Cybercriminalité et genre : La HARC arme les femmes des médias contre les violences numériques
La Haute Autorité de Régulation de la Communication Ecrite, Audiovisuelle et Numérique (HARC) a organisé, vendredi 6 novembre 2026, dans ses locaux à Lomé, un atelier de sensibilisation à l’intention de son personnel et des femmes des organisations des médias sur le thème « Cybercriminalité et Genre : les femmes face aux nouvelles formes de menaces numériques ». La rencontre a permis d’outiller les parties prenantes sur les enjeux de la sécurité numérique, de les conscientiser sur leurs droits et responsabilités et de renforcer leur engagement en faveur de la prévention et de la lutte contre toutes les formes de violences numériques, en particulier celles dirigées contre les femmes.

Membres et personnel de la HARC, femmes des médias et représentants de ANCY en photo de groupe.
Renforcer la sécurité numérique des femmes face aux menaces du cyberespace, c’est tout l’enjeu de l’atelier organisé, vendredi 6 novembre 2026, à Lomé, par la HARC à l’endroit de son personnel et des femmes des médias. Comment reconnaître les menaces en ligne ? Comment comprendre les différents concepts et techniques utilisés par les cybercriminels ? Comment se protéger et que faire en tant que victime ? Quels sont les mécanismes mis en place par l’Etat togolais pour accompagner les administrations, entreprises et citoyens ?
Autant de questions au centre des échanges. Les parties prenantes ont été entretenues sur la cybercriminalité, les nouvelles formes de menaces émergentes, notamment le cyber-harcèlement, l’escroquerie en ligne, l’usurpation d’identité, les contenus truqués par IA, la divulgation d’informations, l’arnaque sentimentale, les chantages numériques, les diffusions non consenties et les atteintes à la réputation. Les risques auxquels sont exposées les femmes avec un focus sur les médias, le cadre juridique et de protection mis en place par le Togo, ainsi que les bonnes pratiques sont également d’autres sujets abordés.
Adopter les bons gestes pour sécuriser son activité
De l’avis du Dr Léon Dounwourgue, chargé de communication et des relations publiques à l’Agence Nationale de la Cybersécurité (ANCy), le genre et la cybersécurité sont étroitement liés et les évolutions numériques viennent avec des dangers et risques auxquels les femmes sont particulièrement exposées. Pour lui, il est nécessaire d’apprendre aux femmes les bons gestes, les meilleures pratiques et comportements à adopter face aux risques numériques.
« Aujourd’hui, la majorité du commerce est détenue par des femmes qui le font à travers les réseaux sociaux et des applications comme Tiktok, Facebook, etc. D’où, la nécessité de leur donner les outils leur permettant de se sécuriser, ainsi que leur commerce et de générer des ressources », a-t-il confié.
Parlant des bonnes pratiques, M. Dounwourgue appelle à la vigilance, en évitant de cliquer sur des liens inconnus et de s’exposer à travers des images qui peuvent porter préjudice. En termes de sécurisation des appareils numériques, il exhorte la population à utiliser des mots de passe robustes, à apporter une couche supplémentaire de sécurité aux appareils utilisés, à ne pas partager ses informations avec des inconnus et à éviter, à tout prix, l’utilisation de supports clés USB et disques durs externes d’inconnus.
La cybersécurité, une affaire de conscience et de responsabilité collective
Intervenant à terme, la représentante du président de la HARC, Mme Adrou Alédji Aminata, membre et présidente de la cellule focale genre, a fait savoir que la question de la cybersécurité et notamment de la cybercriminalité à travers les réseaux sociaux est préoccupante.
Selon plusieurs enquêtes, les femmes sont généralement les cibles de ces menaces récurrentes qui les abîment, les déstabilisent émotionnellement et psychologiquement et, parfois même, les amènent à renoncer à l’utilisation de ce puissant moyen de communication. Fort de ce constat, la HARC, en tant qu’organe régulateur des réseaux sociaux, a jugé indispensable de sensibiliser son personnel et les femmes des médias, afin d’attirer leur attention sur les bonnes pratiques et de les familiariser avec les structures appropriées à contacter en tant que victime. « Les communications ont été alléchantes et nous sommes suffisamment aguerries maintenant, au cas où nous faisons face à ces violences sur les réseaux, pour savoir quelle réaction avoir », a-t-elle confié.
Mme Adrou Alédji a exprimé sa gratitude aux communicateurs pour la richesse des débats et au président de la HARC pour son engagement sans cesse renouvelé pour leur épanouissement. « Votre intérêt et la richesse de vos contributions témoignent de l’importance que vous accordez à cette problématique. Je suis convaincue qu’au terme de cette séance de sensibilisation nos connaissances et capacités en matière de cybersécurité ont davantage été renforcées. Il nous appartient, désormais, de traduire les enseignements tirés en comportements responsables et de rester vigilantes, prudentes. Je vous exhorte à faire du respect mutuel le pilier de nos interactions numériques, car au-delà des connaissances acquises, la cybersécurité est, avant tout, une affaire de conscience individuelle et de responsabilité collective », a-t-elle conclu.
Clémentine PANASSA