Sécurité maritime : L’exercice GANo 2026 pour lutter contre la criminalité et améliorer la gestion des crises

La 9e édition de l’exercice maritime « Grand African Nemo 2026 » (GANo 26) a pris fin, mercredi dernier à Lomé. Organisé, du 30 octobre au 4 novembre 2026, par la Préfecture maritime, en partenariat avec l’Union Européenne, cet exercice a mobilisé près de 360 personnels issus de 24 administrations. Il vise à renforcer les capacités des administrations impliquées dans l’Action de l’Etat en Mer (AEM), à entraîner les unités navales et aériennes à la lutte contre la criminalité maritime et à améliorer la gestion des crises.

Image illustrant les scenarii mise en place durant la phase d’exécution en mer.

L’exercice maritime « Grand African Nemo 2026 » (GANo 26) intervient dans un contexte marqué par la persistance de menaces dans le Golfe de Guinée. La piraterie, les vols à main armée, les prises d’otages, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, ainsi que les trafics de stupéfiants et d’autres marchandises compromettent la sûreté et la sécurité maritimes. Ces activités illicites constituent également un frein au développement de l’économie bleue.

 Pour faire face à ces défis, les Etats du Golfe de Guinée ont mis en place l’Architecture de Yaoundé, un mécanisme de coopération destiné à assurer la protection de leurs espaces maritimes. C’est dans ce cadre que s’inscrit le GANo 26, dont l’objectif est d’améliorer le niveau opérationnel des acteurs maritimes et de renforcer leur capacité à répondre collectivement aux menaces.

Durant la phase d’exécution en mer, les participants ont été confrontés à trois scénarii, la lutte contre l’incendie et la voie d’eau à bord des navires, la lutte contre la pollution marine, ainsi que la lutte contre les trafics d’armes et de stupéfiants. Ces manœuvres ont permis de tester les capacités d’intervention, la coordination des équipes et la réactivité des différentes administrations face aux situations d’urgence.

Un succès pour le Togo

Selon le préfet maritime, le Col Takougnadi Neyo, l’exercice a été un succès pour le Togo. Il a notamment permis de renforcer les compétences nationales et d’améliorer la coordination entre les administrations, malgré quelques retards de communication qui ont été corrigés au cours des manœuvres.

« Il a permis à notre pays de renforcer sur le plan national la compétence et la coordination des administrations. Des retours d’expérience issus de ces exercices permettront la mise à jour des plans d’intervention d’urgence. Il a également permis de nous coordonner sur le plan sous-régional », a indiqué le Col Neyo.

 Il a attribué ces avancées à la nouvelle gouvernance maritime mise en place sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, à travers la création de l’Organisme national chargé de l’Action de l’Etat en Mer (ONAEM), du Haut Conseil pour la mer et de la Préfecture maritime. Ces structures ont pour mission de renforcer la sûreté et la sécurité maritimes, grâce à la coordination interministérielle et opérationnelle.

Il a, par ailleurs, exhorté les participants à poursuivre leurs efforts pour garantir en permanence la sécurité des installations portuaires et des espaces maritimes, notamment par une meilleure coordination, le partage d’informations et la promptitude des interventions.

Sécurité maritime, un impératif de souveraineté

Clôturant les travaux, le chef de cabinet du Haut Conseil pour la mer, M. Laré Penn, a rappelé que la sécurité maritime dépasse la seule surveillance des eaux et la répression des activités illicites. Elle constitue, selon lui, un impératif de souveraineté, un facteur de stabilité régionale et une condition essentielle de la prospérité économique. « Notre pays entend consolider sa position de plateforme logistique et de centre d’affaires de référence en Afrique de l’Ouest. Cette ambition repose notamment sur la compétitivité de ses installations portuaires, la sécurité des voies maritimes et la confiance des opérateurs économiques », a souligné M. Penn.

 Pour lui, la clôture de l’exercice doit ouvrir une nouvelle phase consacrée à la capitalisation des enseignements, à la correction des insuffisances et à la consolidation des bonnes pratiques. Il a insisté sur trois priorités : améliorer la fluidité et la sécurité des échanges d’informations entre les structures nationales et régionales, poursuivre la mise en œuvre de la stratégie maritime nationale et renforcer les opérations conjointes, ainsi que la coopération judiciaire contre les activités illicites en mer.

Géraud ABALO

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