Les acteurs engagés dans la promotion de l’agroécologie et de l’agriculture biologique au Togo ont annoncé, jeudi, l’organisation de la première édition du Forum National sur l’Agroécologie et l’Agriculture Biologique (FNAAB), qui se tiendra, du 7 au 9 avril 2026 à Lomé. C’était au cours d’une conférence de presse tenue, au Centre Sichem à Kpomé, dans la préfecture de Zio. Cet événement se veut une plateforme nationale inclusive de dialogue, de partage et de mobilisation, réunissant l’ensemble des parties prenantes : institutions publiques, organisations de producteurs, secteur privé, chercheurs, collectivités territoriales et partenaires techniques et financiers.
L’agriculture demeure un pilier central de l’économie togolaise. Elle mobilise une part importante de la population active et contribue significativement à la sécurité alimentaire et aux revenus des ménages. Toutefois, le secteur fait face à des défis structurels persistants, notamment la dégradation des sols, la variabilité climatique, la dépendance aux intrants chimiques, une mécanisation non adaptée au contexte familial, ainsi qu’un accès limité aux financements et aux marchés.

Professionels des médias et autres personnalités los du lancement du forum.
Face à ces enjeux, le pays a engagé des réformes importantes. En 2021, il s’est doté d’une stratégie nationale de développement de l’agroécologie et de l’agriculture biologique, positionnant ces approches comme des solutions durables pour renforcer la résilience des systèmes agricoles et préserver les écosystèmes. Le Forum National sur l’Agroécologie et l’Agriculture Biologique (FNAAB), que Lomé s’apprête à abriter, du 7 au 9 avril prochain, a été mis en place par la Confédération Togolaise des Organisations Paysannes (CTOP), le Réseau National des Acteurs de l’Agroécologie du Togo (RéNAAT), l’Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local (OADEL) et l’Association Nationale pour l’Agriculture Biologique au Togo (ANABIO). Ceci, avec l’appui de la FAO, de l’Allemagne et de l’Union Européenne, à travers la GIZ, et sous le parrainage du ministère en charge de l’Agriculture. Axé sur le thème « L’agroécologie et l’agriculture biologique comme leviers de la transformation des systèmes alimentaires », ce forum entend faciliter l’éveil de conscience des populations locales sur les dangers croissants de la pollution de l’environnement, qui sont exacerbés par l’utilisation abusive et imprudente des produits chimiques de synthèse toxiques dans le domaine de l’agriculture.
« La transformation de notre agriculture n’est plus une option, mais une exigence structurelle. La réponse que nous portons est claire : C’est de remettre l’agroécologie et l’agriculture biologique équitable au cœur des politiques agricoles. Ces approches sont, aujourd’hui, des évidences reconnues pour leur capacité à renforcer la résilience des systèmes de production, assurer une gestion durable des ressources naturelles et optimiser les coûts de production à long terme. Elles permettent, concrètement, d’améliorer la productivité de manière durable, de restaurer la fertilité des sols et de réduire la dépendance aux intrants importés », a indiqué M. Combé Selom Anani, président du comité d’organisation.
A l’agenda des travaux, des sessions plénières, des ateliers, des tables rondes, des espaces d’exposition, des sessions parallèles pour jeunes, femmes, collectivités locales, des témoignages et partages d’expériences, etc.
En lançant ce forum, le chef division Promotion des cultures vivrières, de rente et diversification à la Direction de la Production agricole, M. Komla Martin Segoh, a souligné que l’agroécologie et l’agriculture biologique apparaissent comme des réponses structurantes, capables de concilier productivité, durabilité environnementale et bien-être des populations. Le parrainage du ministère traduit, dit-il, la ferme volonté du gouvernement de promouvoir des systèmes agricoles résilients et durables, en cohérence avec les priorités nationales de développement.
Komla GOKATSE
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