Patrimoine naturel togolais : Le Sénat adopte le projet de loi relatif à la création et à la gestion des aires protégées

Réunis hier au Palais des Congrès de Lomé, les sénateurs ont adopté, le 19 août 2026, à l’unanimité, le projet de loi relatif à la création et à la gestion des aires protégées. Ce nouveau cadre juridique vise à stopper la dégradation des écosystèmes, à mieux associer les communautés et à valoriser durablement le patrimoine naturel du pays.

Le ministre Kokoroko, commissaire du gouvernement.

Les sénateurs ont adopté le 19 août 2026, au cours de la 2e séance plénière de la deuxième session extraordinaire de l’année, le projet de loi relatif à la création et à la gestion des aires protégées au Togo. La séance, dirigée par M. Barry Moussa Barqué, président du Sénat, s’est tenue en présence du Pr Komla Dodzi Kokoroko, ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique.

Approuvé à l’unanimité, ce texte constitue un instrument juridique majeur face aux défis de la dégradation des écosystèmes. La conservation des ressources naturelles est, en effet, un enjeu crucial pour le Togo. Le réseau d’aires protégées du pays, hérité en partie de l’époque coloniale, s’est progressivement dégradé sous l’effet conjugué de l’agriculture, de la production de bois énergie, du pâturage, de l’occupation des terres et du développement des infrastructures. Malgré les acquis de l’ordonnance de 1992 et du code forestier de 2008, qui consacrent les forêts classées comme domaine de l’État, l’absence d’un cadre spécifique et cohérent rendait nécessaire une réforme.

Les sénateurs ont adopté à l’unanimité le projet de loi.

Renforcer un dispositif législatif devenu caduc et fragmenté

Soumis aux sénateurs après son adoption, le 13 août 2026 par l’Assemblée nationale, ce projet de loi vient renforcer un dispositif législatif devenu caduc et fragmenté. Il met l’accent sur une meilleure gouvernance, la participation des communautés, le financement durable et la valorisation économique des espaces naturels.

Composé de 63 articles répartis en 8 chapitres, le texte vise à adapter le dispositif national à l’évolution des enjeux environnementaux et aux engagements internationaux du Togo en matière de conservation de la biodiversité et de gestion durable des ressources naturelles. Il définit la typologie des aires protégées et clarifie leurs différentes catégories : parcs nationaux, réserves naturelles, aires protégées communautaires et zones tampons, ainsi que leurs régimes de gestion. L’objectif principal est de renforcer la protection de ces espaces tout en conciliant les impératifs de conservation avec les réalités sociales et économiques des communautés riveraines. La loi encadre également leur création, leur extension, leur requalification et leur déclassement.

Un cadre juridique rénové et structuré

À travers des débats rigoureux, les sénateurs ont mesuré la portée du texte. Sur le plan environnemental, il vise à préserver les espèces et les écosystèmes, à limiter la pression sur les ressources naturelles et à renforcer la résilience face aux changements climatiques. Sur le plan économique, il favorise le développement de l’écotourisme, la création d’emplois et la mobilisation de financements. Le texte modernise aussi le cadre institutionnel avec la création de l’Office National des Aires Protégées (ONAP) et renforce les mécanismes de contrôle et de protection. Sur le plan social, il accorde une place centrale aux communautés riveraines et à leur participation à la gestion des aires protégées.

Un engagement de souveraineté écologique

Pour le président du Sénat, Barry Moussa Barqué, ce projet de loi traduit un engagement fort en faveur de la préservation du patrimoine naturel et des communautés vivant au contact des aires protégées. Il a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre exemplaire, fondée sur le dialogue avec les collectivités territoriales, les communautés locales et les organisations de la société civile. « Protéger sans exclure, restaurer sans opposer, gérer sans déposséder », a-t-il déclaré, dans un esprit de paix et de cohésion en vue d’un développement harmonieux, inclusif et durable. Il a également salué la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dont l’engagement s’inscrit dans la dynamique « protéger, rassembler, transformer ».

De son côté, le ministre Komla Dodzi Kokoroko a souligné qu’en adoptant ce texte, les sénateurs dotent le pays d’outils juridiques et écologiques pour un développement durable et équilibré du patrimoine naturel togolais. Selon lui, cette loi permettra de protéger efficacement la biodiversité, de lutter contre les pressions qui menacent la faune et la flore, et de contribuer à l’ambition nationale d’extension de la couverture forestière. Il a réitéré l’engagement du gouvernement à assurer une application responsable et efficace de ce texte, qui marque une rupture avec les pratiques du passé et ouvre des perspectives heureuses pour aujourd’hui et demain, tout en étant une arme redoutable de construction environnementale, sociale, économique et juridique offrant une image moderne au pays.

Au-delà d’un texte législatif, l’adoption de cette loi consacre le patrimoine naturel togolais comme un bien commun inaliénable.

Kpinzou EDJEOU

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