5e congrès conjoint STRIM/SBTRIM : Les spécialistes de l’imagerie misent sur l’innovation et l’intelligence artificielle
Lomé a accueilli, du 21 au 23 mai 2026, le 5es Congrès de la Société togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (STRIM) couplé aux 5e Journées scientifiques de la Société bénino-togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (SBTRIM). Cette rencontre scientifique a permis de renforcer les capacités des praticiens et des étudiants en formation et de favoriser les échanges d’expériences autour des avancées technologiques dans le domaine de l’imagerie médicale.
La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Pr. Gado Tchangbédji, en présence de son collègue de la Santé, M. Jean-Marie Koffi Tessi. Cette rencontre régionale a réuni des professionnels de santé, enseignants-chercheurs, étudiants, etc. L’une des principales innovations de cette 5e édition du Congrès de la Société togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (STRIM) couplée aux 5es Journées scientifiques de la Société bénino-togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (SBTRIM) est l’introduction des réflexions autour de l’intelligence artificielle et de la radiologie interventionnelle.

Officiels, acteurs de l’imagerie médicale, étudiants et autres invités
Une approche innovante permettant de diagnostiquer certaines maladies et de les traiter grâce à des techniques moins invasives. Selon les experts, cette discipline ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques dans la prise en charge des affections de la prostate, des fibromes utérins ou encore des hémorragies post-partum chez les femmes. D’où le thème, « L’imagerie médicale à l’ère de l’innovation et du renforcement du plateau technique : convergence entre l’intelligence artificielle, radiologie interventionnelle et santé publique ».
Durant trois jours d’assises, un accent particulier a été mis sur les mutations technologiques qui transforment progressivement la spécialité. Des conférences ont été animées par des enseignants et professeurs autour de plusieurs thématiques liées au diagnostic et à la prise en charge des maladies. Des ateliers pratiques ont permis également aux étudiants et participants d’apprendre certaines techniques, notamment la réalisation de biopsies et d’autres gestes interventionnels. Les différentes interventions ont souligné qu’aujourd’hui, la radiologie ne se limite plus seulement au diagnostic. Elle devient également thérapeutique et demeure indispensable dans l’analyse des résultats, l’interprétation des images et la prise en compte du contexte clinique du patient.
Les professionnels appellent ainsi les praticiens à se former continuellement aux nouvelles technologies, afin de répondre aux exigences de la médecine moderne. Les échanges ont également porté sur l’apport de l’intelligence artificielle dans l’imagerie médicale. Pour les spécialistes, l’intelligence artificielle représente un outil d’aide à la décision, capable d’améliorer la rapidité et la précision des diagnostics. Toutefois, ils soulignent qu’elle ne peut remplacer le médecin radiologue.
L’IA contribue à réduire les erreurs diagnostiques
A la cérémonie d’ouverture, le ministre Gado Tchangbédji de l’Enseignement supérieur a souligné que le thème retenu s’inscrit pleinement dans les priorités du gouvernement en matière de modernisation du système de santé, de promotion de l’innovation scientifique et technologique, ainsi que de renforcement de la formation des ressources humaines qualifiées. Il a indiqué que le gouvernement accorde une importance particulière au développement des compétences locales, afin de permettre aux professionnels de santé de répondre efficacement aux nouveaux défis sanitaires et aux exigences d’une médecine moderne, précise et accessible à tous.
Pour le président de la Société togolaise de radiologie et imagerie médicale (STRIM), Pr. Agoda-Koussema Lama Kègdigoma, « l’intelligence artificielle (IA) ne remplacera pas l’Homme. Elle viendra plutôt renforcer les performances du diagnostic et contribuer à réduire les erreurs. Même si nos systèmes ne sont pas encore totalement couplés à l’IA, notre ambition à moyen terme est d’intégrer ces outils à l’imagerie médicale, afin de permettre des analyses plus rapides, plus précises et de réduire les risques d’erreurs diagnostiques ». Il a fait noter que les progrès technologiques, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale, offrent, aujourd’hui, de nouvelles perspectives pour une médecine plus performante. Toutefois, ces innovations doivent être accompagnées d’une formation adaptée et d’un encadrement éthique rigoureux, afin de garantir une utilisation optimale au service des populations.
Selon Dr. Aliyé Biaou Gesaud, cette rencontre de Lomé représente une véritable opportunité d’apprentissage et de partage d’expériences pour de jeunes médecins en spécialisation. « Nous repartons donc avec de nouvelles connaissances, de nouvelles normes et de nouveaux protocoles que nous mettrons en application au Bénin, tout comme nos collègues togolais le feront de leurs côtés. Depuis 1999, nos deux pays partagent déjà des journées scientifiques. Aujourd’hui, nous sommes à l’ère de nouvelles technologies, marquée notamment par l’essor de l’IA qui permet de simplifier certaines tâches et de gagner en efficacité. Cela offre aux professionnels de santé la possibilité de se concentrer davantage sur les missions essentielles, afin d’améliorer la prise en charge des populations togolaiseset béninoises », a-t-il dit.
Bernadette A. GNAMSOU