2e édition des BOAD Development Days : Serge Ekue appelle à protéger les plus vulnérables et leur ouvrir les portes d’un habitat digne
La 2ème édition des BOAD Development Days a été lancée le 11 juin 2026, à Lomé, sous le thème : « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ». Ce thème, selon Serge Ekue, Président de la BOAD, traduit une conviction profonde : « l’habitat n’est pas seulement une question de logement. Il est au cœur de notre projet de société, de notre développement économique et de notre ambition collective de souveraineté ».
Dans son allocution à l’ouverture des travaux de la 2ème édition des BOAD DevelopmentDays, M. SergeEkue, Président de la BOAD, a d’abord reconnu que l’avenir de l’Union économique et monétaire ouest-africaine est critique. « Un moment où les défis auxquels nos États sont confrontés nous obligent à penser plus grand, à agir plus vite et à construire plus durablement ».
Raison de la conception de ces rencontres, qui ne doivent pas être perçues comme un forum de plus, mais comme un laboratoire de solutions et un catalyseur d’impacts. L’ambition de la BOAD est de mettre l’ingénierie financière au service d’une cause qui dépasse le cadre de la vocation bancaire. Il s’agit de la dignité de nos populations.
En effet, M. SergeEkue a expliqué que la question du logement ne peut désormais être dissociée de celle de l’énergie. Un habitat moderne est un habitat connecté à une énergie fiable, accessible et durable. Un habitat résilient est un habitat capable de produire, de gérer et d’optimiser sa consommation énergétique. Un habitat d’avenir est un habitat qui contribue à réduire notre dépendance énergétique et à renforcer notre autonomie collective. « C’est pourquoi nous devons considérer le logement et l’énergie comme les deux piliers d’une même ambition stratégique. La souveraineté énergétique n’est plus seulement un objectif sectoriel. Elle est devenue une condition essentielle de notre compétitivité, de notre sécurité économique et de notre développement », a déclaré le président de la BOAD.
Pour lui, cette rencontre interpelle directement la responsabilité collective : il s’agit de savoir comment loger, dignement et durablement, les générations actuelles et futures de notre espace communautaire.

Un rythme d’urbanisation fulgurants de l’UEMOA
« Nous sommes à un point de bascule. L’accélération urbaine, la crise énergétique et l’impératif climatique nous obligent à rompre avec les recettes du passé. Nous devons repenser de fond en comble notre manière de concevoir, de construire et de financer l’habitat » a indiquéM. SergeEkue.
Face à ce défi immense, a-t-il poursuivi, « nous avons deux choix. Nous pouvons subir cette urbanisation, en accepter les fractures sociales et la vulnérabilité climatique. Ou alors, nous pouvons décider d’agir. Nous pouvons choisir de transformer cette pression démographique en un formidable levier de croissance ».
53 ans au service du développement des peuples
La Banque Ouest Africaine de Développement, qui fêtera ses 53 ans d’existence en novembre prochain, est au cœur de cette bataille. Elle ne recule pas devant l’obstacle.
À travers le Plan stratégique DJOLIBA 2021–2025, la BOAD a prouvé sa capacité d’action dans un contexte mondial pourtant secoué par les crises. L’habitat est ancré au cœur de ses secteurs prioritaires : 100 milliards de FCFA pour faire sortir de terre la ville nouvelle de Ouèdo au Bénin et 160 milliards de FCFA pour des programmes majeurs de logements sociaux et économiques à Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro, avec un niveau d’exigence technique intransigeant.
Forts de ces succès, la BOAD ouvre officiellement un nouveau chapitre avec son plan stratégique « Djoliba… La Suite » 2026-2030.
Ce plan, selon le président de la BOAD, porte une ambition renouvelée. « Il réaffirme le rôle de la BOAD comme le catalyseur d’impact incontournable de la région. Notre priorité absolue reste inchangée : protéger les plus vulnérables et leur ouvrir les portes d’un habitat digne ».
Pour lui, les besoins sont immenses. Les ressources publiques, à elles seules, ne suffiront pas. Nous devons donc mobiliser toutes les forces disponibles : États, banques de développement, investisseurs institutionnels, secteur privé, marchés financiers, collectivités territoriales et partenaires techniques et financiers. Il a invité l’assistance à faire preuved’innovation dans les mécanismes de financement du logement, dans les instruments de mobilisation du capital privé, dans les partenariats public-privé et dans les modèles de production énergétique intégrés à l’habitat.
Sauter trois verrous stratégiques
Pour accélérer le rythme, M. SergeEkue a invité les participants de faire sauter trois verrous stratégiques majeurs. Il s’agit du verrou financier, normatif et inclusion.
Pour le blocage financier, il demande de cartographier et d’éliminer les blocages qui paralysent la chaîne de valeur immobilière. « Nous devons concevoir des mécanismes de dé-risking innovants pour que le crédit promoteur et le refinancement hypothécaire cessent d’être des exceptions pour devenir des outils de masse ».
S’agissant du verrou normatif, il a affirmé que l’habitat de demain sera vert ou ne sera pas. « Nous devons imposer la performance énergétique et valoriser nos matériaux locaux. C’est pourquoi la BOAD pousse avec force pour la création d’un « Label Bâtiment Vert UEMOA », un standard commun de référence capable d’attirer les milliards de la finance climat mondiale »
Pour ce qui concerne le verrou de l’inclusion, il exhorte de concevoir des villes pensées pour et par « notre jeunesse et nos femmes. Leur force d’innovation est l’énergie brute qui dessinera les cités africaines de demain ».
Financer un habitat abordable et durable, ce n’est pas simplement empiler des briques ou couler du béton. C’est un projet de société. C’est la promesse d’une dignité retrouvée pour des millions de pères et de mères de famille.
C’est un investissement direct dans la paix, la cohésion sociale et la souveraineté de notre Union.
Parce qu’un logement décent n’est pas un privilège. C’est un droit. Et parce que l’avenir de l’UEMOA s’écrira dans des villes humaines, durables et résilientes.
Moussouloumi BOUKARI