Journalistes et personnel de l’ANAMET autour du DG Latifou Issaou (5e de la droite, 1er plan)

Petite saison des pluies dans le sud Togo pour 2026 : Entre opportunités agricoles et risques d’inondations, l’ANAMET livre ses prévisions

L’Agence Nationale de la Météorologie (ANAMET) a présenté, le mardi 1 septembre 2026, au cours d’une conférence de presse à son siège, à Lomé, les résultats validés au niveau national de la prévision des caractéristiques agro-hydro-climatiques de la petite saison des pluies au Sud Togo de l’année 2026. Il en ressort globalement qu’elle sera courte, avec une pluviométrie normale à tendance excédentaire. Une situation qui appelle les agriculteurs à anticiper la préparation des sols et à privilégier des cultures à cycles courts, résilientes aux déficits hydriques et à haut rendement.

Le DG de l’ANAMET, Dr Latifou Issaou apporte des précisions aux résultats de la prévision saisonnière.

Depuis quelques jours, des structures techniques de l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAMET), de l’agriculture, de l’hydrologie, de l’environnement et surtout de l’ANPC se sont retrouvées pour élaborer et publier les résultats de la prévision saisonnière de la petite saison des pluies dans le Sud du Togo. Lesquels résultats ont été présentés à la presse, le 1 septembre 2026, à Lomé, lors d’un point de presse animé par le directeur général de l’ANAMET, Dr Latifou Issaou. Ceci, dans l’objectif d’en faire une large diffusion auprès des décideurs, partenaires et utilisateurs, notamment des agriculteurs, afin que ces derniers puissent optimiser leur production.

En effet, la prévision saisonnière est le résultat d’un consensus établi autour des sorties des modèles empiriques et dynamiques, ainsi que des connaissances de la variabilité climatique passée et actuelle. Les résultats de cette prévision 2026 au Togo, présentés par M. N’Koyi M’Poh, chef de la division climatologie à l’ANAMET et responsable de la base de données, montrent les tendances des précipitations de la saison, les écoulements au niveau des différents bassins nationaux, de septembre à novembre, les périodes de démarrage et de fin, ainsi que les séquences sèches en début et en fin de saison agricole.

La prévision des cumuls pluviométriques, de septembre à novembre, montre qu’au cours de cette période, le Sud Togo connaîtra une situation pluviométrique normale à tendance excédentaire. Il est prévu un démarrage tardif à normal de la saison agricole dans toute la zone bimodale, ainsi que des dates de fin de saison agricole précoces à normales attendues dans les Plateaux et la Maritime. Les séquences sèches seront probablement longues à normales en début de saison agricole dans toute la zone. Des séquences sèches courtes à normales seront probablement observées vers la fin de la saison agricole dans la Maritime et les Plateaux. L’analyse hydrologique présente des écoulements normaux sur l’ensemble des bassins, à l’exception de l’extrême nord-ouest du bassin de l’Oti (tendance excédentaire).

Des recommandations pour y faire face

Compte tenu du caractère globalement normal à excédentaire attendu du cumul de pluies en 2026 et des écoulements d’eau réguliers prévus dans certains bassins, il n’est pas exclu d’observer des inondations tant fluviales que pluviales.

Pour atténuer ces risques sur les personnes et les biens, il convient, en premier lieu, de suivre de près les seuils d’alerte dans les différents cours et plans d’eau, tout en incitant la population à redoubler de vigilance et à porter des gilets de sauvetage lors des traversées. Parallèlement à ces mesures de sécurité immédiates, il est crucial de renforcer la diffusion des prévisions saisonnières et la sensibilisation des communautés vulnérables, en impliquant activement les plateformes de réduction des risques de catastrophes dans la chaîne de communication et de gestion des crises.

De surcroît, les experts conseillent de freiner l’occupation anarchique des zones inondables par les habitations, l’agriculture, l’élevage ou la pêche, tout en consolidant la veille et les capacités d’intervention des structures d’aide humanitaire.

 Enfin, la prévention passe par des actions assainissantes quotidiennes : il faut ainsi intensifier le curage régulier des caniveaux de drainage et sensibiliser les citoyens à l’adoption de comportements civiques, notamment en évitant le jet d’ordures ménagères dans les canaux et bassins de rétention, sans oublier la mise en œuvre de techniques de conservation et de gestion durable des sols.

Echecs de semis, prolifération d’insectes ravageurs à redouter

Par ailleurs, eu égard aux résultats de la prévision, des déficits hydriques localisés demeurent probables, ce qui pourrait entraîner des échecs de semis, ralentir le développement normal des cultures et favoriser la prolifération d’insectes ravageurs.

Pour prévenir ces risques agricoles, il est vivement recommandé d’anticiper la préparation des sols, afin de pouvoir semer dès les premières pluies utiles, en privilégiant systématiquement des variétés à cycle court, résilientes aux stress hydriques et tolérantes aux maladies. En outre, pour préserver la santé des sols et des plantes, les agriculteurs doivent s’abstenir de sarcler ou d’épandre de l’engrais pendant les pauses pluviométriques, tout en prévoyant, dans la mesure du possible, des systèmes d’irrigation de complément.

Sur le plan pastoral et économique, ces dispositions doivent s’accompagner de la vaccination des animaux, de la promotion des cultures fourragères et de la souscription à une police d’assurance agricole pour amortir d’éventuelles pertes. Toutes ces démarches gagnent à être menées en concertation étroite avec les techniciens de la météorologie nationale, ainsi que des ministères chargés de l’agriculture et de l’eau, afin de bénéficier d’un accompagnement agro-hydro-météorologique adapté.

Faustin LAGBAI

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