1er Mai au Togo : Les travailleurs saluent les efforts du gouvernement pour un travail décent, tout en le conviant à faire davantage

 1er Mai au Togo : Les travailleurs saluent les efforts du gouvernement pour un travail décent, tout en le conviant à faire davantage

Le ministre Baba (à droite) reçoit les le cahier de doléances des centrales syndicales des mains de M. Sénouvo

  • Une nouvelle convention collective interprofessionnelle signée

Les centrales syndicales du Togo ont saisi l’occasion, vendredi dernier, journée internationale des travailleurs, pour présenter, au gouvernement et au patronat leurs doléances, visant l’amélioration significative des leurs conditions de vie et de travail. Auparavant, elles ont exprimé leur gratitude au gouvernement et à d’autres acteurs de développement pour les progrès significatifs enregistrés, à travers un défilé, à Lomé, dans une ambiance festive et conviviale.

Les travailleurs fortement mobilisés pour la circonstance

Vendredi 1er mai, le Togo, comme la plupart d’autres pays du monde, a  célébré la fête du travail. Un jour important pour se rappeler le courage, le talent, la valeur du travail, les contributions de tous les travailleurs au bien-être de la société, ainsi que les progrès enregistrés et les défis qui restent pour rétablir les droits des travailleurs. Dans le cadre de cette célébration, la Coordination des Centrales Syndicales du Togo (CCST) et la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) ont défilé pour marquer cette journée internationale de lutte des travailleurs pour leur mieux-être. Mobilisés autour des  responsables syndicaux, les travailleurs sont partis de la Bourse du Travail pour chuter sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé, en passant par le commissariat central, la Place Anani Santos, Assivito, entre autres. Au point de chute, les syndicats, par la voix de M. Vissikou Sénouvo, leur porte-parole, ont présenté leur cahier de doléances à M. Stanislas Babouni Baba, ministre secrétaire général du gouvernement, représentant du Président du Conseil. C’était en présence de ses collègues ministres et d’autres personnalités.

Membres du gouvernement, responsables syndicaux et d’autres personnalités.

M. Vissikou Sénouvo a salué les avancées récentes enregistrées, notamment, la signature de la convention collective interprofessionnelle intervenue, le 30 avril, entre organisations syndicales et patronales, la mise en œuvre de l’Assurance maladie universelle (AMU), les réformes dans le secteur éducatif et les textes réglementaires contre le harcèlement et la discrimination au travail. Il a, par la suite, listé les revendications principales qui portent, entre autres, sur l’application du nouveau SMIG à tous les secteurs, la mise en conformité de la législation du travail et son application effective, le rétablissement du dialogue social, la reconnaissance des centrales syndicales comme des organisations d’utilité publique, la protection sociale du secteur informel, la revalorisation des pensions des retraités du privé, l’instauration de comités de sécurité et santé au travail, ainsi que l’élargissement de l’AMU aux travailleurs informels et agricoles. Les centrales syndicales réclament aussi une baisse du taux de cotisation à l’AMU et une revalorisation de la prime de transport.

Le maintien d’un dialogue permanent

En réponse, M. Stanislas Bamouni Baba, ministre secrétaire général du gouvernement, a salué le courage et l’engagement, le sens de responsabilité et la résilience des travailleurs, tout en trouvant légitimes les préoccupations exprimées. Dans ce sens, il a souligné que le gouvernement, sous le leadership du Président du Conseil, ne ménagera aucun effort pour trouver des réponses concrètes, dans la mesure du possible, à ces doléances. Car il a relevé que le bien-être des Togolais constitue une priorité majeure pour les hautes autorités du pays. Selon lui, la recherche de solutions durables passe par le maintien d’un dialogue permanent et constructif entre le gouvernement, les syndicats et le patronat, pour examiner l’ensemble des doléances. Occasion de faire le point des défis persistants et d’identifier les réponses appropriées dans un esprit de dialogue social constructif.

Les centrales syndicales défilant de la Bourse du Travail au Palais des Congrès.

Pour sa part, M.Laurent Sedolo Coami Tamegnon, président du Conseil National du Patronat du Togo, a réitéré l’engagement du patronat à poursuivre les efforts visant à préserver les emplois décents, à créer d’autres et à œuvrer à la recherche concertée de solutions équitables, réalistes et durables aux demandes du monde du travail.

Une nouvelle convention collective interprofessionnelle signée

La veille déjà, lors d’une rencontre à Lomé, les organisations syndicales et patronales  ont signé, une nouvelle Convention Collective Interprofessionnelle du Togo (CCIT), sous le regard bienveillant de M. Atissim Assih, secrétaire général du ministère de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social. Cet accord, issu des négociations débutées, en septembre 2025, modernise les relations de travail, adapte les conditions professionnelles au Code du travail actuel et couvre la rémunération, les conditions de travail, la sécurité, la formation et les procédures de règlement des différends. Cette nouvelle convention, élaborée sur la base du Code du travail, vise à adapter les conditions professionnelles aux réalités économiques actuelles, tout en garantissant la protection des droits des travailleurs et la souplesse nécessaire aux entreprises. Elle servira, désormais, de référence légale pour les relations professionnelles intersectorielles. Les parties prenantes ont salué le sens du dialogue et le fair-play dont ont fait preuve les deux parties tout au long du processus ayant abouti à la signature de la présente convention. Celle-ci constitue une étape clé dans la rénovation du marché du travail togolais. Elle vise à concilier compétitivité des entreprises et protection des travailleurs, tout en instaurant un environnement professionnel équilibré, conforme aux exigences économiques actuelles et aux standards internationaux.

Améliorer les conditions de vie et de travail des Togolais

La nouvelle convention collective interprofessionnelle marque la volonté commune des partenaires sociaux à renforcer la sécurité juridique et la stabilité dans les relations professionnelles. La dernière convention collective interprofessionnelle en vigueur au Togo remonte, à décembre 2011. Sa révision devenait nécessaire pour s’adapter aux transformations économiques, sociales et technologiques de ces dernières années. Le processus de mise à jour intervient dans un climat national de consolidation du dialogue social, avec une implication renforcée des acteurs institutionnels et des partenaires sociaux. Cette nouvelle convention devrait ainsi offrir un cadre mieux aligné sur les réalités actuelles du monde du travail, tout en renforçant la cohérence des politiques publiques en matière d’emplois et de protection sociale.

A l’occasion, M. Atissim Assih, a félicité les deux parties pour la qualité des échanges qui ont marqué le processus, tout en saluant le consensus auquel elles sont parvenues.

Dans le même sens, le président du Conseil National du Patronat, M. Laurent Coami Tamégnon, a signifié que cette dynamique positive illustre une volonté commune d’améliorer durablement les relations sociales dans le pays.

De leur côté, les négociateurs principaux des employeurs et travailleurs, respectivement, MM. Claude Akouete-Akué et Awoula Baba, se sont réjouis de la signature de cette convention, traduisant la volonté manifeste des parties prenantes à améliorer les conditions de vie et de travail des Togolais. Cette convention, désormais finalisée et signée, sera transmise à la Direction générale du Travail et au Greffe, afin de vérifier sa conformité à la législation nationale.

Kpinzou EDJEOU

 

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