Commerce

Vers la mise en place d’une cellule de veille stratégique pour œuvrer à la stabilité des prix des denrées alimentaires

La ministre du Commerce Mivédor-Sambiani
Vers la mise en place d’une cellule de veille stratégique pour œuvrer à la stabilité des prix des denrées alimentaires

Le ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale a tenu, mardi 25 février 2025, dans ses locaux à Lomé, une réunion de concertation avec des opérateurs économiques. Le but recherché est de réfléchir ensemble sur l’importance d’assoir un cadre de dialogue permanent gouvernement-secteur privé, à travers ce département sectoriel. L’initiative vise également la mise en place d’une cellule de veille stratégique, ayant pour fonction d’œuvrer à la stabilité des prix des denrées alimentaires et autres produits essentiels, de protéger les opérateurs économiques et les consommateurs.

Certains opérateurs économiques, au cours de la réunion

L’initiative du ministère en charge du Commerce, visant la création d’un cadre de dialogue permanent avec les opérateurs économiques du Togo, relativement aux questions cruciales concernant l’actualité de leur secteur d’activité, a été unanimement saluée par les participants à cette première rencontre, tenue le 25 février 2025, au cabinet dudit ministère à Lomé. « Nous avons compris que le gouvernement a justement décidé d’anticiper, en mettant en place un cadre de concertation qui devient permanent entre les différents acteurs du terrain. Ce cadre aura pour mission d’œuvrer à stabiliser davantage les prix des denrées alimentaires et autres produits essentiels, afin de ne plus se retrouver devant des situations où l’inflation risque effectivement d’attaquer nos différents marchés locaux ; ce qui va réduire la consommation et, par ricochet, le panier de la ménagère », a fait noter Thierry Awesso, PDG de la société Nouvelle Industrie des Oléagineux du Togo (NIOTO) et vice-président du Conseil National du Patronat du Togo (CNP/T).

 D’après lui, ce cadre de concertation travaillera à mettre en place une cellule de veille stratégique, qui viendra anticiper par des mesures qui s’imposent, pour que les prix puissent rester à des niveaux acceptables. « Nous avons échangé entre nous, différents acteurs économiques et l’Etat. C’est encore une fois l’occasion pour nous de saluer les mesures qui ont déjà commencé par être prises, concernant, notamment, les prix des carburants qui ont été revus à la baisse et qui impactent directement les coûts des transports et des produits disponibles sur nos différents marchés nationaux. Ainsi que les prix de production dans nos différentes unités industrielles », a-t-il indiqué. Au demeurent, il a dit que certains défis sont importants à relever en matière de fiscalité, pour lesquels des propositions ont été faites, au cours de cette réunion. Il a évoqué, entre autres, la gestion des valeurs de référence et mercuriales. « Cette cellule va rester très fonctionnelle, avec une plateforme, où des propositions pertinentes seront faites, de façon structurée, pour qu’on puisse apporter des solutions à des menaces réelles, identifiées sur le marché de la consommation », a-t-il renchéri.

Un autre pan des participants à la rencontre

Dans le même sens, Mme Adèle Béguédou a convenu que « le grand problème que les importateurs togolais sont en train de subir se situe au niveau de la fiscalité, qui pèse lourdement sur nos activités ». Le bémol vient du fait que quand la fiscalité arrive, elle veut taxer ses impôts par rapport au chiffre d’affaires de l’entreprise ou à la facture-fournisseur (au lieu de taxer sur le bénéfice), sans considérer la valeur douanière. Ce qui contraint l’opérateur économique à payer des taxes qu’il n’avait pas facturées au moment de la vente de sa marchandise. « C’est une situation où on se sent être pris en étau », a-t-elle renseigné.

« Le ministère du Commerce est sensé réguler, même si on est dans un environnement de libéralisme du commerce. Mais il faut quand-même qu’on ait des échanges avec vous, pour qu’au cas où il y a des éléments exogènes qui ne dépendent pas de vous, mais qui peuvent agir, à la fin de la journée, sur le prix de revente au consommateur final, qu’on soit informés. Une fois que vous avez l’information, de la façon dont vous la gérez, les bénéficiaires aussi la gèrent à leur manière. Par contre, si vous ne le faites pas, vous laissez le cadre aux réseaux sociaux et aux marchés, qui véhiculent parfois des informations tronquées », a argumenté la ministre Kayi Mivédor-Sambiani du Commerce. Elle a invité tout opérateur économique à ne pas hésiter à partager des informations pertinentes avec le ministère. « Notre rôle, c’est de s’assurer que le panier de la ménagère est préservé et qu’il n’y a pas d’inflation dans le pays. A ce sujet, le chef de l’Etat veut que nous ayons un dialogue permanent », a-t-elle mentionné.

Martial Kokou KATAKA

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