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Une rencontre explore les causes de l’inefficacité des dispositifs actuels de recouvrement des créances au sein des microfinances

Le ministre Barcola a présidé les travaux de l'atelier.
Une rencontre explore les causes de l’inefficacité des dispositifs actuels de recouvrement des créances au sein des microfinances

  • Sortir le secteur des difficultés

Un atelier national sur la problématique de recouvrement des créances et la présentation des innovations introduites dans la nouvelle loi portant réglementation de la microfinance au Togo s’est tenu, le vendredi 27 Mars 2026 à Lomé. L’objectif étant de poser un diagnostic clair et précis, afin d’identifier les causes profondes de la dégradation de la qualité du portefeuille et de l’inefficacité des dispositifs actuels de recouvrement des créances. Ceci, en vue d’aboutir à retenir des mécanismes innovants de recouvrement, pour sortir le secteur de ses difficultés innovants. La rencontre a été co-organisée par le ministère des Finances et du Budget et la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Des acteurs du secteur de la micro finance à l’atelier.

L’atelier national du secteur de la microfinance sur la problématique de recouvrement de créances qui s’est déroulé, vise à renforcer la résilience du secteur de la microfinance au Togo. Les débats se sont concentrés sur l’optimisation des procédures de recouvrement, le renforcement de l’analyse du risque et l’application des réformes financières en cours. La rencontre a permis aux acteurs de mener une réflexion plus approfondie et concertée sur la thématique, dans un environnement marqué par de nouvelles dispositions et réglementation en vigueur. Dans ce contexte, les participants ont eu à réfléchir sur la gestion du risque de crédit et l’efficacité du recouvrement de créances des institutions de microfinance.

Dans ce sens, le ministre des Finances et du Budget, M. Georges Essowè Barcola, a rappelé que le gouvernement a opéré des choix stratégiques qui ont permis de réaliser des avancées significatives au profit des populations, surtout les plus vulnérables. Conscient que les institutions de microfinance ont joué et continuent de jouer un rôle fondamental. Car elles constituent, à son avis, le principal canal d’accès aux services financiers de base. A ce sujet, il a relevé que ce secteur affiche une vitalité remarquable avec près de 4,7 millions de membres, bénéficiaires ou clients et un encours de crédit qui a progressé de 18,5%, entre 2022 et 2025, en atteignant 352 milliards de FCFA.

Renforcer la gestion des microfinances pour promouvoir l’inclusion financière

Grâce à la contribution des acteurs, le taux d’inclusion financière provisoire au Togo a atteint 90,7% en 2025. Cependant, a-t-il souligné, cette dynamique de croissance se heurte, aujourd’hui, à des défis majeurs qui menacent la solidité du secteur. Il s’agit, en particulier, de la dégradation préoccupante de la qualité du portefeuille de crédit de plusieurs institutions de microfiance, mettant à mal la protection des épargnes des citoyens et menaçant la viabilité même du secteur. Le constat est alarmant et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les crédits en souffrance ont accru de plus de 49,2% en trois ans. Plus inquiétant encore, le taux brut de dégradation du secteur qui était de 4,2% en 2022, a atteint un pic critique de 7,8% en 2024, avant d’afficher un léger repli à 6,7% à la fin décembre 2025. Ce niveau demeure largement supérieur à la norme qui est de 3%. Le non remboursement des crédits érode les fonds propres et fragilise la viabilité des institutions, compromet leur capacité à financer de nouveaux bénéficiaires.

Cette situation, selon le ministre Barcola, compromet la confiance aussi bien des déposants que des partenaires financiers et met en péril tout le système de la micro finance. Or, le crédit est un contrat de confiance. Et, si le non remboursement devient une exception et l’INP la norme, c’est tout l’édifice qui s’écroule… Contre ce fléau, le gouvernement procède, non seulement à la fermeture systématique des structures illégales, mais aussi poursuit sans relâche en justice leurs promoteurs. Selon lui, ces deux préoccupations appellent à une réflexion approfondie et concertée. D’où, la tenue de l’atelier pour réfléchir sur la gestion du risque de crédit et l’efficacité du recouvrement des créances des institutions de microfinance. L’objectif étant de poser un diagnostic bien clair et précis, pour identifier les causes profondes de la dégradation de la qualité du portefeuille et de l’inefficacité des dispositifs actuels de recouvrement des créances. Ceci, en vue d’aboutir à des mécanismes de recouvrement innovants pour sortir le secteur des difficultés auxquelles il fait face. Dans un environnement marqué par l’adoption, le 23 mars 2026, par l’Assemblée nationale d’une nouvelle loi portant réglementation de la microfinance, qui impose aux institutions de microfinance, des règles strictes de gouvernance, de transparence comptable, de supervision et introduit surtout des obligations renforcées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le ministre a invité les acteurs à s’approprier cette réforme majeure, pour promouvoir une inclusion financière, stimuler l’entrepreneuriat et transformer durablement les conditions de vie des populations.

Kpinzou EDJEOU

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