométriose.

En ce qui concerne les facteurs génétiques, il rapporte que les filles d’une mère qui a souffert de l’endométriose sont à risque de développer cette affection. La cause étant méconnue, le traitement de l’endométriose est symptomatique et repose sur la gestion de la douleur, grâce à des antiinflammatoires.

Il est important de se protéger contre les perturbateurs endocriniens

Pour être à l’abri des facteurs environnementaux, Dr Serges Kodjo, médecin endocrinologue, indique de son côté, qu’il est important de se protéger contre les perturbateurs endocriniens que sont les pesticides et autres substances chimiques qui sont utilisés quotidiennement à la maison, dans les industries et les champs. « Ces perturbateurs endocriniens interfèrent dans l’action normale physiologique des hormones, notamment l’œstrogène chez la femme », a-t-il fait remarquer. Il a relevé que tout repose sur la gestion de la période de la conception, jusqu’à 1.000 jours après l’accouchement, tout en précisant que pour qu’un sujet soit plus tard protégé contre les maladies de la reproduction, les maladies métaboliques et les pathologies cardiovasculaires, il faut que le fœtus soit protégé contre ces perturbateurs endocriniens. Le professionnel de la santé a aussi souligné que les repas chauds ne doivent pas être servis dans des plastiques, car ces sachets plastiques contiennent du bisphénol A, un danger pour la santé humaine.

Ce fut aussi l’opportunité pour Mme Nathalie Amémowoto, nutritionniste en Belgique, de revenir sur l’importance d’une alimentation saine et équilibrée dans la prévention des maladies, d’une manière générale. Elle a déconseillé les produits laitiers, les viandes rouges, le blé, le sucre et l’alcool, tout en précisant que les aliments riches en antioxydants et en anti-inflammatoires, ajoutés aux activités physiques, sont indiqués pour l’organisme humain.

L’endométriose est une affection chronique, dont la prise en charge s’étend sur des années. C’est une affection dont le symptôme phare est la douleur et cette douleur peut affecter le vécu quotidien et impacter la santé mentale de la patiente. C’est la raison pour laquelle, Dr Sonia Kanekatoua, médecin psychiatre, a convié les personnes atteintes de l’endométriose d’avoir des idées positives, malgré ce fardeau de la douleur et d’avoir de l’estime de soi, plutôt qu’une attitude de culpabilité. Mais, au cas où elles sont excédées, elles peuvent appeler les psychologues à l’aide. « Cette peur d’affronter la douleur à chaque cycle menstruel peut générer de l’anxiété et impacter négativement la santé mentale de la patiente », a-t-elle fait remarquer.

La vice-présidente de la Fondation LEIDI, Mme Sénam Kagni, a confié que l’endométriose est une affection peu connue et sous diagnostiquée et l’heure est venue, à travers cette sensibilisation, de lever le coin de voile, en vue d’une meilleure prise en charge médicale. Elle a expliqué que LEIDI est une jeune fondation qui travaille, depuis deux ans, à l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive de la femme et pour sa santé mentale.

Françoise AOUI

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