Le ministre Messan koffi Eklo répondant aux questions des députés.

Perturbations dans la fourniture de l’Energie électrique au Togo : Le gouvernement explique la situation devant l’Assemblée nationale

Le contrôle de l’action gouvernementale s’est poursuivi, vendredi 26 juin 2026, à l’Assemblée nationale avec une question orale suivie de débats sur les perturbations de l’énergie électrique, observées depuis quelques mois au Togo. C’était au cours de la 5e séance plénière de la 1ère session de l’année, conduite par le président de l’institution, M. Komi Sélom Klasou. C’est le ministre délégué chargé de l’Energie et des Ressources minières, M. Koffi Messan Eklo qui a éclairé les élus du peuple sur les causes des délestages et coupures récurrents observées dans plusieurs localités du pays ainsi que sur les solutions envisagées pour assurer une fourniture d’électricité plus stable et durable.

Les élus du peuple attentifs aux explications du ministre Eklo

L’accès à une énergie électrique régulière et fiable est une préoccupation majeure pour les ménages et les opérateurs économiques. Face à cela, les députés, en leur 5e séance plénière de la 1ière session de l’année ont voulu en savoir plus sur les causes des perturbations électriques observées, depuis quelques temps sur le territoire national et les dispositions prises par le gouvernement pour régler ou du moins limiter les dégâts.

 A cette occasion, la question a été posée par le député Hessou Passiwe. Celui-ci a relevé que l’énergie électrique constitue, aujourd’hui, l’un des fondements essentiels du développement économique, social et industriel du pays.

A ce titre, l’accès régulier, stable et fiable de cette énergie est un enjeu de compétitivité économique, de la qualité de vie et de confiance des citoyens dans l’action publique. C’est pourquoi, il a salué les efforts consentis par le gouvernement, sous la haute impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour renforcer le secteur. Cependant, a-t-il dit, malgré les avancées, force est de constater que depuis quelques temps, des localités y compris Lomé, la capitale, connaissent des perturbations qui affectent directement la vie quotidienne des populations.

En effet, « Les interruptions et reprises brusques du courant provoquent par endroit des dommages matériels. Cette situation appelle à des explications claires, mais surtout des solutions durables. Notre démarche n’ignore pas les avancées déjà effectuées et ne sous-estiment pas la complexité du secteur énergétique soumis à des contraintes variées sans perdre de vue les effets des changements climatiques. Monsieur le ministre, quels sont les véritables causes derrières ces multiples interruptions ? Quelles sont les mesures envisagées pour minimiser davantage les impacts. Et enfin, quelles solutions structurelles que le gouvernement envisage-t-il pour garantir durablement une alimentation électrique plus fiable et plus stable, lorsqu’on sait que l’énergie, aujourd’hui, c’est l’économie

Les causes liées aux difficultés rencontrées par les pays fournisseurs

En réponse, le ministre délégué chargé de l’Energie et des Ressources minières, M. Koffi Messan Eklo, a expliqué que les délestages observés ces derniers mois à Lomé et dans plusieurs localités sont principalement dus à une forte baisse des importations d’électricité, combinée à des contraintes structurelles du réseau national. « La demande nationale en électricité pendant les heures de pointe, c’est-à dire entre 17 heures et minuit est actuellement d’environ 360MW. Pour couvrir cette demande, notre système électrique repose sur une combinaison de production nationale et d’importation. La capacité de production nationale mobilisable est environ 180 MW. Elle est complétée en temps normal par les importations d’électricité en provenance du Ghana et du Nigéria. Il se fait que ces importations représentaient habituellement entre 110 MW pour le Ghana et 115 MW pour le Nigéria, soit environ 225 MW. Et dans cette configuration, nous avions une marge d’environ 45 MW, c’est-à-dire qu’on pouvait baisser la production nationale. Cependant la situation actuelle est marquée par une baisse significative des importations de 11O MW à parfois 20 MW pour le Ghana et de 115 MW à 70 MW pour le Nigéria. Cette baisse importante a donc réduit la puissance disponible pour satisfaire la demande nationale, en particulier aux heures de pointe », a-t-il souligné. La situation, a confié le ministre, trouve son origine dans les difficultés rencontrées par les pays fournisseurs pour satisfaire leurs propres demandes.

Mesure du gouvernement de renforcer la production nationale

Face à cette situation, le gouvernement a engagé plusieurs mesures immédiates, notamment le renforcement de la production nationale avec la mise en service d’un groupe de 20 MW en 2025 et l’installation prochaine d’un second groupe de la même capacité. De plus, des discussions sont menées avec des fournisseurs d’électricité et de gaz, afin de sécuriser les approvisionnements énergétiques du pays.

Le gouvernement poursuit également le développement des énergies renouvelables avec la mise en service de la centrale solaire de Dapaong d’une capacité de 25 MW crête associé à un système de stockage en batterie d’une capacité de 36 MW/H. Par ailleurs, le gouvernement travaille avec la CEET et les partenaires, afin d’apporter des réponses durables aux difficultés financières du secteur. « L’objectif immédiat du gouvernement est clair, réduire la fréquence, la durée et l’impact des perturbations, tout en poursuivant les actions nécessaires pour renforcer durablement la sécurité et l’approvisionnement électriques ». Sur le plan structurel, plusieurs orientations sont envisagées, entre autres, l’augmentation des capacités nationales de production, les négociations avec les fournisseurs pour l’augmentation des capacités fournies, la mise en place des centrales thermiques, la modernisation du réseau électrique, etc.

A la suite de ces explications, les débats ouverts ont permis aux députés de cerner le problème et les solutions proposées par le gouvernement.

A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale, Komi Sélom Klassou, a relevé que l’énergie, c’est l’économie et sans elle, aucune activité n’est possible. Tous les secteurs sont atteints et même les élèves y sont pénalisés. Cette rencontre, a dit M. Klassou, est une introduction et très bientôt le ministre sera de nouveau interpellé avec ses collaborateurs, notamment les premiers responsables de la CEET, pour répondre à d’autres préoccupations. Car, « la voix des élus est la voix du peuple ». Il a saisi l’occasion pour appeler les populations à plus de responsabilité en faisant économie de l’énergie, en utilisant des équipements moins énergivores, en procédant au décalage, si possible, de certaines consommations industrielles hors des périodes de fortes demandes, l’utilisation optimisée des climatiseurs et autres, etc.

Mélissa BATABA

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