Une photo souvenir des élèves et des journalistes africains à l’issue de la visite de leur école.

Des journalistes africains au contact du peuple ouïgoure de Xinjiang

La région autonome ouïghoure de Xinjiang a été la dernière province que les journalistes africains, présents en Chine depuis trois mois, ont visitée du 20 au 24 juillet 2026. Un vaste et magnifique territoire d’une superficie totale de 1,66 million de Km2 situé dans le Nord-Ouest de la Chine, la plus grande province du pays qui partage une frontière commune avec le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Mongolie, le Tadjikistan, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Inde et la Russie. Région multiethnique au potentiel économique énorme, elle a été façonnée par le Corps de production et de construction du Xinjiang (CPCX), un corps formé par la majorité des troupes de l’Armée populaire de libération (APL) démobilisées sur place, en octobre 1954. Ceci, sur ordre du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), pour se tourner vers des travaux civils, et avec pour mission de sécuriser le pays et renforcer la gouvernance des frontières. Après plus de 70 ans, le Corps a rempli pleinement sa mission par un travail acharné qui fait, aujourd’hui, du Xinjiang une région stable, unifiée et prospère.

Séance de travail des journalistes (à droite) avec les autorités locales de Xinjiang.

Pour leur dernière étape, le groupe des journalistes africains présents en Chine, depuis le mois de mai, se sont rendus, du 20 au 24 juillet, de Pékin à la région autonome du Xinjiang. Un territoire aux paysages pittoresques à couper le souffle, avec de hautes montagnes imposantes, de vastes prairies, des déserts infinis, des oasis verdoyantes, des forêts denses, des lacs profonds, des rivières sinueuses et des glaciers mystérieux.

Un environnement merveilleux dans lequel vivent 22 millions d’âmes, dont 2/3 dans le Nord et 1/3 dans le Sud. Région au carrefour des quatre grandes civilisations, elle se distingue en Asie et même dans le monde par son caractère singulier, fruit d’un métissage culturel unique. Officiellement créé, le 1er octobre 1955, le Xinjiang est composé de plusieurs ethnies, dont les Ouïgoures sont majoritaires. Situé au cœur du continent eurasiatique, le Xinjiang est la zone centrale de la ceinture économique de la Route de la soie, une porte majeure pour l’ouverture de la Chine vers l’occident, mais aussi une base énergétique et un couloir de transport d’importance nationale. Ses perspectives de développement sont vastes et son potentiel considérable.

La région est dirigée par un gouvernement composé d’acteurs locaux et d’un Corps de troupes démobilisées, depuis 1954, après la guerre de libération nationale. Ses missions consistent au maintien de la stabilité et la garde des frontières, et il fonctionne selon un système intégré combinant les fonctions du Parti, du gouvernement, de l’armée et des entreprises. Ainsi, le Corps de production et de construction de Xinjiang (CPCX) administre actuellement 14 divisions, 13 villes de niveau comtal, 79 villes constituées et 179 fermes régimentaires. Réparti de manière imbriquée dans les différentes préfectures, villes et comtés du Xinjiang, le CPCX couvre une superficie de 70 000 Km2 et assure la garde d’une ligne frontalière de 2019 Km.

Selon les présentations faites par M. Huang Xiaohu, membre du groupe dirigeant du Parti et directeur adjoint du Bureau des affaires étrangères du Corps, le PIB de la région a atteint 2146,214 milliards de Yuans, en 2025. Le revenu disponible par habitant des résidents urbains et ruraux s’élève respectivement à 45 106 Yuans et 20 793 Yuans en augmentation de 5,3% et 7% par rapport à l’année précédente. Tout ceci, grâce à la synergie d’action entre les autorités locales et le CPCX qui, aujourd’hui, peuvent se féliciter du travail accompli.

La 11e Division du génie civil du CPCX dont le siège est à Urumqi, la capitale régionale, dispose d’une chaîne industrielle de construction relativement complète incluant la construction, les services de construction et les matériaux de construction. Cette division compte 15700 professionnels et techniciens, 8 centres techniques d’entreprises nationaux et provinciaux, un laboratoire clé et 27 entreprises de haute technologie. Parmi les entreprises visitées, il y a le Groupe Xinjiang Beixin Road and Bridge Co. Ltd cotée en bourse, depuis 2009, et dont la réputation dépasse les frontières de la Chine en termes de réalisations d’infrastructures de renom, de chiffres d’affaires et de prix obtenus.

