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La présidente de l’Assemblée nationale Yawa Djigbodi Tsègan ouvre la session délocalisée du Parlement de la CEDEAO

La PA Yawa Tsègan (3e de la droite ) en photo avec le présidium du Parlement de la CEDEAO.
La présidente de l’Assemblée nationale Yawa Djigbodi Tsègan ouvre la session délocalisée du Parlement de la CEDEAO

Les députés de la 5e législature du Parlement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont entamé, le 3 octobre 2022 et ce, pour cinq jours, les travaux de la 2e session extraordinaire de l’année 2022, après le ton donné par la présidente de l’Assemblée nationale, Yawa Djigbodi Tsègan. Cette session est principalement consacrée à l’examen et l’adoption du projet de budget, au titre de l’exercice 2023. Son vote permettra à cette institution communautaire, à la lumière des données financières, de mieux appréhender l’ensemble des politiques du Parlement et les modalités selon lesquelles elle entend atteindre ses objectifs.

Le Parlement de la CEDEAO tient sa 2e session extraordinaire à Lomé. Pendant cinq jours, les élus communautaires analyseront le projet de budget au titre de l’exercice 2023, dont le vote permettra à leur institution de fonctionner et de financer ses activités, au regard de ses missions : entre autres, la représentation des populations d’Afrique de l’Ouest, le contrôle des activités sectorielles, (notamment celles des instances chargées de mettre en œuvre les programmes de la Communauté) et la participation au processus d’adoption des actes communautaires. Le budget permettra de mettre aussi en œuvre les actions prévues dans son plan stratégique, de moderniser l’institution, en la dotant d’infrastructures et d’équipements destinés à faciliter la tenue des réunions et à assurer un meilleur une meilleure diffusion de ses délibérations. A ces missions, s’ajoute le financement des programmes de renforcement des capacités des députés et du personnel administratif, entre autres.

L’honorable Yawa Tsègan (au milieu) a ouvert la session. A sa droite, M. Mohamed Tunis

Consacrer les efforts aux actions prioritaires de développement

En ouvrant la session, la présidente de l’Assemblée nationale, Mme Yawa Djigbodi Tsègan, a laissé entendre que malgré les efforts déployés par les pays membres, l’espace communautaire reste confronté à la persistance des défis tels que l’accès aux services de base et l’emploi décent, les enjeux sécuritaires, la faiblesse des systèmes sanitaires et la vulnérabilité des économies. Dans le même sens, les différents foyers de crises demeurent des sujets de préoccupation et doivent retenir l’attention de tous pour rechercher ensemble les voies et moyens de ramener la paix, partout où elle est menacée. « D’où la nécessité de consacrer des efforts essentiellement aux actions prioritaires de développement, tant au plan économique que social. Il nous appartient aussi de poursuivre avec ardeur et persévérance le rêve d’intégration des pères fondateurs, en vue de consolider la paix et la cohésion sociale propices à la modernisation de notre espace dans tous les domaines. C’est pourquoi, de pareilles assises doivent nous conduire à revisiter les outils clés de gestion de notre institution communautaire, à mener de profondes réflexions, en vue de réaliser le grand renouveau de notre espace, à travers des solutions innovantes et adaptées à notre environnement. Cela montrerait aux populations de notre espace notre détermination et notre capacité à suivre à grande lancée, l’évolution irréversible vers le bien-être partagé », a-t-elle fait savoir. Elle a émis le vœu que les actions du parlementaire communautaire contribuent à la réalisation de la « Vision 2050 » de la CEDEAO qui est celle de faire émerger « une communauté des peuples pleinement intégrée dans une région paisible, prospère avec des institutions fortes et respectueuses des libertés fondamentales, œuvrant pour un développement inclusif et durable ». Au regard du contexte actuel qui prévaut au sein de la communauté, Mme Tsègan a invité tous les pays à fédérer les énergies et à œuvrer davantage efficacement pour la culture de la paix, la sécurité et la stabilité, la gouvernance et l’Etat de droit, l’intégration économique et l’interconnectivité, la transformation, le développement inclusif et durable, ainsi que l’inclusion sociale.

Parlementaires de la CEDEAO et quelques membres du gouvernement à la cérémonie d’ouverture.

Les pays appelés à assurer les versements de leurs prélèvements communautaires

Dans son intervention, le président du Parlement de la CEDEAO, M. Mohamed Sidie Tunis, a indiqué que les contributions financières des Etats membres se font par le biais d’un mécanisme connu sous le nom de prélèvement communautaire. Ce prélèvement, qui consiste en un taux de 0,5 % imposé sur les marchandises provenant des Etats non-membres de la CEDEAO, est la principale source de financement de la CEDEAO. Il est supposé couvrir entre 70 et 90% du budget de la communauté. « Malheureusement, nous assistons à un faible taux de recouvrement de la taxe communautaire, environ 30% ces dernières années, ce qui a pour conséquence immédiate la réduction de la capacité de la CEDEAO à mettre en œuvre des projets et programmes, la réduction de la visibilité des institutions auprès des citoyens de la communauté, et le ralentissement du rythme de l’intégration économique.
Je voudrais donc souligner, une fois de plus, la nécessité pour nos pays de liquider, dans les meilleurs délais, le produit du prélèvement communautaire, et éviter l’accumulation d’arriérés, afin de permettre à la CEDEAO de mettre en œuvre avec succès son programme d’activités 
», a-t-il fait savoir.

Sous un autre angle, M. Tunis a laissé entendre que la situation actuelle est marquée par une forte inflation, avec une flambée inédite et imprévisible des prix des denrées alimentaires et de l’énergie sur le marché mondial et qui a un impact considérable sur le niveau de vie des populations. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine constitue également une menace pour la paix et la sécurité internationales, mais aussi un risque évident de crise économique mondiale sans précédent. « A cet égard, je me permets de rappeler la Charte des Nations Unies, dans laquelle la communauté internationale s’est engagée à épargner aux générations futures et à l’humanité tout entière, les affres et les souffrances d’une autre guerre mondiale. Je lance donc un appel à la communauté internationale à assumer ses responsabilités. Elle doit garantir, à travers les Nations Unies, la sécurité et la stabilité de tous les Etats membres. J’appelle également tous les pays épris de paix et de justice à unir leurs efforts et à prendre toutes les mesures collectives efficaces pour dissiper les menaces à la paix et parvenir à un règlement pacifique des différends qui les opposent », a-t-il lancé.

Dans son mot de bienvenue, l’honorable Mémounatou Ibrahima, 3e vice-présidente du Parlement de la CEDEAO, a invité les participants à un examen minutieux des chapitres et rubriques du projet de budget, dans le but de s’assurer que les besoins des populations sont pris en compte. « Car l’histoire nous démontre à suffisance que les populations de notre sous-région sont parmi les populations les plus mobiles au monde au sein du même espace. Ce brassage incontestable répond à la vision qu’incarne la CEDEAO, celle de promouvoir, non seulement la coopération rayonnante entre les Etats, mais surtout l’intégration radieuse des peuples. C’est dans ce sens que dès sa création en 2006, le Parlement de la CEDEAO a pris pour engagement d’œuvrer au bonheur des peuples et au renouveau des nations ouest-africaines », a-t-elle indiqué.

Yankolina M. TINGAENA

 

 

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