Météorologie

Action climatique : Météorologues et d’hydrologue d’Afrique francophone à l’école des bonnes

Participants en photo de famille après l'ouverture de la rencontre.
Action climatique : Météorologues et d’hydrologue d’Afrique francophone à l’école des bonnes

L’Organisation Mondiale de la Météorologie (OMM), l’Agence Nationale de la Météorologie du Togo (ANAMET) et d’autres partenaires organisent à Lomé un atelier régional de cinq jours sur l’information scientifique sur le climat au service de l’action climatique. Il est question de renforcer les compétences en gestion des données et en calcul des indices climatiques des météorologues et hydrologues, venus de plusieurs pays d’Afrique francophone. Ceci, afin de les rendre aptes à analyser les tendances passées et projetées, la variable et les extrêmes pour le reporting et le développement de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN).

Météorologues et hydrologues au cours de l’atelier.

Experts des services de météorologie et d’hydrologie venus des Comores, de Madagascar, du Burkina Faso, du Cameroun, du Rwanda, de la Guinée et du Togo,  améliorent à Lomé, leurs capacités à interpréter les indices climatiques pour les applications socio-économiques et à évaluer leurs implications pour les politiques et prises de décisions. Au cours de cette rencontre, les participants vont renforcer leur expertise dans l’utilisation des informations en science du climat, pour fournir des analyses fondées sur des données et recommandations professionnelles. En effet, les défis posés par les changements climatiques sont, aujourd’hui, une vérité tangible avec une variabilité accrue du climat. « Face à ces enjeux, la disponibilité, la qualité et l’utilisation efficace de l’information scientifique sur le climat deviennent des outils indispensables d’aide à la décision, aussi bien pour les politiques que les communautés locales, les producteurs agricoles et les gestionnaires des ressources naturelles. C’est en cela qu’il est important de renforcer la capacité des services techniques, en matière d’analyse des données, de contrôle qualité des données, d’analyse scientifique pour l’élaboration des CDN au niveau de chaque pays. Car selon l’Accord de Paris, tout pays a l’obligation de pouvoir faire l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement planétaire », a indiqué M. Latifou Issaou, directeur général de l’ANAMET. 

Au cours de la rencontre, les participants vont appréhender l’importance des données,  le contrôle de la qualité des données climatiques et l’évaluation de l’homogénéité, le calcul des indices climatiques pur comprendre l’évolution climatique régionale et locale. Ils vont analyser les relations entre les schémas climatiques et les changements socio-économiques et l’application des informations et outils de sciences du climat pour développer la NDC3.0

Togo, le bon élève en la matière

Pour Mme Mariane Diop Kane du bureau régional de l’OMM pour l’Afrique, certains pays africains utilisent 2 à 3/100 de leur PIB pour répondre aux catastrophes naturelles et parfois 9% du budget préparé pour des activités bien concrètes face à ces catastrophes. Comme il vaut mieux de prévenir que guérir, il est important de travailler en amont, de développer les capacités techniques des staffs en météorologie et en hydrologie. Ceci, pour répondre aux besoins, tout en assurant un développement durable et la résilience des populations et de l’économie. « C’est très important pour nous, à l’heure actuelle, avec les changements climatiques et, au regard des difficultés que les pays ont à s’adapter, de renforcer les capacités des services météorologiques et hydrologiques à développer les alertes précoces. Les services météorologiques récoltent et traduisent les données en information utilisable. Le Togo a fait des efforts notables dans le renforcement des capacités de son staff. Nous allons partager son expérience avec les autres pays francophones », a-t-elle laissé entendre. A son avis, bien que la plupart des pays africains aient intégré l’information climatique dans leurs documents, il n’y a pas du concret. « Souvent la météorologie est le parent pauvre au niveau de la fonction publique, alors que c’est un secteur transversal, qui touche à toutes les activités, à tous les secteurs de développement dans nos pays », a-t-elle dit.

Au nom du ministre des Transports, du Désenclavement et des pistes rurales, M. Komla Tindano, a fait valoir que le Togo, engagé dans l’Accord de Paris, a révisé ses CDN, avec pour objectif de réduire de 50,57%, ses émissions de gaz à effet de serre, d’ici à 2030. Cette révision des CDN constitue également une opportunité pour renforcer l’intégration des secteurs essentiels tels que la santé, l’eau, l’énergie, la foresterie et l’agriculture, dans les objectifs climatiques nationaux.

Par ailleurs, le plan national d’adaptation a été élaboré pour planifier la résilience face aux changements climatiques, en évaluant les secteurs vulnérables et en définissant les actions prioritaires, afin d’anticiper et de réduire les impacts négatifs des changements climatiques, tout en soutenant le développement socio-économique durable. « L’approche pratique et opérationnelle de cette formation mettra à profit des outils et méthodologies reconnus. Ces instruments constituent des ressources précieuses pour améliorer la prise de décision fondée sur la science et pour renforcer l’interface science politique », a-t-il fait savoir. Il a souhaité que les échanges techniques, les travaux de groupe et le partage d’expériences contribuent à renforcer durablement les capacités des institutions et à consolider la coopération régionale, en matière de services climatologiques.

Yankolina M. TINGAENA

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