Evala 2026 : Le canton de Bohou a livré sa finale
Les luttes traditionnelles Evala 2026 ont connu leur épilogue, le mercredi 15 juillet 2026, dans le canton de Bohou, en présence de plusieurs personnalités, dont le représentant du Président du Conseil, le ministre Hodabalo Awaté en charge de l’Administration territoriale.
En finale, les Evala de Bohou-Haut ont pris le dessus sur ceux de Bohou-Bas, en s’imposant par 19 victoires contre 15. A Pya, l’heure était aux demi-finales sous l’œil attentif du Président du Senat, Barry Moussa Barqué, représentant du Président du Conseil. Lors de la première demi-finale, les lutteurs de l’alliance Akeï-Lao-Kioudè-Gnama ont dominé ceux de Tchamdè par 39 victoires contre 16. Dans la seconde demi-finale, la coalition Kadjika-Awidina-Kodah a pris le dessus sur les Evala de Pittah, score final 17 réussites contre 7. Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur la finale très attendue du canton de Pya.

Dans l’après-midi du mercredi 15 juillet 2026, les luttes Evala ont atteint leur point culminant dans le canton de Bohou, à l’occasion de la grande finale. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est fait représenter à cette finale, riche en périphéries, par le ministre Hodabalo Awaté de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, qui a suivi avec un grand intérêt le duel âprement disputé entre les Evala de Bohou-Haut et ceux de Bohou-Bas, dans une ambiance de retrouvailles, empreinte de chaleur fraternelle et familiale, au rythme des chants et des danses traditionnels. Au terme des affrontements, Bohou-Haut s’est imposé par 19 victoires contre 15 pour Bohou-Bas. Chez les jeunes cadets, la joie est allée dans le camp de Bohou-Bas qui remporté sur un score étriqué 6 points contre 5.
Déjà dans la matinée, malgré une pluie persistante, le Président du Senat, Barry Moussa Barqué, représentant du Président du Conseil, s’était rendu sur le terrain de l’École centrale de Pya pour assister à la première demi-finale opposant les Evala de l’alliance Akeï-Lao-Kioudè-Gnama à ceux de Tchamdè. Cette confrontation, riche en rebondissements et en épisodes particulièrement disputés, a été largement dominée par les lutteurs de l’alliance Akeï-Lao-Kioudè-Gnama, qui se sont imposés par 39 victoires contre 16 pour Tchamdè. Même dynamique de victoire chez les Ahoza Akeï-Lao-Kioudè-Gnama qui ont dominé par largement avec 56 points contre 18 victoires.
À la suite de cette rencontre, le Président du Senat s’est rendu au CEG Kagnalada,
où s’est disputée la seconde demi-finale du canton de Pya. Les Evala de l’alliance Kadjika-Awidina-Kodah y ont croisé le fer avec ceux de Pittah. Au terme des empoignades, les lutteurs de l’alliance Kadjika-Awidina-Kodah, plus tactiques et plus combatifs, ont pris le dessus avec 17 victoires contre 07 pour leurs adversaires. Chez les cadets, la victoire est allée toujours dans le camp de la coalition qui a réalisé 27 points contre 15 réussites pour Pittah.

le représentant du Président du Conseil, le ministre Hodabalo Awaté ( au milieu) dans la canton de Bohou
À Bohou comme à Pya, les luttes se sont déroulées dans une ambiance festive, rythmée par les chants et danses traditionnels. Mais, au-delà de la compétition, c’est surtout l’esprit de fair-play et de fraternité qui a marqué les différentes rencontres. Les spectateurs ont ainsi pu apprécier les poignées de main entre adversaires, les gestes d’entraide pour aider un lutteur à se relever ou encore les sorties de l’arène main dans la main après les combats.
Evala, une opportunité pour plusieurs acteurs
Au-delà de leur dimension initiatique et culturelle, les luttes traditionnelles Evala constituent également une période particulièrement favorable aux activités économiques. Ces festivités, qui attirent chaque année une importante affluence à Kara, offrent de nombreuses opportunités à différents acteurs du secteur informel et du commerce. Dans la région, une expression populaire résume cette période d’intense activité commerciale : « Leur cacao est mûr ». Une manière imagée de dire que certains acteurs connaissent, durant les Evala, une période particulièrement propice à la vente et à l’augmentation de leurs revenus. Parmi les principaux bénéficiaires figurent les promoteurs d’auberges, d’hôtels et de restaurants.
Depuis le début des festivités, leurs établissements ne désemplissent pas. Face à l’affluence des visiteurs venus de différentes localités pour vivre l’ambiance particulière des Evala, certains établissements enregistrent une forte hausse de la demande.

« Les chambres que nous avons l’habitude de louer à 6 000 francs CFA sont désormais proposées à 12 000 francs CFA, voire davantage, pendant la période des Evala », témoigne un acteur du secteur.
À côté de ces opérateurs, les petites commerçantes et revendeuses de repas, de boissons locales et de boissons conventionnelles tirent également profit de cette forte affluence. Elles trouvent leur compte dans les marchés de fortune et les points de vente improvisés autour des différentes arènes.
Plusieurs entreprises saisissent également cette période pour promouvoir leurs produits et renforcer leur visibilité auprès des populations. Par leur présence, elles contribuent en même temps à l’animation de l’ambiance festive qui accompagne les luttes traditionnelles.

Les organisations de la société civile et certaines institutions spécialisées profitent, pour leur part, de cette forte mobilisation populaire pour mener des actions de sensibilisation. C’est notamment le cas des campagnes de prévention et d’information sur les infections sexuellement transmissibles et les comportements à risque, particulièrement nécessaires durant cette période de grande affluence et de festivités où « les grands vainqueurs doivent se protéger et protéger les autres », mentionne l’affiche publicitaire du CNLS.
Après les finales disputées dans plusieurs cantons, l’attention se tourne désormais vers Pya, où l’apothéose des Evala est très attendue le 16 juillet 2026. Une grande finale qui s’annonce riche en intensité, en suspense et en émotions, dans la ferveur populaire qui caractérise les festivités Evala.
Bernardin ADJOSSE