Fin du SONAFI 2026 : Les filles plaident afin que leurs voix comptent dans les décisions

La première édition du Sommet National des Filles (SONAFI) a pris fin, le samedi 24 octobre 2026 à Lomé, sur un appel à la prise en compte effective des aspirations et recommandations des filles dans les politiques et décisions qui les concernent. Placée sous le thème « De l’ambition à l’impact : les filles en action », cette rencontre de trois jours a permis de valoriser le leadership des jeunes filles, de mettre en lumière leurs initiatives et de renforcer le dialogue avec les décideurs en faveur de leurs droits et de l’égalité de genre.

Organisée sous le patronage du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet Girls Lead 2 de Plan International Togo, avec le leadership des Youth Panels régionaux et la coordination conjointe de Coup de Pousse, Chaîne de l’Espoir Nord-Sud (CDP-CENS). Tenue du 22 au 24 octobre, dans le prolongement de la célébration de la Journée internationale de la fille, cette première édition a réuni 350 participants, dont 50 jeunes venus des autres régions du Togo, ainsi que des représentants des organisations de la société civile, des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et du monde culturel. Elle entend renforcer le pouvoir d’agir, le leadership et la participation des filles et des jeunes femmes aux espaces de décision. Pendant trois jours, les participants ont pris part à des sessions plénières, des panels de discussion et des présentations de projets. Des expositions et des soirées culturelles ont également contribué à mettre en valeur les talents, la créativité et l’engagement des jeunes filles. Au-delà de ces activités, le SONAFI se veut un cadre national d’expression, de valorisation des initiatives portées par les filles et de dialogue avec les décideurs. Il ambitionne également de favoriser une meilleure reconnaissance institutionnelle de la jeunesse et de susciter des engagements concrets en faveur des droits des enfants, de l’autonomisation des filles et de l’égalité de genre.

Des filles engagées et porteuses de solutions

Au terme des travaux, les organisateurs ont salué la mobilisation et la détermination des jeunes filles, ainsi que les perspectives ouvertes par cette première édition. Pour le Représentant résident de Plan International Togo, M. Ousseynou Samb, les trois jours de rencontre ont constitué une étape significative, marquée par une énergie constructive et un engagement fort. « Quand on donne aux filles les capacités d’agir, elles créent de l’impact. Aujourd’hui, je peux le dire avec certitude, nous avons réussi, et bien au-delà de toutes nos espérances », a déclaré M. Samb, soulignant que ce résultat est l’aboutissement d’un processus inclusif et participatif engagé bien avant la tenue du sommet. Pour lui, le SONAFI marque une étape importante dans la structuration d’un espace national d’expression, de dialogue et d’influence porté par les filles elles-mêmes. « Les filles ne sont pas seulement l’avenir. Elles sont déjà des actrices du présent », a-t-il ajouté. Les échanges ont permis de mettre en lumière des jeunes filles engagées, créatives et déterminées, ainsi que des initiatives prometteuses dans plusieurs domaines, notamment les sciences, l’innovation, le numérique, l’entrepreneuriat, la participation citoyenne et le leadership. Autant de secteurs dans lesquels les filles aspirent à jouer un rôle accru et à contribuer au développement de leurs communautés.

Des recommandations pour des changements concrets

L’un des temps forts de cette première édition a été la formulation de recommandations à l’endroit du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance. Les filles ont notamment plaidé pour la création de conditions favorables à leur épanouissement et à leur pleine participation au développement du pays. Face aux difficultés auxquelles elles sont confrontées, en particulier les violences basées sur le genre, elles ont insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes adaptés leur permettant de dénoncer les violences et de bénéficier d’une meilleure protection. Pour M. Samb, l’enjeu est, désormais, de veiller à ce que ces propositions trouvent une traduction concrète dans les décisions et les actions des pouvoirs publics et des partenaires. « Donner la parole aux filles ne suffit pas, il faut aussi leur permettre d’influencer les décisions et de contribuer pleinement aux changements qui les concernent », a-t-il souligné.

Le directeur de cabinet du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, M. Minza Manzama-Esso, intervenant à la clôture, a salué l’engagement, la créativité et la détermination des jeunes participantes. Il a relevé leur intérêt croissant pour les sciences, l’innovation, le numérique, l’entrepreneuriat et la participation citoyenne. Selon lui, lorsque des espaces appropriés leur sont offerts, les filles savent saisir les opportunités et démontrer l’étendue de leur potentiel. « Cette dynamique s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui place le capital humain, l’inclusion sociale et l’autonomisation des jeunes et des femmes au cœur de l’action gouvernementale », a indiqué M. Minza. Il a rappelé les efforts engagés par le gouvernement à travers des réformes et des programmes destinés à promouvoir l’égalité de genre, la protection des enfants et la participation active des jeunes à la vie nationale.

Géraud ABALO

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