Les différentes autorités à l’ouverture des journées

2e édition des BOAD Development Days :  Des experts en quête de solutions pour un habitat durable et inclusif au sein de l’UEMOA

La Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) tient, les 11 et 12 juin 2026, à Lomé, la deuxième édition des « BOAD Development Days », qui structurent les projets bancables, renforcent les partenariats entre investisseurs et décideurs, en proposant des solutions concrètes aux défis de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Réunis autour du thème « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique », ministres en charge de l’Economie, de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Energie, institutions de financement du développement, acteurs du secteur financier, professionnels du secteur privé, experts en transition énergétique et certification de bâtiments durables et  autres devront, aux termes de deux jours de travaux, catalyser les investissements publics et privés dans le secteur du logement, faciliter l’accès à des financements de long terme pour les projets immobiliers, intégrer et standardiser l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans la construction.

un autre pan des participants

Quatre cents participants, venus de 25 pays d’Afrique et d’ailleurs, représentants de plus de cinquante institutions et une vingtaine d’experts échangent, depuis hier à Lomé, sur la problématique du financement pour un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique. Car, dans l’espace de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) la forte croissance démographique entraîne une pression accrue sur les villes, notamment en matière d’accès à un logement de qualité. Cette dynamique crée des défis structurels majeurs liés à l’urbanisation, au financement de l’habitat et à la durabilité énergétique.

Devant ce tableau peu reluisant, le logement apparaît comme un levier stratégique de développement économique, capable de stimuler le secteur financier et de générer des emplois. Parallèlement, l’intégration des enjeux énergétiques dans le bâtiment devient essentielle pour réduire les coûts aux ménages et renforcer la souveraineté énergétique des Etats.

C’est pourquoi, au cours de la rencontre faite d’interventions de haut niveau, d’échanges techniques et de panels, tous les participants se sont accordés à mettre l’ingénierie financière au service de la dignité humaine, en faisant des propositions concrètes de solutions qui seront de vrais catalyseurs d’impacts.  Dans ce sens, ils vont cartographier et éliminer les blocages qui paralysent la chaîne de valeur immobilière, en concevant des mécanismes de « dé-risking » innovants pour que le crédit promoteur et le refinancement hypothécaire cessent d’être des exceptions, pour devenir des outils de masse.

La BOAD œuvre pour la création d’un « Label Bâtiment Vert UEMOA »

 Les participants vont, en outre, imposer la performance énergétique et valoriser les matériaux locaux. A ce niveau, la BOAD pousse avec force pour la création d’un « Label Bâtiment Vert UEMOA », un standard commun de référence capable d’attirer des milliards de la finance climat mondiale. Ils vont également concevoir des villes pensées pour et par la jeunesse et les femmes.

Car, leur force d’innovation est l’énergie brute qui dessinera les cités africaines de demain. « Financer un habitat abordable et durable, ce n’est pas simplement empiler des briques ou couler du béton. C’est un projet de société.C’est la promesse d’une dignité retrouvée pour des millions de pères et de mères de famille. C’est un investissement direct dans la paix, la cohésion sociale et la souveraineté de notre Union. Parce qu’un logement décent n’est pas un privilège. C’est un droit. Et parce que l’avenir de l’UEMOA s’écrira dans des villes humaines, durables et résilientes », a relevé M. Serge Ekué, président de la BOAD.

Il a laissé entendre que la BOAD, qui fêtera bientôt ses 53 ans d’existence, à travers son Plan stratégique DJOLIBA 2021–2025, a prouvé sa capacité d’action dans un contexte mondial pourtant secoué par les crises.

Au Bénin, par exemple, elle a mobilisé plus de 100 milliards de FCFA pour faire sortir de terre la ville nouvelle de Ouèdo.

En Côte d’Ivoire, aux côtés de du gouvernement, plus de 160 milliards de FCFA sont déployés pour des programmes majeurs de logements sociaux et économiques à Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro, avec un niveau d’exigence technique intransigeant.

Les priorités de la politique togolaise de création des villes résilientes

M. Kodjo Sevon-Tépé Adédzé,  ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat lors de son intervention

En donnant le ton des débats, M. Kodjo Sevon-Tépé Adédzé,  ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, a indiqué que la politique togolaise en matière de création de villes résilientes s’appuie sur la Politique Nationale de l’Habitat et du Développement Urbain (PNHDU) et sur le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT). Ses priorités incluent la création de la ville nouvelle de Kpomé-Dalavé, pour absorber la croissance démographique rapide, la construction de logements sociaux et la promotion de villes durables et inclusives pour désengorger Lomé.

A ses dires, le SNAT assure une vision spatiale, pour mettre fin au laisser-faire territorial et garantir un accès équitable aux services sociaux sur l’ensemble du territoire togolais. Le gouvernement, à travers la Stratégie Nationale du Logement, entend réduire les disparités et la prolifération des bidonvilles. Aussi, des programmes ambitieux de construction de milliers de logements sociaux sont-ils en cours, pour garantir l’accès à la propriété aux populations vulnérables.

Le ministre Adédzé a fait valoir que le Togo mise sur une urbanisation souveraine, en valorisant le savoir-faire local, les matériaux de construction locaux et en stimulant l’innovation via des institutions.

La cérémonie d’ouverture a été également marquée par une signature de convention entre la BOAD et huit banques qui se mettent au service de la Société Ivoirienne de Raffinage pour la production d’un gaz propre.

Yankolina M. TINGAENA

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