Le vélo en Chine, un moyen de transport vert
Après une vingtaine d’années de développement rapide, la Chine se trouve déjà parmi les puissances économiques mondiales. Ce progrès fulgurant n’est pas sans générer quelques défis, notamment d’ordre environnemental. En effet, la Chine est considérée comme l’un des pays les plus pollués du monde. L’eau des fleuves de plusieurs villes est polluée, l’air est pollué. On déplore la désertification, la réduction des prairies, l’appauvrissement des sols, et surtout la pluie acide qui domine 1/3 des territoires, etc.
Prenant conscience de cette situation dramatique, la Chine a mis en place une politique environnementale vigoureuse, incluant la qualité de l’air et la transition énergétique. L’objectif est de réduire l’empreinte carbone à long terme, en développant massivement les énergies renouvelables et en favorisant la production propre. Dans cette équation, la mobilité verte est un pilier essentiel. Ces dernières années, la Chine est devenue un leader mondial des transports verts, en intégrant massivement les véhicules à énergies renouvelables (NEV), le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse du monde et des flottes de bus entièrement électriques.

Un autre parc vélo au bord d’une avenue à la sortie du métro
Les déplacements urbains et interurbains y sont, aujourd’hui, dominés par ces infrastructures durables. Le plus remarquable est la mobilité douce représentée par le vélo. Le bon vieux moyen de locomotion, qui sert sous d’autres cieux à faire des randonnées ou des tours cyclistes, est devenu pour des millions de Chinois, un moyen de transport quotidien, un accessoire de mode et de santé, depuis la pandémie du Coronavirus. Cette mobilité favorisée par le « vélopartage », la location de vélos en libre-service, est omniprésente partout. C’est un système de transport peu coûteux. Les courses démarrent à environ 1,5 Yuan, soit 125 FCFA. Il suffit de scanner le QR Code du vélo avec son smartphone via des applications et on l’obtient pour le temps d’une course.
Aujourd’hui, à Pékin ou dans d’autres provinces de la Chine, prendre le vélo pour se déplacer est devenu une priorité pour de nombreux citoyens. Hommes, femmes, jeunes ou vieux, ils ont compris que le vélo est une alternative à la lutte contre la pollution et le changement climatique. Aux heures de pointe à Pékin, on distingue ces vélos par centaines dans la circulation. Reconnaissables par leurs couleurs bleu, jaune et vert, ces deux roues permettent d’aller n’importe où, faire des courses, aller au boulot, se déplacer d’un point à l’autre de la ville ou faire une balade. Sur les campus universitaires, le vélo est largement pratiqué, permettant aux étudiants de relier rapidement un amphi à un autre.
Pour encourager davantage ce moyen de transport devenu commun, le pays développe activement des infrastructures adaptées, notamment des pistes cyclables. Nombreuses ont été réaménagées comme le long de la rivière Suzhou à Shanghaï. Les grandes métropoles ont massivement investi dans ces infrastructures cyclables pour désengorger le trafic et réduire la pollution. Xiamen possède la plus longue piste cyclable aérienne au monde (8Km) réservée uniquement aux deux roues. Partout, on retrouve ces bicyclettes stationnées, que ce soit devant les bâtiments administratifs, les banques, les entreprises, les supermarchés, les stations de métro, attendant les usagers.
Ce moyen de transport a plusieurs avantages. Il permet d’aller plus vite en cas d’embouteillage, donc de gagner en temps et en coût dans un vaste pays de plus de 1,413 milliard d’habitants. Conséquemment, ce système de mobilité encouragé par l’Etat chinois et adopté par un nombre croissant de citoyens contribue à réduire la pollution et les émissions de carbone. Enfin, nul n’ignore que pratiquer le vélo est l’un des sports complets qui permet à l’organisme de rester en bonne santé.
Blandine TAGBA-ABAKI