La Haute Autorité pour la Transparence, l’Intégrité de la vie Publique et la Lutte contre la Corruption (HATIC) a lancé, le 23 à Lomé, le pré-test de son projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo. Démarrée avec les élèves de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), cette rencontre vise à forger en la jeunesse togolaise une conscience éthique solide, ainsi qu’un sens aigu de responsabilité publique et à favoriser des comportements exemplaires fondés sur l’intégrité, la transparence, le respect du bien public et la primauté de l’intérêt général.

L’assistance à la rencontre.
La vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, de fonder une jeunesse incorruptible, intègre, capable de porter le développement du Togo sur des bases éthiques solides se confirme. Ceci, grâce au projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo, dont le pré-test a démarré, hier à Lomé, avec les apprenants de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Porté par la Haute Autorité pour la Transparence, l’intégrité de la Vie Publique et la Lutte contre la Corruption (HATIC), ce projet ambitionne d’inculquer des valeurs d’intégrité, de responsabilité citoyenne, de transparence et de prévenir le fléau de la corruption, dès le plus jeune âge, c’est-à-dire du préscolaire au supérieur. Il s’agit aussi de doter la jeunesse d’outils intellectuels et moraux permettant de reconnaître, de rejeter et de prévenir des comportements déviants.
Pendant trois jours, les élèves de l’ENA vont explorer les contours de la réalité du phénomène de corruption, notamment ses causes, manifestations insidieuses et conséquences néfastes sur la gouvernance, le développement, ainsi que la confiance des citoyens à l’égard des institutions publiques. Ceci, à travers des communications sures : « la problématique de la lutte contre la corruption : enjeux et défis, « les mécanismes de lutte contre la corruption et la participation citoyenne », « lutte contre la corruption au Togo : cadres juridiques et institutionnels », « Corruption et bonne gouvernance », « déontologie et responsabilité professionnelle », « environnement socioculturel et lutte contre la corruption ».
Contribuer à la formation des décideurs responsables et rigoureux
Pour le président de la HATIC, M. Kimelabalou Aba, cette rencontre est une étape décisive dans la consolidation d’une culture nationale d’intégrité. Elle illustre la volonté d’asseoir durablement l’éducation à l’intégrité à tous les niveaux du système d’éducation et de formation. Saluant la forte mobilisation, M Aba a exprimé sa satisfaction pour cette première expérience, dont le choix est porté sur l’institution prestigieuse qui forme les hauts cadres de l’administration publique, appelés demain à gérer les affaires de l’Etat, à concevoir et à mettre en œuvre les politiques publiques et à incarner l’autorité de la République. Selon lui, introduire l’enseignement de l’éthique, de l’intégrité et de la prévention de la corruption à ce niveau stratégique, revient à agir en profondeur à la source même des responsabilités futures. C’est aussi contribuer à la formation des décideurs responsables, des gestionnaires rigoureux et des commis de l’Etat, conscients de la noblesse et de l’exigence de leur mission, ainsi que des acteurs engagés et déterminés à prévenir, dénoncer et combattre le phénomène de la corruption. Ceci, afin de contribuer à l’édification d’une administration intègre, au service exclusif de l’intérêt général. « Votre mission est crucial pour la réussite de ce projet, car il ne s’agit pas seulement de former des diplômés compétents, mais aussi de forger les consciences, de préparer des leaders responsables et intègres de demain, appelés à assurer des charges publiques de premier plan. Il vous incombe, en effet, de développer chez les apprenants l’esprit critique, le sens de la responsabilité, le courage éthique et la culture de redevabilité », a-t-il lancé à l’endroit des conférenciers. Pour le président de la HATIC, intégrer durablement l’éducation à la lutte contre la corruption, c’est faire le choix de la préservation par le savoir, de la transformation par l’éducation et de la consolidation de l’Etat par l’éthique.
La lutte contre la corruption doit s’enraciner là ou l’esprit se forme
Le directeur général de l’ENA, M. Adama Mawulé Kpodar, pour sa part, a salué cette initiative innovante d’une portée stratégique majeure pour l’avenir du pays. Pour lui, ces conférences et séminaires sont une étape décisive dans la mise en œuvre de ce projet dans les universités et centres de formation. Rappelant que le savoir sans intégrité reste une arme sans direction, M. Kpodar a signalé que la lutte contre la corruption ne doit plus se contenter que des tribunaux et sanctions, elle doit s’enraciner là ou l’esprit se forme. « La corruption n’est pas une fatalité culturelle. C’est un véritable frein à votre avenir. Chaque acte de corruption est un diplôme dévalué, une infrastructure défaillante et une chance de moins pour le mérite. Face à cette situation, vous devez agir résister et refuser tout acte de corruption, quelle que soit sa forme », a-t-il lancé. Pour lui, cette rencontre permettra de forger trois types de boucliers, à savoir la conscience, le courage et l’excellence. Saluant le choix opéré sur l’ENA, il a souhaité que ces rencontres soient le point de départ d’une révolution des mentalités et un sanctuaire où l’on apprend que la probité est la plus haute des compétences.
A signaler que ces conférences auront également lieu dans les universités et autres centres de formations.
Clémentine PANASSA
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