Tennis / 26 ans après sa disparition : Une journée d’hommage en mémoire de Michel Tomety Kpayedo à Lomé
Une journée d’hommage à feu Michel Tomety-Kpayedo, figure emblématique du tennis togolais des années 1970, a été organisée le samedi 22 août 2026, au siège de la Fédération Togolaise de Tennis (FTT) à Lomé. L’initiative a réuni ses enfants, des anciens joueurs, des entraîneurs ainsi que de jeunes tennismen des catégories U10 et U14. Une occasion de revisiter le parcours d’un pionnier dont l’héritage repose autant sur ses performances sportives que sur les valeurs de transmission, d’humilité et d’ouverture qu’il incarnait.

Vingt-six ans après sa disparition, la mémoire de Michel Tomety-Kpayedo est restée encore vivace dans le milieu du tennis togolais. Pour marquer cet anniversaire, sa famille, avec le concours d’anciens joueurs et entraîneurs de tennis ayant connu ou côtoyé l’homme, a organisé une journée placée sous le signe de la mémoire et de la transmission. La journée a démarré par une séance d’animation autour du tennis, en présence des enfants et proches du disparu, ainsi que de jeunes pratiquants des catégories U10 et U14. Elle s’est achevée par les finales du tournoi des jeunes et la remise de prix symboliques aux meilleurs participants.
Michel Tomety-Kpayedo appartient à cette génération de pionniers qui ont contribué à inscrire le Togo sur la carte du tennis africain. Dans les années 1960 et 1970, il s’est illustré sur les courts nationaux et internationaux aux côtés notamment de Victor Lawson. Son palmarès a témoigné de sa domination sur le tennis togolais de l’époque. Il a remporté plusieurs trophées nationaux, dont la Coupe Simka et la Coupe Martini, ainsi que dix titres de champion du Togo.
Avec Victor Lawson, il a fait également partie des premiers joueurs togolais à s’illustrer dans les compétitions internationales. En 1963, les deux hommes remportent en double le premier tournoi ouest-africain de tennis organisé à Lomé par l’ambassade des Etats-Unis. Le témoignage de son fils aîné, Franck Kokou Kpayedo, a permis de mesurer la place occupée par son père dans cette génération pionnière. Au-delà des résultats, feu ancien joueur était reconnu pour son intelligence de jeu. De forme relativement frêle, il compensait son manque de puissance par une grande maîtrise technique, une mobilité remarquable et une capacité à construire son jeu pour neutraliser les adversaires plus physiques.
Mais son héritage ne s’est pas limite à son palmarès. C’est surtout dans la formation des jeunes que son empreinte semble la plus profonde.
Nicolas Ayeboua, qui l’a connu dès l’âge de 12 ans, se souvient d’un homme qui allait directement à la rencontre des enfants dans les quartiers pour les initier au tennis. Selon lui, Tomety-Kpayedo pouvait regrouper plusieurs dizaines de jeunes sur de modestes terrains et leur transmettre les rudiments de la discipline.
A une époque où le tennis était encore largement considéré comme un sport réservé à une élite, aux cadres et aux expatriés, Tomety-Kpayedo a affiché son engagement à ouvrir la discipline aux jeunes Togolais de tous les milieux. Il allait parfois jusqu’à rencontrer les parents pour les convaincre de laisser leurs enfants pratiquer ce sport. Une démarche qui a contribué à faire émerger une génération de joueurs qui, par la suite, ont intégré de grands clubs, participé aux compétitions nationales et internationales et, pour certains, fait du tennis leur métier.
Simplicité, humilité et amour pour les jeunes
Les témoignages recueillis lors de cette journée font également ressortir les qualités humaines de l’ancien champion. Gilbert Tougnon, aujourd’hui professeur de tennis à Orléans en France, garde l’image d’un homme simple, humble et bienveillant. Même s’il n’a pas directement été son entraîneur, il affirme avoir été marqué par les valeurs que le champion véhiculait auprès des jeunes.
Pour Didier Kunkel, également entraîneur à Orléans, l’influence de Tomety-Kpayedo s’est même étendue au-delà de ceux qu’il a personnellement formés. Les récits de son père, ancien joueur, ainsi que les photographies de l’époque lui ont permis de découvrir un joueur dont la technique et l’élégance sur les courts étaient particulièrement reconnues.
Cette influence à travers plusieurs générations constitue aujourd’hui l’une des dimensions les plus fortes de son héritage. Derrière le champion se cachait également un homme profondément attaché à sa famille. Franck Kokou Kpayedo raconte que son père était affectueusement surnommé « papa poule », tant sa présence auprès de ses enfants comptait pour lui.
Aujourd’hui, les anciens élèves et collègues de Michel Tomety-Kpayedo ont souhaité que son engagement en faveur de la jeunesse continue d’inspirer le tennis togolais. La présence des jeunes U10 et U14 lors de cette journée d’hommage donne justement une dimension particulière à la commémoration.
Pour les organisateurs et les anciens joueurs, célébrer Kpayedo ne consiste pas seulement à regarder vers le passé, mais aussi à préparer l’avenir. Raison pour laquelle Didier Kunkel a ainsi insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux jeunes générations. Franck Kokou Kpayedo a appelé pour sa part, les responsables du tennis togolais et les pouvoirs publics à renforcer la formation et les moyens consacrés à la discipline.
A travers cette journée d’hommage, la famille et les anciens compagnons de route de Michel Tomety-Kpayedo ont donc choisi de faire vivre sa mémoire par la transmission. Pionnier, champion, formateur, père et passionné de sport, l’illustre disparu laisse derrière lui un héritage qui dépasse largement ses trophées : celui d’un homme qui a toujours cru que le tennis est accessible au plus grand nombre et que l’avenir de la discipline reposait avant tout sur la jeunesse.
Folly KOUTOUKLOUI