Le président du Centre culturel Soulemana lors de son adresse.

Fête traditionnelle des Haoussa du Togo : Diversité culturelle et cohésion sociale au cœur de la célébration

La communauté haoussa du Togo a célébré, samedi 29 août 2026, l’acte III de sa fête traditionnelle Al A’dounmou autour de la « diversité culturelle, cohésion sociale et contribution des communautés au développement du Togo ». L’évènement a rassemblé les membres de la diaspora haoussa pour affirmer l’importance de l’unité et de la solidarité dans la transmission du patrimoine culturel pour un développement harmonieux du Togo. La soirée culturelle a réuni plusieurs personnalités administratives, culturelles et traditionnelles.

La forte mobilisation des personnalités.

Les fêtes traditionnelles sont des repères essentiels à l’identité et la diversité culturelles. Elles transmettent des valeurs et des connaissances aux générations futures et favorisent l’unité entre les individus. A ce titre, il est crucial de les préserver à tout prix. Cette nécessité, les Haoussa du Togo la comprennent et célèbrent, depuis trois ans, Al A’dounmou, leur fête traditionnelle.

 Samedi 29 août 2026, sur le terrain d’Haoussa Zongo, à Agoè-Nyivé, dans la périphérie nord de Lomé, la troisième édition de ces retrouvailles a été commémorée. Le centre d’intérêt a porté sur la « diversité culturelle, cohésion sociale et contribution des communautés au développement du Togo ». L’objectif est de consolider l’unité nationale, promouvoir la cohésion sociale et mettre en valeur la culture haoussa au sein de la diversité togolaise.

Selon le comité d’organisation, Al A’dounmou est un moment précieux pour les Haoussa de se retrouver, partager et célébrer leurs racines et transmettre l’héritage aux jeunes générations et maintenir un sentiment d’identité dans un contexte étranger. A cette occasion, l’accent est mis sur la sensibilisation à la nécessité de préserver la langue et la culture haoussa, la tradition, les coutumes, la musique, la danse et l’art du peuple haoussa, soulignant sa contribution à l’héritage culturel et développant la compréhension et l’appréciation interculturelles. Cette manifestation est également un moyen d’établir un pont qui relie les différentes cultures et encourage le respect et la compréhension mutuelle.

Les moments palpitants de ces retrouvailles ont été marqués par l’exécution de l’hymne national en français et Haoussa, une parade des cavaliers, une démonstration de danses folkloriques par de jeunes filles (haoussa, peuhl, germa, barébaré) et de luttes traditionnelles mêlant lutteurs kabyè et haoussa. Le nombreux public chichement habillé a eu aussi droit à une dégustation des mets locaux, ainsi qu’une exposition d’arts.

Les lutteurs s’apprêtent à offrir leur spectacle.

Mettre les différences au service du développement

Le président du comité d’organisation, Garba Sourakatou a indiqué qu’ils célèbrent cette fête traditionnelle parce qu’ils ont constaté que depuis un certain moment leurs traditions sont en train d’être oubliées. « Nos parents nous ont légué ces traditions-là, mais le fait de ne pas célébrer, on est en train de les perdre. A tel point que si on ne fait pas attention, nos enfants, ceux qui vont suivre, ne sauront pas quelle est leur culture. Donc c’est pour cela, nous avons ravivé cette fête », a laissé entendre M. Garba.

Dans son développement du thème, le communicateur Ibrahima Abdel Kader Djimba, a présenté la diversité culturelle comme une caractéristique fondamentale de la société togolaise où cohabitent plusieurs communautés, dont les différences, loin d’être des sources de division, sont plutôt une richesse, une véritable force qui s’inscrit dans le respect mutuel, le dialogue, la solidarité et le sentiment d’appartenir à une même nation.

Plusieurs groupes folkloriques se sont illustrés.

Ce faisant, il a appelé à l’accompagnement des jeunes pour renforcer l’autonomisation des femmes de la communauté, car « aucune communauté ne peut se développer si une frange importante de ses forces n’est pas prise en compte dans le processus de développement, du point de vue social, culturel et de la citoyenneté ». Pour lui, la promotion des valeurs de solidarité, d’entraide, de respect des ainés, d’hospitalité et de fraternité mérite d’être renforcée sans pour autant « glisser vers la complicité criminelle ». C’est pourquoi, il a appelé solennellement à une union des forces pour prévenir l’extrémisme violent, les discours haineux, les manipulations et les fausses informations, tendant à opposer les citoyens les uns contre les autres.    

S’adressant particulièrement aux jeunes venus en grand nombre, le président du Centre Culturel Haoussa, Yahaya Soulemana, les a invités à se sentir « fiers de leurs racines sans jamais s’y enfermer », car lorsqu’une communauté valorise sa culture, elle renforce aussi sa capacité à créer de la richesse, de l’emploi et de la solidarité.

« Soyez les gardiens de vos racines sans être prisonniers du passé. Soyez curieux du monde sans renoncer à votre identité. Le Togo de demain aura besoin de femmes et d’hommes capables de conjuguer tradition et modernité, mémoire et innovation », a souligné Soulemana. Il estime, en somme, que la diversité culturelle, loin d’être un facteur de fragmentation, constitue l’une des plus grandes forces du Togo et le fondement d’une société plus solide, résiliente et ouverte.

Les Haoussa, venus du Nigéria et du Niger, depuis la fin du XIXe siècle, sont établis au Togo où ils exercent des activités commerciales. Ils représentent une forte   communauté dynamique essentiellement musulmane installée sur l’ensemble du territoire national.

Zeus POUH-PEKA

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