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Une audience publique explique les implications du projet de construction d’une cité ministérielle aux populations impactées

Les représentants du gouvernement lors de la rencontre
Une audience publique explique les implications du projet de construction d’une cité ministérielle aux populations impactées

L’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) a organisé, le mercredi 18 Mars 2026 à la présidence de l’Université de Lomé, une audience publique impliquant les représentants des différents acteurs impactés par le projet de construction d’une cité ministérielle au lieu-dit Bè-Klévé. Cette rencontre a été présidée par le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, en présence des représentants des ministères chargés de l’Administration territoriale, des Finances et du Budget, ainsi que des autorités locales.

Les parties prenantes à l’ouverture de la concertation.

L’audience publique relative au projet de construction d’une cité ministérielle à Lomé, tenue, hier à la présidence de l’Université de Lomé, traduit la volonté des autorités publiques de privilégier la transparence, la concertation et l’implication des populations dans les processus de prise de décisions concernant les projets ayant un impact sur leur cadre de vie. Elle constitue la toute dernière étape d’un processus de dialogue avec les différents acteurs impactés par ce projet, avant son démarrage imminent. Ce projet sera réalisé sur une superficie de 40 hectares, comprenant des ouvrages et bâtis disséminés sur 90 000 m². Le maître d’ouvrage est le ministère des Finances et du Budget, et le maître d’œuvre, l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE), initiatrice de cette rencontre. 

A l’ouverture, le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, a salué la présence effective des représentants de l’administration, autorités traditionnelles, partenaires institutionnels, responsables du groupe PFO Construction et surtout des communautés concernées. Il a rappelé que les projets structurants engagés dans le pays s’inscrivent dans la dynamique de transformation et de modernisation impulsée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. « Cette vision place le développement économique et l’amélioration du cadre de vie des populations au cœur de l’action publique », a-t-il fait valoir, tout en reconnaissant que la mise en œuvre de certains projets peut susciter des interrogations, voire des inquiétudes. Notamment, lorsqu’ils touchent aux questions foncières ou aux situations d’expropriation pour cause d’utilité publique, qui méritent d’être écoutées, comprises et examinées avec attention, comme c’est le cas dans le présent projet.

Le projet inclue un plan d’action de réinstallation des communautés impactées

Pour sa part, le 1er adjoint au maire de Golfe3, Nagow Madou, a remercié particulièrement les chefs coutumiers de Bè pour leur sagesse, guidance et adhésion à ce projet. « Ce projet résonne profondément avec la vision stratégique que nous portons pour la commune Golfe 3. Notre ambition est claire : d’ici 2034, la commune Golfe 3 est un pôle administratif et économique attractif, éco-responsable, résilient et innovant, où la population est épanouie », a-t-il déclaré.

Selon la présidente de la Commission d’Expropriation (COMEX) et directrice de cabinet du ministère chargé des Finances, Mme Adétou Afidényigba, et le directeur des Evaluations et des Intégrations environnementales, M. Abdel-Ganiou Soulémane, ce projet a été préalablement soumis à l’étude de l’impact social et environnemental, prévoyant un Plan d’Action de Réinstallation (PAR) des communautés impactées. Ce plan a permis d’identifier et évaluer tous leurs biens matériels et immatériels, dans un processus conduit par la préfecture du Golfe, la marie bénéficiaire et le ministère chargé des Finances, à travers la COMEX. Cette dernière audience publique avec les représentants des populations impactées vise à concilier les exigences du développement projeté sur leurs préoccupations, qui seront intégrées dans le rapport final à soumettre à l’autorité compétente. Selon ces intervenants, les candidats à l’expropriation ont été indemnisés et certains juste accompagnés, tous selon les dispositions réglementaires prévues par la législation nationale.

Le porte-parole du collectif des expropriés de Lomé II, Togbé Attivon Kodjovinyitowa Gbékou, a dit être satisfait, en ce sens que, depuis le 29 mars 1977, où leur zone a été déclarée d’utilité publique, les démarches faites par les occupants n’ont jamais abouti. Pour ce projet de construction de la cité ministérielle, il y a eu des rencontres avec les populations impactées, organisées par le ministère chargé de l’Administration territoriale et ensuite, un processus de dialogue avec le ministère des Finances et du Budget, à travers la COMEX. « Dieu merci, un consensus a été dégagé et les populations impactées ont été indemnisées ou accompagnées. Tous sont rentrés dans le processus et ont accepté. Mais, nous ne sommes pas totalement satisfaits, parce qu’on devait prendre en compte tous ceux qui ont été expropriés sur l’ensemble de la zone. Sur cette préoccupation, les autorités nous ont rassurés (…) », a-t-il indiqué.

Martial Kokou KATAKA

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