Missions de maintien de paix : Un rapport présente les obstacles au déploiement des personnels féminins de la police et gendarmerie
Table d’honneur au lancement du rapport. on reconnait le SG Kadja.
Le ministère de la Sécurité a présenté, le jeudi 30 Avril 2026 dans les locaux de la Brigade Motorisée (BM), le rapport d’une étude portant sur l’évaluation des obstacles liés au déploiement des femmes policières et gendarmes dans les missions de paix. Elaboré avec l’appui du Fonds de l’Initiative Elsie, ce rapport met en évidence les obstacles institutionnels, opérationnels, socio-culturels, logistiques, ainsi que des recommandations visant à renforcer l’intégration des femmes au sein des forces de sécurité togolaises et dans les opérations de paix. La présentation de ce rapport vise à mobiliser l’adhésion politique, technique et financière des parties prenantes en faveur de la mise en œuvre des recommandations.
Diplomates, partenaires techniques et financiers, responsables de la Police et de la Gendarmerie nationales ont pris part, jeudi à Lomé, au lancement d’un rapport sur l’évaluation des obstacles liés au déploiement des femmes policières et gendarmes dans les missions de paix. Selon ce rapport, il existe une faible proportion des femmes dans les deux corps et une sous-représentation aux postes de commandement. Le rapport relève aussi des contraintes familiales, des infrastructures et uniformes parfois inadaptés, la persistance des stéréotypes genre, l’absence de suivi et de prise en charge psycho-sociale, y compris lors de la transition post-déploiement.
A côté de ces défis, le document mentionne des opportunités. Il s’agit de l’égalité formelle dans les procédures de sélection, l’accès équitable aux équipements, l’intégration de modules genre dans les écoles, l’engagement du haut commandement contre les abus et l’existence d’alliés masculins au sein des forces de sécurité. Ce rapport, qui est aussi une analyse stratégique pour renforcer la contribution du Togo à la paix mondiale et consolider la gouvernance inclusive, pose des recommandations sur la nécessité de développer une pratique de prise en charge des enfants de bas âge du personnel féminin, en construisant des garderies dans les casernes et unités. « Il est important de doter toutes les casernes et unités de toilettes réservées aux personnes de même sexe et créer un centre de prise en charge psychosociale du personnel féminin. Il est recommandé de doter le personnel féminin de treillis et de gilets pare-balle adaptés à la morphologie féminine, sensibiliser davantage la population civile sur le rôle des femmes au sein des forces de sécurité à travers des panneaux et affiches, des infographies et des spots audio ou vidéo et initier des tournées et journées portes ouvertes », a indiqué M. Kadjo Esso-Essinam, expert en méthodologie d’évaluation.

Vue partielle des participants à la rencontre.
La participation des femmes, un enjeu stratégique
En lançant le rapport, le secrétaire général du ministère de la Sécurité, M. Kadja Hodabalo Pitemnéwé, a fait remarquer que le contexte sécuritaire actuel impose des réponses inclusives et adaptées. Dans cette dynamique, la participation des femmes au sein des forces de défense et de sécurité, notamment dans les missions de maintien de paix est un enjeu stratégique. « La contribution des femmes est devenue indispensable. Elle n’est pas seulement une exigence d’équité et un facteur déterminent d’efficacité. La présence féminine y apporte une réelle valeur ajoutée, notamment dans les relations avec les communautés et la prise en compte des groupes vulnérables. Face à ce constat, le gouvernement entend agir avec des priorités claires, en renforçant la formation, en adaptant les conditions de déploiement, en promouvant une culture institutionnelle inclusive et en assurant un suivi rigoureux des progrès », a-t-il fait valoir. Il a formulé le vœu que ce rapport se traduise en actions concrètes et qu’il renforce l’engagement collectif.
Yankolina M. TINGAENA