Un atelier de validation des exigences techniques et fonctionnelles du dispositif de marquage des produits pétroliers distribués sur le territoire national s’est déroulé, le mardi 31 Mars 2026 à Lomé. Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs clés venus de différents secteurs concernés par la mise en œuvre de ce dispositif. Les travaux ont permis de présenter les objectifs du programme, les enjeux économiques, environnementaux, sécuritaires, surtout les moyens technologiques et le fonctionnement de toute la chaîne du dispositif.

Le programme de marquage des produits pétroliers distribués sur le territoire national a été lancé, en mai 2025. Pour une phase pilote, le marquage a concerné le gasoil industriel, un produit exonéré à 50 % des droits de douane et destiné exclusivement aux machines et engins mobiles non routiers. Ce programme a pour objectifs de mieux réguler ce secteur qui fait face aux importations illégales, le frelatage et le détournement de produits pétroliers subventionnés et en transit. Le marquage vise à renforcer la transparence et protéger l’économie légitime, tout en garantissant le carburant de qualité aux consommateurs et en préservant l’environnement de la pollution des produits en haute teneur de souffre.

Le dispositif de marquage de ces produits nécessite des exigences techniques et technologiques ainsi que fonctionnelles, qui ont fait l’objet d’une session de validation à Lomé. La rencontre a réuni des acteurs clés du secteur, issus des ministères en charge du Commerce, de l’Energie, de la Sécurité, de l’Environnement et des représentants de l’Office Togolais des Recettes (OTR). Au cours de la séance, le dispositif de marquage a été présenté, de même que les différentes exigences techniques et technologiques mises en place dans le processus.
Selon le président de la Commission de marquage, M. Esso-Wavana Adoyi, les exigences techniques et fonctionnelles concernent le procédé chimique utilisé, la garantie d’une sécurité du produit pétrolier à la fin du processus de marquage. Pour lui, la technologie, les appareils et les laboratoires d’analyses accréditées constituent également des éléments indispensables pour un marquage réussi et sécurisé. « Les données de marquage doivent permettre de retracer la chaîne de distribution, de l’importation ou de la production jusqu’à la vente au détail », a-t-il précisé. M. Esso-Wavana Adoyi a rappelé que les résultats de la phase pilote de marquage, qui a concerné uniquement le gasoil industriel subventionné, ont permis une augmentation des recettes fiscales de 8%, alors que les analyses ont révélé des produits dont la teneur en souffre dépasse la norme de 60 fois. Raison pour laquelle, M. Adoyi affirme que le dispositif de marquage des produits pétroliers validé n’est pas seulement un outil technique, il constitue aussi un véritable instrument de lutte contre la fraude et la contrebande. Un levier de sécurisation des recettes de l’Etat et un mécanisme de la garantie de la qualité des produits pétroliers conforme aux standards communautaires et internationaux.

De son côté, M. Balam Sosso Tchamdja, directeur de la Société d’implémentation (SICPA-Togo), a fait savoir que l’ensemble des fonctionnalités déployées permet de relever les défis de l’intégrité des produits pétroliers au Togo. Selon lui, la SICPA-Togo est résolument engagée aux côtés du gouvernement, pour apporter une réponse rigoureuse et efficace. Car le positionnement du Togo, en tant un hub logistique et de transit pour plusieurs d’autres pays, nécessite un contrôle rigoureux, depuis le point d’entrée de la chaîne de distribution jusqu’au dernier consommateur.
Il faut rappeler que le gouvernement a officiellement lancé le marquage sécurisé et obligatoire des produits, depuis septembre 2020. A ces débuts, le dispositif concernait les produits de grande consommation, notamment les eaux, boissons, cigarettes, jus. Ce dispositif, la Solution Automatisée de Marquage (SAM) utilise des vignettes sécurisées pour la traçabilité et des contrôles réguliers.
Yves T. AWI
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