Un colloque scientifique international pluridisciplinaire consacré à la communication efficace au profit de la restauration des paysages forestiers et de la justice climatique en Afrique a ouvert ses travaux, le 7 avril 2026, au campus universitaire de Lomé. Organisée par le Centre d’Etudes et de Recherche sur les Organisations, la Communication et l’Education (CEROCE), en collaboration avec le Centre de Recherche sur le Changement Climatique (CRCC), cette rencontre de trois jours offre l’occasion d’échanger autour des stratégies innovantes pour mieux mobiliser les populations face aux défis environnementaux.
L’Université de Lomé a servi de cadre, le 7 avril 2026, à l’ouverture officielle du colloque scientifique international pluridisciplinaire sur le thème « De la communication efficace au profit de la restauration des paysages forestiers et de la justice climatique en Afrique ». L’événement, qui se tient en mode présentiel et virtuel, réunit chercheurs, enseignants, professionnels des médias et acteurs de développement autour des enjeux environnementaux majeurs du continent.
Les participants venus du Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Maroc, Niger, Sénégal, Tchad, Madagascar, Togo, de la Côte d’Ivoire et la France, vont partager leurs expériences et explorer des approches innovantes, pour renforcer l’impact des initiatives environnementales, en vue de lutter contre les effets du changement climatique. Les organisateurs entendent également créer un espace de dialogue et de partage des connaissances, tout en renforçant les synergies entre chercheurs, communicants et décideurs.
Les travaux s’articulent autour d’une soixantaine de communications repartie en ateliers thématiques, organisés selon des axes complémentaires. Le colloque prévoit également des tables rondes de haut niveau sur « La restauration des paysages forestiers (RPF) : quelles avancées et avec quelles stratégies de communication dans les pays AFR100 ? » et la « Contribution des médias à la protection de l’environnement et à la défense de la justice climatique : retour d’expériences ». Ces espaces de dialogue entre chercheurs, praticiens et décideurs sont essentiels pour faire émerger des solutions ancrées dans les réalités africaines. Ainsi, ce colloque n’est pas seulement un exercice académique. Il s’agit d’une contribution concrète à la réflexion sur des défis qui conditionnent l’avenir des sociétés, des écosystèmes et, au-delà, de l’humanité commune.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée dans une ambiance académique et conviviale, a été marquée surtout par une conférence inaugurale animée par Pr Oumar Kane, de l’Université du Québec, à Montréal, permettant de poser les bases de la réflexion autour du thème « Apport des sciences de l’information et de la communication (SIC) à la lutte contre les changements climatiques en Afrique ».
De la nécessité de renforcer les stratégies de communication
En ouvrant les travaux, la directrice du cabinet du ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Ama Dzifa Gameti, a mis l’accent sur la communication environnementale et la justice climatique, qui sont indispensables pour faire face aux défis climatiques. Face aux enjeux, elle a souligné l’urgence d’agir et la nécessité de renforcer les stratégies de communication pour accompagner les initiatives de restauration des paysages forestiers. Selon elle, « ce colloque incarne une approche intégrée et collaborative et constitue un espace de convergence entre chercheurs, praticiens et décideurs, dont notre pays a besoin ».
Evoquant les actions engagées au niveau national, Mme Gameti a mis en avant l’engagement du Togo en faveur de la restauration des écosystèmes forestiers et de la justice climatique. Le gouvernement, a-t-elle dit, en a fait une priorité nationale, en intégrant les enjeux climatiques dans ses politiques publiques et en promouvant une gestion durable des ressources naturelles.
Cet engagement se traduit également par plusieurs actions concrètes initiées sous l’impulsion du Président du Conseil. Parmi les actions clés, « le Togo s’est engagé, dans le cadre de l’initiative AFR100, à restaurer 1,4 million d’hectares de terres dégradées, d’ici 2030 ». Le pays a également renforcé son cadre juridique avec une nouvelle loi environnementale introduisant des mesures comme l’économie verte et la taxe carbone.
A l’occasion, le 1er vice-président de l’Université de Lomé, Pr Komlan Batawila, a salué l’organisation du colloque et souligné le rôle central de l’université dans la production des connaissances au service du développement durable. Il a mis en avant la nécessité d’une approche interdisciplinaire face aux défis climatiques, tout en insistant sur l’importance d’une communication efficace, pour favoriser l’appropriation des politiques environnementales par les populations.
Pr Batawila a rappelé que la justice climatique impose une attention particulière aux pays africains, fortement touchés, malgré leur faible responsabilité dans les émissions. Il a remercié les partenaires, tout en exprimant le vœu que les travaux du colloque renforcent la coopération scientifique et débouchent sur des solutions concrètes en faveur d’une Afrique plus résiliente et durable.
Patouani BATCHAMLA
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