Le contrôle effectif du marquage et traçabilité des produits pétroliers démarré
La Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’Etat togolais et SICPA SA (CSECES) a entamé, lundi 2 novembre 2026, à Lomé, le contrôle du marquage des produits pétroliers sur toute l’étendue du territoire national, au moyen de deux laboratoires mobiles.
Cette descente sur le terrain vise à constater la présence effective du marqueur dans les carburants commercialisés dans les stations-service visitées et à s’assurer du bon déroulement des opérations de contrôle. Elle permet aussi d’informer le public du démarrage des contrôles et de leurs modalités.

Responsables de la Commission, de SICPA et autres procédant à la vérification d’une fiche.
Trois mois après le lancement officiel, le 31 juillet 2026, marquant le début de l’opération de marquage et de traçabilité des produits pétroliers sur toute l’étendue du territoire national, la Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’Etat togolais et SICPA SA (CSECES) a entamé, lundi 2 novembre 2026, le contrôle du marquage des produits pétroliers au moyen de deux laboratoires mobiles.
Dans cette dynamique, des équipes composées d’agents de l’Office Togolais des Recettes (OTR), du ministère chargé du Commerce, de la Commission et de techniciens de laboratoire de SICPA ont effectué, une descente inopinée dans certaines stations-service à Lomé. Elles se sont rendues à la direction générale de la Compagnie Africaine de Pétrole au Togo (CAP-Togo SA), à la direction générale de Somayaf-Togo Jean Paul II à Nukafu, à TotalEnergies de Dzifa-Kpota, à Zener Kanyikopé, CAP Aéroport et T-Oil de Baguida.
Au niveau de ces stations-service, le contrôle a consisté à prélever un échantillon de 500 ml de carburant, puis à l’analyser sur place dans le laboratoire mobile, afin de vérifier la présence du marqueur fiscal prévu par la Solution Automatisée de Marquage (SAM). Cette opération vise à constater la présence du marqueur dans les carburants distribués et d’apprécier les conditions pratiques de réalisation des tests par les laboratoires mobiles. Elle veut également permettre aux parties prenantes de constater la mise en œuvre effective du dispositif, d’observer les opérations de prélèvement, de prendre connaissance des résultats des tests effectués et de s’assurer du respect des procédures de prélèvement, de manipulation et d’analyse des échantillons.
Assainir un secteur miné par une économie parallèle
En effet, pendant des décennies, le circuit illicite des produits pétroliers s’est imposé comme une économie parallèle solidement ancrée dans les habitudes de nombreux citoyens togolais. Alimenté par les frontières poreuses avec les pays voisins, le trafic de carburant frelaté prive l’Etat de précieuses recettes douanières. Au-delà du manque à gagner fiscal, le phénomène est devenu un enjeu de sécurité nationale majeur. Le carburant stocké dans des lieux non indiqués provoque des incendies récurrents.
Dans ce sens, M. Esso-Wavana Ahmed Adoyi, président de la Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’Etat togolais et SICPA, a laissé entendre que cette activité vise à informer les opérateurs économiques et les consommateurs sur les objectifs, enjeux et retombées de cette nouvelle phase de réformes, en mettant en lumière les efforts du gouvernement en faveur de l’amélioration de la transparence économique et de la protection des consommateurs. L’objectif est de surveiller et de préserver la qualité des produits issus des hydrocarbures, en évitant les multiples conséquences du carburant illicite.
M. Sosso Balam Tchamdja, directeur général de la société SICPA Togo SAU, a indiqué que le contrôle vise à vérifier, avec des instruments spécifiques, le niveau de conformité des produits servis aux consommateurs. Il a dit être satisfait du travail fait en amont et de la conformité des produits constatée sur le terrain.
Dans sa dynamique de modernisation de la gouvernance économique, l’Etat togolais vient de franchir un cap décisif pour éradiquer le commerce illégal et la contrebande, garantir la qualité des carburants aux consommateurs et préserver les recettes fiscales face au fléau des circuits parallèles. En assainissant le secteur des hydrocarbures, le Togo envoie un signal fort aux partenaires au développement et aux investisseurs, celui d’un marché transparent, régulé et protecteur des consommateurs.
Kpinzou EDJEOU