Un bateau de plaisance se balançant sur le lac.

La visite a concerné également la société laitière Xinjiang Tianrun, fondée en 2002, leader clé dans l’industrialisation agricole dans le pays, de l’élevage des vaches jusqu’à la production du lait et des produits dérivés.

Mais auparavant, les visiteurs sont allés au grand bazar international de Xinjiang, une grande place publique de 39 888 m2 à l’image de Time Square à New York, où se retrouvent le soir les familles, amis, touristes et autres voyageurs autour des spécialités de la région.

Pour les autorités locales, il met en valeur l’esprit humain de l’unité ethnique, de l’unité nationale et de l’effort pionnier le long de la Route de la soie, ainsi qu’une inclusivité large et bienveillante. Crée en 2003, il forme aujourd’hui, un environnement de grand tourisme intégrant la restauration, l’hébergement, le transport, le tourisme, le divertissement, les achats et l’exposition du folklore ethnique.

Le groupe des journalistes africains a quitté ensuite Urumqi en bus, le 22 juillet, en traversant un tunnel long de 22,13 Km dénommé « Tunnel de la victoire », pour rejoindre Tiemenguan, une autre ville contrôlée par la 12e Division du Corps. Là, du haut de la « Tour d’observation du col héroïque de la Route de la soie », ils ont pu admirer la nouvelle ville de 26 Km2 s’étendant au pied des falaises, transformant une partie du désert de Gobi en un lieu vivable et verdoyant, ses artères, son chemin de fer, son système hydrologique.

La visite s’est poursuivie à l’école secondaire N°2 de Huashan, qui est en fait une école élémentaire expérimentale intégrant déjà dans ses programmes d’éducation les hautes technologies, notamment l’IA, la robotique, le contrôle de drones, la création de logiciels, etc. L’initiation aux métiers tels que la construction de bateaux, l’architecture, la création d’engins, la poterie céramique, aux activités artistiques comme le dessin, la peinture, la musique, la danse, la calligraphie et aux activités sportives permettent aux élèves d’élargir leurs horizons par la pratique, d’explorer le monde de l’expérience et de construire un avenir brillant avec le pouvoir de la connaissance. Cette école gratuite créée, en 2023, possède déjà 7 campus et a obtenu plusieurs prix au plan national et international, selon son directeur M. Du Jiang.

Le 23 juillet, la délégation s’est rendue à la société textile Xinjiang Jiuselu créée, en 2021, qui possède une chaine complète de production de vêtements, du coton dans les champs, en passant par le fil jusqu’à la confection. La visite s’est poursuivie à la zone modèle du Corps pour la culture normalisée de la poire parfumée, un centre d’expérimentation d’environ 26,7 ha avec une production annuelle de 90 000 tonnes de poires parfumées et une valeur de production de 650 millions de Yuans. Les visiteurs sont ensuite conduits à la base modèle de production des orchidées papillon de la société agricole Xinjiang Wanrunfeng qui cultive de jolies fleurs multicolores très prisées dans le monde.

L’après-midi s’est déroulé au site touristique de Dahekou au lac Bosten, plus grand lac d’eau douce de Chine, avec un écosystème des zones humides où vivent plusieurs oiseaux d’eau et formant un paysage naturel unique où le désert et le lac coexistent. S’appuyant sur les ressources naturelles du lac, le plus grand terminal de port de pêche intérieur du Nord de la Chine a été construit et qui propose toutes sortes de menus gastronomiques, de distractions et de sports nautiques.

La visite, le lendemain, du groupe Guannong spécialisé dans la production et la transformation de tomate en jus, purée, pâte, sauce et essence à Korla, ville voisine, important hub de transport et centre de distribution de marchandises, mais plus grande que Tiemenguan, a mis fin à ce périple de cinq jours.

Blandine TAGBA-ABAKI

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