Les acteurs intervenant dans la chaîne de la filière bois de la Région Maritime ont été conviés, mardi 3 février 2026, à Tsévié, à une réunion de sensibilisation sur le respect du code forestier. Initiative du Conseil Interprofessionnel de Régulation et de Promotion des Essences Forestières (CIRPEF), la rencontre a été l’occasion de procéder au lancement officiel de la campagne nationale de sensibilisation des acteurs du secteur forestier.
Le Togo fait face à une déforestation élevée, avec un taux de couverture de 24%, selon les données de l’inventaire forestier. Pour pallier ce défi, le pays s’est engagé, sous le leadership du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, à redorer son couvert végétal avec des campagnes de reboisement et l’ambitieux plan d’un milliard d’arbres à planter, d’ici 2030. Cela s’accompagne par une dynamique de protection du couvert végétal déjà existant, et un cadre réglementant les activités forestières au rang desquels, le code forestier, dont le champ d’application connaît, depuis quelque temps, une rigoureuse application. Devant les incompréhensions liées à cette application, le Conseil Interprofessionnel de Régulation et de Promotion des Essences Forestières (CIRPEF) s’est donné la mission de permettre à ses membres d’être au diapason des nouvelles donnes.
Pour ce faire, le CIRPEF a initié une campagne nationale d’information, d’éducation et de sensibilisation des acteurs du secteur forestier, sur le respect du code forestier et des textes d’appropriation. Organisée sous le patronage du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, cette campagne a été lancée, le 3 février 2026, à Tsévié, lors d’une rencontre qui a mobilisé les acteurs intervenant dans la chaîne de la filière bois, notamment les exploitants, bûcherons, chauffeurs, menuisiers et autres.
La rencontre a été l’occasion d’échanger sur le déroulement des activités liées aux bois, surtout la pénurie en certains points de vente et le prix élevé de la matière. Une fois les inquiétudes briefées, les organisateurs ont présenté aux acteurs le code forestier du Togo. Le respect scrupuleux de ce code et de ses dispositions ont été les points saillants des échanges, avec un accent particulier sur l’appel fait aux acteurs de se conformer et de régulariser leurs accréditations pour toute activité liée au bois. Ils ont été invités à bannir les coupes illicites et à des heures indues, mais aussi à éviter la contrebande, qui est désormais lourdement sanctionnée. Les acteurs ont aussi été entretenus sur la nécessité du reboisement et sur les comportements à adopter, en tant qu’acteurs du secteur forestier.
L’exploitation forestière n’est pas interdite au Togo, mais elle est réglementée
A l’ouverture, comme à la clôture, M. Kodjo Sodjavi, représentant le maire de la commune Zio 1, a rappelé l’importance du couvert végétal et la nécessité de l’implication de tous les acteurs du secteur, afin de permettre aux générations futures d’hériter d’un pays forestier.
Pour sa part, le directeur régional Maritime de l’Environnement, Lt Col. Mangola Bleza, a relevé que les changements climatiques ressentis, aujourd’hui, n’épargnent personne. Selon lui, l’exploitation forestière n’est pas interdite au Togo, mais elle est réglementée. Ainsi, le code forestier et la loi-cadre sur l’environnement sont là pour permettre à ceux qui veulent exercer dans ce domaine de pouvoir s’enquérir des procédures pour pouvoir obtenir les autorisations et remplir les formalités administratives.
Concernant les pénuries, il estime « qu’aucune interdiction sur l’importation ou sur les autorisations d’exploitation des plantations privées n’a été prise. Il ressort plutôt que les services forestiers ont maîtrisé et fermé les circuits clandestinsqui approvisionnaient le marché de bois. Et les dépôts légaux ne sont pas fréquentés par les alarmistes qui crient à la pénurie. L’occasion permet d’interpeller les acteurs à aller vers les dépôts légaux, même si le prix est élevé par rapport au réseau clandestin. A cette sensibilisation, il est expliqué aux acteurs du secteur que la gestion durable des forêts incombe à nous tous… Au Togo, pour importer le bois, il y a des procédures à suivre, et la loi voudrait que vous ayez une certaine documentation avant de pouvoir importer du bois. Vous faites les formalités administratives avant de prendre l’autorisation d’importation signée par le ministre de l’environnement et des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique ».
Selon le président du CIRPEF, M. Jean Kokou Adéti, cette campagne permet de renforcer les capacités des acteurs, en leur expliquant la position qu’ils doivent désormais adopter. Depuis un certain temps, les acteurs ont constaté que les bois sont rares sur le terrain. Et ils ont pensé que c’est le ministre qui a arrêté l’activité. Ce qui n’est pas le cas. C’est plutôt pour réglementer le secteur, qu’il y’a eu une lenteur dans la délivrance des autorisations. Ce à quoi les services du ministère remédient, en sensibilisant leurs membres sur les autorisations de coupe et de transport, sur le permis de conduire et le code forestier, surtout son bien-fondé.
« Le Togo n’est pas un pays forestier. Et si, aujourd’hui, on nous oblige d’être réglementaires, c’est que de l’autre côté, on nous invite à aller chercher les bois, par exemple au Ghana et au Gabon. Le Togo est en partenariat avec le Gabon et compte aller vers ce pays pour importer les bois et nourrir sa consommation locale », a-t-il ajouté.
Mawuto Clairbonheur ADJIGNON
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