Le pavillon principal du complexe palatial.

A la découverte des sites touristiques en Chine : La Cité interdite ou le symbole de la grandeur et du génie chinois

Les journalistes étrangers en séjour, depuis un mois dans l’empire du Milieu, ont visité, mardi 9 juin 2026, la Cité interdite, domaine de l’empereur de Chine et de sa cour pendant près de 500 ans. Sur une superficie de 720 000 Km2, cet immense palais, composé de cours, de jardins luxuriants et de pavillons sacrés, interdit jadis à la plupart des sujets de la Chine impériale, représente, aujourd’hui, un site touristique drainant en moyenne 80 000 visiteurs par jour, et de facto, un chiffre d’affaires colossal pour l’économie nationale.

Lieu emblématique de l’histoire des dynasties chinoises, la Cité interdite, encore appelée Zijincheng signifiant littéralement « cité pourpre interdite », se trouve au cœur de l’actuelle capitale Pékin, le plus grand complexe palatial du monde qui servit de centre symbolique et politique de la Chine impériale entre 1420 et 1912. Il comprend plusieurs palais, des jardins, cours et habitations et fut construit par l’empereur Yongle, troisième souverain de la dynastie Ming, qui emménagea son pouvoir à Pékin, en déplaçant la capitale, Nankin, distante de 1000 Km, en 1403. Ainsi, la Cité interdite fut la demeure et le siège du pouvoir de vingt-quatre souverains : quatorze de la dynastie Ming (1368-1644) et dix de la dynastie Qing (1644-1911). Cette cité forme un rectangle de plus de 950 m de long sur 750 m de large, avec un mur d’enceinte de 7m de hauteur.

 Des touristes dans la grande cour de la Cité interdite, tels des pèlerins dans un lieu saint.

A chacun de ses quatre coins se tient une tour raffinée. Selon les guides touristiques sur les lieux, ce complexe est aligné selon l’axe Nord-Sud et est symétrique, afin d’imiter l’équilibre de l’Univers. La cité interdite abrite 9999 pièces, le nombre 9999 étant favorable dans la culture chinoise. Seul Dieu du ciel avait droit à 10000 pièces. Sur le point d’équilibre central se trouve le pavillon de l’Harmonie suprême qui héberge le principal trône impérial, le trône du dragon. Le placer ainsi au centre de la Cité interdite, c’était faire symboliquement de l’empereur, le centre même de l’Univers, le point focal de toute la hiérarchie sociale et naturelle autour de laquelle l’empire tout entier tournait. En dehors du pavillon de l’Harmonie suprême, il y a le pavillon de l’Harmonie centrale et celui de l’Harmonie préservée.

Tous ces palais possèdent un toit de tuiles vernissées jaunes, la couleur impériale. Chaque pavillon est doté d’un trône duquel l’empereur présidait aux cérémonies et aux célébrations. L’empereur est vêtu d’une robe de cérémonie ornée d’un emblème figurant un dragon. Et lorsqu’il prenait place sur le trône, il était considéré comme se trouvant au centre de la Chine, mais également au centre du monde civilisé. On le voit bien dans le nom « Zhongguo » donné à la Chine et qui signifie « pays central » ou « empire du milieu ». D’autres pavillons plus petits, représentant les quatre saisons, jouxtent le jardin impérial. On peut compter le pavillon des Mille printemps, le pavillon de la Paix impériale, le kiosque de la Neige cramoisie. De même, on peut trouver le palais de l’Honneur terrestre, celui de l’Elégance rassemblée et de la Longévité éternelle. Tous conçus pour répondre à un besoin spécifique.

Que devient la Cité interdite aujourd’hui ?

Malgré les défis rencontrés au cours de l’histoire, qu’il s’agisse de bouleversements politiques, de guerres ou d’incendies, le complexe est toujours resté debout, majestueux et somptueux. Ce qui laisse transparaître l’attachement que voue le peuple chinois à ce joyau impérial. Ainsi, après la chute de la dynastie Qing, le dernier empereur chinois, Puyi, vécut dans la Cité interdite jusqu’en 1924, où il en fut expulsé. L’année suivante, en 1925, la République de Chine fit du site un musée national qui conserve les trésors impériaux de la civilisation chinoise ancienne et de très nombreuses œuvres d’art chinois de première importance, notamment des peintures, bronzes, céramiques, instruments de musique, laques, etc.

 En 1949, c’est du haut de la porte de la Paix céleste (Tianamen), sur ce site que Mao Zhedong décréta la création de la République populaire de Chine. Durant la révolution culturelle, en 1966, c’est à cette même porte que le leader chinois donna l’ordre à des gardes rouges de se poster. En 1987, la Cité interdite fut inscrite avec d’autres monuments au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Aujourd’hui, ce lieu attire en moyenne 80 000 touristes par jour venant de tous les continents, et de la Chine en premier, car le tourisme domestique est largement pratiqué. L’ingéniosité, la spiritualité et la philosophie qui se dégagent de chaque pavillon, sculpture, enceinte, lac artificiel, statue ou vestige, valent le détour. Rénové à plusieurs reprises, ce complexe palatial conserve toujours son architecture, sa grandeur et sa somptuosité d’antan.

Toute une industrie touristique est bâtie autour de ce joyau et de plusieurs autres monuments tels la Grande muraille, drainant pas moins d’un demi-milliard de RMB par jour. Tout un système habilement mis en place pour nourrir l’économie du pays. Au-delà de l’aspect économique, il ne faut pas négliger l’esprit patriotique, le sentiment d’appartenance et d’unité que cet effort de mémoire suscite au sein de la jeunesse qui se sent interpelée à marcher dans les pas de leurs ancêtres, afin de porter haut le courage, la grandeur, la fierté et la détermination du peuple chinois.

Blandine TAGBA-ABAKI

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