Promotion et protection des droits des ainés : La CNDH à l’écoute des personnes du 3e âge
La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a organisé, le 5 novembre 2026, à son siège à Lomé, une rencontre d’échange avec des organisations représentatives des personnes âgées, dans le cadre de la célébration en différé de la Journée internationale des personnes âgées, célébrée chaque 1er octobre. Cette activité vise à créer un cadre d’échanges et d’écoute, permettant aux personnes âgées de mieux connaître la CNDH, à travers ses missions et son fonctionnement, afin d’exprimer librement leurs difficultés, préoccupations et attentes.

Membres de la CNDH et représentants des personnes âgées. Au fond, Me Sanvee
La communauté internationale a célébré, le 1er octobre 2026, la Journée mondiale des personnes âgées. Instituée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, en 1990, cette journée constitue une occasion privilégiée de reconnaître la contribution des personnes âgées au développement des sociétés, de valoriser leur expérience et leur savoir-faire, mais également d’attirer l’attention sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées et sur la nécessité de mieux protéger leurs droits fondamentaux.
Le thème retenu cette année, « L’ère de la longévité : repenser les systèmes pour des vies plus longues », invite à porter un regard nouveau sur le vieillissement. Il rappelle que vivre plus longtemps doit également signifier vivre dans de meilleures conditions, en bonne santé, dans la dignité, la sécurité et le respect de ses droits. C’est précisément pour contribuer à la réalisation de ces droits que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), investie de la mission de promotion et de protection des droits humains, a organisé, hier à Lomé, une causerie-débat avec les organisations représentatives des personnes âgées.
L’objectif de cette rencontre est de créer un cadre d’échanges et d’écoute, de faire mieux connaître la CNDH, ses missions et son fonctionnement, tout en permettant aux aînés d’exprimer librement leurs difficultés, leurs préoccupations et leurs attentes. Il s’agit également d’identifier ensemble des pistes d’actions susceptibles d’améliorer leurs conditions de vie, de renforcer leur protection et de favoriser un vieillissement actif et en bonne santé.
Les débats ont été focalisés sur deux sous-thèmes : le 1er, « L’ère de la longévité : repenser les systèmes pour des vies plus longues », a présenté les droits fondamentaux des personnes âgées et les mesures prises par le gouvernement pour promouvoir un vieillissement actif. Le second, « Rôle du médecin gériatre et de la famille : comment accompagner le vieillissement », a montré quand consulter un gériatre, puis établi une coordination entre médecin, infirmier, aide-soignant et autres professionnels de santé.
Les personnes âgées, des citoyens à part entière
A l’occasion, le président de la CNDH, Me Kwao Ohini Sanvee, a indiqué que la protection des droits des personnes âgées n’est pas seulement une exigence morale et sociale, mais constitue également une obligation juridique. Il a décortiqué l’arsenal juridique au plan national comme au plan africain, consacrant les principes fondamentaux qui doivent bénéficier à chaque citoyen, quel que soit son âge.
« Les personnes âgées ont pleinement droit à la santé, à la sécurité, à la protection sociale, à l’alimentation, au logement, à la propriété, à l’accès à la justice, à la participation à la vie sociale et à la protection contre toutes les formes de violence et de discrimination. Leur âge ne saurait en aucun cas justifier une restriction de leurs droits ou une atteinte à leur dignité. Les personnes âgées ne doivent pas être considérées uniquement comme des bénéficiaires de l’assistance, mais comme des citoyens à part entière, des acteurs de développement et des personnes porteuses de connaissances et d’expériences précieuses pour notre société », a souligné Me Sanvee.
Il a réaffirmé la disponibilité de la CNDH à poursuivre ses actions de promotion et de protection des droits des personnes âgées, en collaboration avec les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et tous les acteurs concernés, souhaitant que les échanges contribuent à faire évoluer les mentalités et à renforcer l’engagement collectif en faveur d’une société plus inclusive, plus solidaire et respectueuse de toutes les générations.
En effet, en Afrique et particulièrement au Togo, les personnes âgées occupent une place importante dans les familles et les communautés. Elles sont les dépositaires de l’histoire, des traditions et des valeurs culturelles. Elles contribuent à l’éducation des jeunes générations et jouent souvent un rôle essentiel dans la cohésion familiale et sociale. Cependant, derrière cette contribution remarquable se cachent des réalités préoccupantes : la précarité économique, l’insuffisance des revenus et des pensions de retraite, les difficultés d’accès aux soins de santé adaptés, l’isolement, l’abandon familial, les violences et certaines formes de discrimination fondées sur l’âge. Ces situations interpellent et rappellent que le vieillissement ne doit jamais être synonyme d’exclusion, de dépendance sans accompagnement ou de perte de dignité.
Faustin LAGBAI