70e anniversaire des relations diplomatiques sino-africaines et arabes : Bilan et perspectives
Pour marquer les 70 ans des relations diplomatiques entre la Chine, les pays africains et arabes, le ministère chinois des Affaires étrangères et l’Institut d’études internationales ont tenu, mercredi 17 juin 2026, dans la capitale chinoise, un séminaire sur le thème « Bâtir ensemble une communauté d’avenir partagé ». Cette rencontre en présentiel et en ligne à laquelle ont été conviés les chefs de missions diplomatiques, a permis de dresser le bilan des relations de coopération avec la Chine. Mais aussi, d’envisager l’avenir de ces relations au moment où le monde fait face à plusieurs enjeux, pour une coopération sud globale encore plus fructueuse.

Une vue de la salle lors de la conférence de presse ayant suivi la visite de l’école du PCC
La Chine et ses partenaires africains et arabes célèbrent, cette année, leurs noces de Platine, parfait métal pour représenter l’amour et l’éternité. Dans ce cadre, une rencontre en présentiel et en ligne avec les chefs de missions diplomatiques a eu lieu, mercredi 17 juin 2026, à Pékin, en vue de saluer la profondeur et la richesse de cette coopération, mais également pour envisager les nouvelles bases de cette entente à l’aune des quatre initiatives de développement du président chinois Xi Jinping, et surtout avec l’entrée en vigueur, depuis mai 2026, de la mesure du Zéro tarif douanier en faveur des pays africains.
Ainsi, après l’entame des travaux officiée par le vice-ministre des Affaires étrangères, M. Miao Deyu, une session de discussion a été ouverte, permettant de recueillir les avis de plusieurs intervenants, notamment des diplomates, experts, chercheurs, sur le thème du jour « Bâtir ensemble une communauté d’avenir partagé ». On retient globalement que la Chine et ses partenaires d’Afrique subsaharienne ont inauguré leurs relations diplomatiques en 1956, au lendemain de la conférence de Bandung, la Chine se positionnant comme un allié majeur des pays du Sud, à travers son soutien moral et militaire des mouvements de libération nationale et des nouveaux Etats africains. En retour, elle obtient le soutien de ceux-ci face aux puissances occidentales dans le processus de la guerre froide et sur d’autres questions cruciales comme Taïwan.
Aujourd’hui, ces relations ont évolué vers des échanges basés sur un partenariat gagnant gagnant. Si au départ, la Chine achetait des matières premières à l’Afrique pour nourrir son besoin de développement, ce partenariat, par la suite, s’est étendu à d’autres domaines : infrastructures (chemin de fer, bâtiment, routes, adduction d’eau), technologie (téléphonie, aérospatial), secteur militaire, agriculture, prêts financiers, santé (hôpitaux, missions médicales), exploitation minière, forêts, etc.
La Chine devient, dès lors à partir de 2009, le premier partenaire commercial du continent. Par conséquent, leurs échanges commerciaux atteignent, aujourd’hui, 300 milliards de Dollars. Pour de nombreux gouvernements africains cherchant des alternatives aux modèles occidentaux, la Chine est un partenaire privilégié. Les chefs de missions présents à cette célébration, notamment le représentant permanent de l’Union Africaine auprès de la Chine, Alhaji Mohamed Sarjoh Bah, ou ceux en ligne, ont été unanimes à reconnaître et affirmer que le modèle de développement chinois est inspirant pour de nombreux Etats du Sud global. Ayant eu un parcours historique similaire (envahissements fréquents par des pays voisins, colonisation, pauvreté extrême), c’est un pays qui déteste l’hégémonie sous toutes ses formes. Et comme le disait le président de l’école du Parti communiste chinois, M. Xie Chuntao, lors de la visite de son institution, jeudi 18 juin, « la Chine n’a jamais envahi, ni volé aucun autre pays ». Elle est convaincue qu’elle ne peut pas poursuivre son propre processus de développement sans l’Afrique. Une idée célèbre du président Xi Jinping l’exprime si bien : « La Chine et l’Afrique représentent ensemble près d’un tiers de la population mondiale. Sans la modernisation de la Chine et de l’Afrique, il ne saurait y avoir de véritable modernisation mondiale ». Comme quoi, les relations sino-africaines sont une question d’avenir partagé. La mesure du Tarif zéro pour les pays africains opérationnelle, cette année, est une preuve tangible, un premier pas vers ce futur tant recherché par les deux parties.
A noter que les relations entre la Chine et le continent africain remontent, depuis l’Antiquité, avec les expéditions de la Route de la Soie maritime, dès le 17e siècle. Au fil des siècles, ces liens ont profondément évolué, passant d’un soutien anticolonial au 20e siècle à un partenariat économique et géopolitique. Ainsi, face à sa croissance industrielle rapide, elle s’est tournée vers l’Afrique pour sécuriser son approvisionnement en matières premières. En 2000, Pékin officialise ce partenariat, en mettant en place le Forum sur la coopération sino africaine (FOCAC), en vue de structurer ses investissements. Dès lors, l’engagement de la Chine en Afrique est marqué par des relations étroites d’échanges, d’investissements et de financements.
La politique de non-ingérence de la Chine
Jeudi 18 juin, le groupe de journalistes africains en séjour en Chine ont visité l’école du Parti communiste chinois. Une école qui incarne l’idéologie du parti au pouvoir créée, il y a 90 ans, par le premier président de la République populaire de Chine, Mao Zedong, pour la formation de l’élite de son pays. Selon le président de cette école, M. Xie Chuntao, 3000 écoles sont construites à travers le pays qui, chaque année, forment 20000 cadres de niveaux moyen et intermédiaire en philosophie et sciences sociales basées sur la tradition et les valeurs chinoises.
En dehors de la formation, l’école fait des recherches sur le marxisme léninisme qui constitue l’idée centrale du communisme à la chinoise, promouvant l’unité de pensée du peuple. Ainsi, grâce à des réformes entreprises, ces dernières années, et l’arrivée du président Xi Jinping, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, avec un PIB annuel avoisinant les 140 millions de RMB.
Cette politique table sur une gouvernance stricte, une lutte sans ménagement contre la corruption, un travail acharné, la sécurité, les progrès scientifiques et techniques, les énergies renouvelables, une politique économique cohérente, la justice sociale et l’édification d’une armée dotée de moyens suffisants de défendre l’intégrité territoriale du pays. Ce qui a permis l’éradication de l’extrême pauvreté et l’édification d’une société plus stable et résiliente où nul n’est laissé pour compte.
En matière de politique étrangère, la Chine est un pays non aligné. Ses relations avec les autres pays se fondent sur un partenariat profitable pour tous et une politique de « non-ingérence » dans les affaires militaires intérieures ou extérieures des autres Etats. Pour M. Xie Chuntao, avec l’élection de l’actuel président de la République, l’économie de la Chine sera encore plus florissante. Ses défis actuels consistent à lutter contre les poches de pauvreté et élever le niveau de vie des Chinois. Sur le plan international, il s’agit de défendre l’image du pays et son intégrité territoriale.
Blandine TAGBA-ABAKI