Les acteurs du Système d’assurance Carte Brune de la CEDEAO tiennent leur deuxième réunion zonale à Lomé
Réunis à Lomé depuis lundi 3 août 2026, pour le compte de leur 2e réunion zonale 2026, les acteurs du Système d’assurance Carte Brune de la CEDEAO planchent, pendant trois jours, sur la numérisation de la gestion des sinistres. Objectif : rendre l’indemnisation des victimes d’accidents transfrontaliers plus rapide, plus transparente et plus efficace au profit des Etats membres.

Le ministre Tessi (milieu) ouvre les travaux de la 2e réunion zonale.
Placée sous le thème « Numérisation de la gestion des sinistres : Améliorer l’efficacité, la transparence et le règlement transfrontalier des sinistres », la 2ᵉ réunion zonale 2026 du Système Carte Brune a démarré lundi 3 aout 2026, à Lomé. Pendant 72 heures, responsables des bureaux nationaux, compagnies d’assurance, partenaires techniques et experts des pays de la CEDEAO vont examiner les réformes nécessaires pour moderniser le mécanisme régional d’indemnisation et l’adapter à la mobilité croissante en Afrique de l’Ouest.
Dans son discours d’ouverture, le ministre en charge de l’Assurance maladie universelle, M. Jean-Marie Koffi Ewonoulé-Tessi, a rappelé le rôle central de la Carte Brune. « La Carte Brune constitue l’un des instruments les plus concrets au service de la libre circulation des personnes, des biens et des services au sein de l’espace communautaire », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’indemnisation des victimes d’accidents impliquant des véhicules en déplacement, le ministre a souligné que le système favorise les échanges commerciaux, le tourisme et les investissements, tout en renforçant la confiance sur les corridors communautaires. Face à l’intensification des échanges et aux avancées technologiques, M. Tessi a estimé que la digitalisation s’impose désormais comme une nécessité. « Elle permet d’accélérer le traitement des dossiers, de renforcer la transparence, d’améliorer les échanges d’informations entre bureaux nationaux et de lutter efficacement contre la fraude », a-t-il indiqué. Le ministre a aussi mis en avant les progrès du Togo en matière de transformation numérique dans la santé, l’administration et la protection sociale, invitant les assureurs à s’approprier cette dynamique.

Le ministre Tessi reçoit une distinction en hommage à son engagement au service de l’assurance.
Nécessité stratégique de moderniser le système
Pour sa part, le président du Conseil des Bureaux, M. Habib Dia, a salué l’engagement du Togo, avant de plaider pour une digitalisation accélérée, un renforcement de la gouvernance et une meilleure coopération avec le Marché Commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) dans la perspective de la Vision 2050 de la CEDEAO. « Faisons de cette rencontre un catalyseur de la modernisation du système au bénéfice des citoyens ouest-africains », a-t-il lancé.
Représentant le président de la Commission de la CEDEAO, Mme Dweh Emily Gray, pour sa part, a insisté sur la nécessité stratégique de moderniser le système de gestion des victimes d’accidents transfrontaliers, tout rappelant l’importance de la Carte Brune dans la consolidation de l’intégration régionale. Elle a appelé à renforcer les cadres institutionnels, la cyber-sécurité, les compétences et les partenariats, pour développer des services d’assurance transfrontaliers plus performants.
De son côté, le président du Bureau national du Togo, M. Koffi Assignon, a rappelé que Lomé, qui abrite le siège du Système Carte Brune, joue un rôle central dans la coordination du règlement des sinistres transfrontaliers.
A l’issue de trois jours de travaux, les participants sont attendus sur des recommandations concrètes. L’enjeu étant de faire de la digitalisation le levier d’une Carte Brune plus moderne, plus fiable et véritablement au service de l’intégration régionale et de la protection des usagers de la route en Afrique de l’Ouest.
Patouani BATCHAMLA