Fin de la réunion ministérielle sur la santé animale dans l’espace CEDEAO
A la clôture, jeudi 8 octobre 2026, de la 11e réunion annuelle des réseaux régionaux de santé animale à Lomé, les ministres en charge de l’Elevage de sept pays ont validé trois documents clés pour prévenir et contrôler les maladies transfrontalières.

Le ministre Diagne (milieu) a présidé la réunion. A sa droite le Pr Darré.
A la suite des travaux des experts réunis, depuis trois jours à Lomé, la session ministérielle de la CEDEAO sur la surveillance et le contrôle des maladies animales transfrontalières s’est tenue, jeudi à Lomé. Elle a abouti à l’adoption de trois stratégies régionales assorties de plans d’action 2026-2031 : la protection et la conservation des ânes à l’horizon 2030, la prévention et le contrôle de la fièvre aphteuse en Afrique de l’Ouest et la lutte contre l’influenza aviaire hautement pathogène.
Cette adoption est portée par le Centre régional de santé animale (CRSA), chargé de coordonner et d’harmoniser les politiques des Etats de la CEDEAO en matière de prévention des maladies animales transfrontalières et des zoonoses, de consolider la surveillance épidémiologique et d’améliorer les systèmes d’information. Au terme des travaux, plusieurs mesures ont été actées : opérationnalisation du système d’information, harmonisation des dispositifs législatifs et réglementaires et coordination des réseaux pour consolider la gouvernance et le partage d’informations sur les risques en temps réel, selon l’approche « Une seule santé ».
Les ministres ont rappelé que l’élevage occupe une place prépondérante dans l’économie régionale et que celui des ânes constitue un pilier silencieux qui allège le fardeau des femmes, en assurant le transport de l’eau et des récoltes. Une fonction, aujourd’hui, menacée par l’abattage massif et incontrôlé des animaux. « Face à ces enjeux, l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies d’intervention claires, conjointes et transfrontalières, réalisables et adaptées à nos politiques sanitaires s’avèrent indispensables », a souligné le ministre sénégalais en charge de l’Elevage, Ousmane Diagne.

Différentes délégations ministérielles et experts en santé animal
De la réaction à l’anticipation
Pour le ministre délégué auprès du ministre de la Santé, Pr Tchin Darré, cette 11e réunion marque une étape importante dans la consolidation de l’action collective. Il estime que l’adoption de ces trois documents stratégiques régionaux n’est pas « une fin en soi. Elle doit marquer le début d’une nouvelle étape : celle de la mise en œuvre effective, coordonnée et durable. Cette mise en œuvre devra reposer, notamment sur le renforcement des systèmes nationaux et régionaux de surveillance épidémiologique, l’implication accrue des organisations d’éleveurs et des acteurs des filières animales, le développement de mécanismes coordonnés de vaccination et de contrôle des mouvements des animaux, l’amélioration de la collecte, de la qualité, du partage et de l’utilisation des données zoosanitaires … »
A l’en croire, les ambitions portées par ces trois documents sont en parfaite symphonie avec les réformes politiques, économiques et sociales engagées par le Togo, à travers le Programme de modernisation de l’agriculture, lequel a pour objectif d’accroître la productivité et la résilience des systèmes de production. Dans ce contexte, il est urgent de passer d’une culture de la réaction à une véritable culture de l’anticipation, de la prévention et de la préparation.
Zeus POUH-PEKA