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Le gouvernement présente les résultats des enquêtes des présumés cas d’enlèvement et de disparition

Les ministres lors du point d'information.
Le gouvernement présente les résultats des enquêtes des présumés cas d’enlèvement et de disparition

  • Aucun élément ne permet d’établir l’existence d’un réseau d’enlèvement

Le gouvernement a animé, le vendredi 13 Mars 2026 à Lomé, un point d’information destiné à situer l’opinion nationale sur les résultats de la commission spéciale d’enquête chargée d’examiner les informations sur les cas de disparitions et d’enlèvements relayées, ces dernières semaines sur les réseaux sociaux. La rencontre a connu la présence des ministres de la Communication, Mme Yawa Kouigan, de la Sécurité, Col. Calixte Madjoulba, du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, M. Pacôme Adjourouvi et de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Col. Hodabalo Awaté.

L’assistance à la rencontre.

Face aux informations relayées, ces dernières années semaines sur les réseaux sociaux concernant des cas d’enlèvements et de disparitions, le gouvernement a animé un point d’information, vendredi dernier au ministère de la Communication. L’exercice a permis de présenter les premiers résultats des investigations menées par la commission spéciale mise en place, pour examiner ces signalements.

Intervenant à cette occasion, le ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a rappelé que, le 13 février, le gouvernement a informé l’opinion nationale de la mise en place d’une commission spéciale d’enquête chargée d’examiner les informations récurrentes faisant état de cas d’enlèvements et de disparitions inquiétants dans le pays. Informations relayées abondamment sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, un mois après le début des travaux de la commission spéciale, il est important de faire un point d’étape transparent et documenté sur l’évolution de la situation. Les investigations ont porté sur l’ensemble des signalements recensés dans l’espace public, sur la période du 1er décembre 2025 au 28 février 2026. Au terme des travaux de la commission, les données consolidées font apparaître les éléments suivants : Au total 102 cas de disparitions jugées inquiétantes, dont un cas d’enlèvement présumé. A ce jour, 86 personnes ont été retrouvées, soit 84,31% des cas signalés. 16 personnes font encore l’objet de recherches actives et d’investigations. Parmi les personnes retrouvées, figurent notamment 63 mineurs (25 garçons et 38 filles) et 23 majeurs dont 10 femmes. Les cas restants à élucider concernent 14 majeures, 8 hommes, 6 femmes et 2 mineurs.

L’analyse géographique des signalements montre, par ailleurs, que 88 cas ont été enregistrés dans le District Autonome du Grand Lomé (DAGL). Ce qui témoigne d’une forte concentration des signalements dans la zone urbaine la plus peuplée du pays.

La vigilance est certes nécessaire, mais il n’y a aucune raison de céder à la panique

Les investigations menées révèlent que, dans leur grande majorité, les situations examinées ne relèvent pas d’actes criminels organisés. Les causes identifiées sont principalement des fugues liées à des tensions familiales, des départs volontaires, une insuffisance d’encadrement parental et certaines situations de vulnérabilité sociale ou individuelle. « A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d’établir l’existence d’un réseau d’enlèvement de personnes sur toute l’étendue du territoire national. Les services de sécurité ont renforcé les patrouilles, de jour comme de nuit, la surveillance dans certaines zones sensibles et la coordination avec les autorités locales, afin de prévenir toute situation de risque et de garantir la protection de nos populations. Le gouvernement invite la population à privilégier la saisine des services de police et de gendarmerie ou à appeler gratuitement le numéro vert 1014 disponible 24h/7J. Le gouvernement reste pleinement mobilisé pour assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. La vigilance est certes nécessaire, mais il n’y a aucune raison de céder à la panique », a souligné Col.Madjoulba

Tout est mis en œuvre pour retrouver les personnes encore recherchées

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, M. Pacôme Yawovi Adjourouvi, a indiqué que le gouvernement n’a nullement sous-estimé les inquiétudes exprimées au sein de la population. Les autorités, a-t-il souligné, ont pris la mesure des inquiétudes et ont voulu rétablir la réalité des faits avec rigueur, au lieu de réagir sous la pression des rumeurs. Selon lui, les enquêtes se poursuivent et la vigilance reste de mise, afin de prévenir toute situation inquiétante.

Le ministre a également relevé que la majorité des alertes proviennent du Grand Lomé, une zone caractérisée par une densité démographique, des tensions sociales, des expositions accrues aux influences numériques, une mobilité importante et une fragilité familiale plus visible en milieu urbain. Les réseaux sociaux ont inévitablement aggravé la situation. Tout en reconnaissant l’utilité des réseaux sociaux pour alerter l’opinion publique, le ministre Adjourouvi a rappelé qu’ils ne sauraient se substituer aux enquêtes officielles conduites par les services compétents. « Aux familles, c’est l’occasion de leur dire que leur inquiétude est entendue et respectée, mais en même temps que l’Etat est mobilisé. Chaque cas est traité avec sérieux et tout est mis en œuvre pour retrouver les personnes encore recherchées et prévenir de nouvelles situations. C’est aussi un cri à notre jeunesse, à nos familles, pour que cette jeunesse soit encore mieux encadrée, pour éviter certains doutes », a-t-il dit.

Le ministre a également rappelé que la diffusion ou la reproduction de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public est punie par la loi, notamment par les dispositions de l’article 497 du nouveau Code pénal et de l’article 153 du Code de la presse et de la communication. Les investigations se poursuivent, notamment concernant le cas d’enlèvement présumé qui fait actuellement l’objet d’enquêtes approfondies sous l’autorité judiciaire. « L’Etat ne faillera pas à une de ses missions régaliennes, qui est de protéger les citoyens, le territoire et les biens. Telle est la volonté du gouvernement de la République togolaise », a-t-il conclu.

Au-delà de sa dimension sécuritaire et judiciaire, des réalités profondes

Le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Col. Hodabalo Awaté, pour sa part, a relevé qu’au-delà de sa dimension sécuritaire et judiciaire, la situation  révèle également des réalités profondes auxquelles il faut prêter une plus grande attention. Les auditions menées, notamment auprès des mineurs concernés, a-t-il dit, mettent en lumière plusieurs facteurs préoccupants à savoir : des tensions intrafamiliales, des situations de violation domestique, l’influence croissante des réseaux sociaux, ainsi que la quête d’autonomie exprimée par certains jeunes. « Ces éléments nous interpellent collectivement et nous invitent à renforcer notre vigilance et notre responsabilité partagée. Face à ces constats, le gouvernement entend renforcer l’implication des autorités locales, des collectivités territoriales, des leaders communautaires, des chefferies traditionnelles dans les efforts de prévention. Dans cette perspective, des actions de sensibilisation seront intensifiées dans les quartiers, villages, écoles et au sein des communautés, afin de promouvoir un meilleur encadrement de la jeunesse, une vigilance collective accrue et la prévention des départs à risque. La protection de notre jeunesse et la prévention de l’équilibre de nos communautés exigent l’engagement de tous », a relevé le ministre.

La ministre de la Communication, Mme Yawa Kouigan a remercié les professionnels des médias pour leur présence et rappelé que le gouvernement travaille à protéger les citoyens, en toutes circonstances.

Mélissa BATABA

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