Le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Gado Tchangbedji, a procédé à l’ouverture officielle de la conférence nationale sur le projet BASIS, hier à l’hôtel Concorde à Lomé. Ce projet qui vise la modernisation de l’enseignement agricole, est une initiative stratégique s’inscrivant dans la dynamique de la transformation structurelle impulsée par les plus hautes autorités du pays.
Placée sous le signe de la modernisation de l’agriculture et du renforcement du capital humain, la conférence nationale consacrée au projet BASIS, qui a eu lieu, le 3 mars 2026, à Lomé, a réuni des responsables universitaires, des partenaires techniques et financiers, des acteurs du secteur agricole et agro-industriel, ainsi que des étudiants et enseignants-chercheurs. Au-delà de son caractère institutionnel, cette rencontre se veut surtout un cadre d’analyse stratégique et de formulation de recommandations concrètes. Les conclusions des travaux feront l’objet d’une attention particulière du gouvernement, afin de consolider, pérenniser et élargir les acquis du projet.
Au cours de la rencontre, les participants ont eu droit à des présentations leur permettant de découvrir les avantages et les impacts réels de ce projet, financé par l’Union Européenne (UE) et exécuté sous la coordination de l’Université de Kara. En cours de mise en œuvre, le projet BASIS vise à orienter la formation agricole vers une approche pratique en milieu agricole, afin de renforcer l’employabilité des diplômés en Afrique Sub-saharienne. Il entend offrir aux étudiants une expérience pratique sur le terrain, afin de combler l’écart entre l’apprentissage théorique et l’application dans le monde réel.
L’agriculture, moteur de croissance et d’emplois
Dans son discours d’ouverture, le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Gado Tchangbedji, a rappelé que, depuis 2020, le Togo met en œuvre une feuille de route gouvernementale articulée autour de trois axes majeurs : le renforcement de l’inclusion sociale, la dynamisation de la création d’emplois et la modernisation du pays.

Officiels, participants et partenaires à l’ouverture de la rencontre
Au cœur de cette stratégie, figure l’ambition de faire de l’agriculture un moteur de croissance, de création d’emplois et de souveraineté alimentaire. « L’ambition est claire : faire du capital humain le socle de notre développement », a souligné le ministre, insistant sur la nécessité d’une université plus performante, professionnalisante et connectée aux réalités économiques. Selon lui, le projet BASIS s’inscrit précisément dans cette vision de renforcer la qualité et la pertinence des formations agricoles, tout en favorisant une meilleure articulation entre universités et secteur productif.
Au nom du gouvernement, il a exprimé sa gratitude à l’Union Européenne, notamment à travers le programme Erasmus+, pour son appui constant à la modernisation des formations et à l’amélioration de l’employabilité des jeunes.
Des remerciements ont également été adressés à l’Université des Sciences Appliquées de Weihenstephan-Triesdorf en Allemagne, ainsi qu’aux universités africaines et européennes membres du consortium. Pour lui, cette coopération, fondée sur le respect mutuel et le partage d’expériences, est présentée comme un catalyseur essentiel de développement. Le ministre a réaffirmé la volonté des autorités togolaises de bâtir une agriculture moderne, compétitive, inclusive et résiliente, portée par une excellence académique au service du développement durable.
Les acquis du projet
De son côté, le coordonnateur principal du projet BASIS, au niveau international et à l’Université de Kara, M. Atti Tchabi, a expliqué que l’initiative accompagne le master en formation agricole de l’Université de Kara, en s’inspirant du modèle allemand, qui privilégie la pratique avant la théorie. Dès leur entrée en master, les étudiants passent six mois sur le terrain auprès des producteurs, afin d’identifier leurs défis et proposer des solutions adaptées. Cette immersion leur permet de mieux comprendre les cours théoriques suivis et de renforcer leur employabilité.
Le projet a également permis de mettre en place des textes réglementaires encadrant la formation, notamment en matière d’inclusion et de genre. Grâce à la coopération avec des partenaires allemands, des séminaires sont organisés en anglais et une perspective de double diplôme est en cours de formalisation. La première promotion de 15 étudiants est entièrement insérée professionnellement, tandis que la deuxième en cours compte 19 étudiants. Plus de 200 apprenants ont bénéficié des formations au Togo, dont une cinquantaine ont été suivis de manière approfondie sur le terrain. Dans ce lot, cinq étudiants retenus, selon des critères bien définis, iront poursuivre leur formation en Allemagne.
Pour sa part, le partenaire technique européen de BASIS, M. Ralf Schlauderer, a rappelé que l’objectif du projet est de faire de l’agriculture une discipline réellement appliquée, en rapprochant la formation universitaire des réalités du terrain. Cette démarche vise à rapprocher l’université, les producteurs et l’industrie, afin de former des diplômés immédiatement opérationnels et capables de contribuer efficacement au développement agricole du Togo.
Patouani BATCHAMLA
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