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La danse « Bina » célèbre l’identité culturelle des ressortissants de Baga à Lomé

Les danseurs à l'œuvre
La danse « Bina » célèbre l’identité culturelle des ressortissants de Baga à Lomé

L’Amicale des Ressortissants du canton de Baga à Lomé (ARCABAL) a organisé, samedi 14 février 2026, sur le terrain de CECO à Agoè-Nyivé, la danse « Bina ». Cette manifestation a permis aux filles et fils de cette localité de la préfecture de Doufelgou de renouer avec les sources de leurs ancêtres, tout en réaffirmant leur appartenance ethnique et culturelle. Symbole de solidarité, de ressourcement, cette danse a été une occasion de retrouvailles et de valorisation du patrimoine Nawda.

Samedi 14 février 2026, à Agoè-Nyivé, des communautés apparentées ou non ont assisté les « Batiba » dans leur danse traditionnelle « Bina ». Une manifestation traditionnelle qui marque l’apothéose des journées culturelles organisées, chaque année, par l’Amicale des Ressortissants du canton de Baga à Lomé (ARCABAL) pour se révéler au monde. Ils étaient nombreux, les filles et fils de Baga, et d’autres communautés à répondre à ce rendez-vous annuel de retrouvailles, pour remémorer, ensemble, leurs valeurs traditionnelles, tout en rendant grâce à Dieu pour ses bienfaits en leur faveur. Au cours de cette danse qui s’exécute lors des fêtes ou cérémonies importantes, l’ambiance était conviviale et bon enfant. Dans l’arène et autour de l’arène, des gens s’accoladaient, tout en se serrant la main, signe de fraternité, de cohésion et de joie de se retrouver. Autour de l’arène, où s’est créé un marché occasionnel, on s’offre volontiers une calebasse de « Dam », la boisson traditionnelle appelée « Lossomissine ».

Les techniciens du son endiablent les danseurs

Dans l’arène, c’est l’harmonie complète. L’accoutrement des danseurs est riche en symboles culturels. Les hommes étaient en « Kouyadougou », une sorte de mini-jupe confectionnée avec les cauris et perles, nouée à la hanche et en « Bora » (grelots scellés au pied qui font du bruit suivant le rythme croisé des tambours). Ils ont mis en valeur leurs talents avec d’autres danseurs. Ces derniers, castagnettes en main, cornes d’animaux sauvages et plumes d’oiseaux rares sur la tête, talc ou poudre de charbon au visage et sur le torse, avec des flûtes ou divers autres instruments de musique, se sont fait distinguer. Les initiés appelés « Sant’ba », torses nus et corps enduit d’huile de palme, ornés de gourdes spéciales, dans des mouvements bien rythmés, ont montré leur savoir-faire et maîtrise des pratiques ancestrales, protégeant femmes et enfants au milieu, grelots aux pieds et éventails en main. Avec des mouvements énergiques ou souples, selon le rythme, hommes et femmes ont rivalisé d’adresse au rythme des sonorités comme « Daga Bina, Foka Bina, Abora, Kadjaga, Kougbalinga » pour le bonheur de tous.

L’apothéose d’une série de manifestations

Pour les organisateurs de cette manifestation, ce moment essentiel ancre l’identité culturelle et favorise les échanges, offrant un sentiment de sécurité et d’appartenance.  Ce moment, à leur avis, renforce la cohésion autour de la culture, qui se perpétue ainsi.

Cadres et autres invités

Selon le président du comité d’organisation, M. Aimé Totogoum’Ba, « Bina que nous exécutons ce jour, marque l’apothéose d’une série de manifestations organisées dans le cadre des journées culturelles de l’ARCABAL. Nous avons vécu une journée de réflexion qui a réuni les jeunes autour des personnes ressources pour discuter des défis à relever dans le canton. Nous avons aussi demandé une messe d’action de grâces pour le repos en Dieu de tous les défunts, natifs de notre canton, tout en implorant la protection divine sur ceux qui sont en vie. Par ailleurs, en termes d’art culinaire, nous avons voulu montrer la particularité des mets nawda, quand on sait que le haricot reste l’ingrédient incontournable dans toutes nos sauces ». Il explique qu’outre ces aspects culturels, les journées culturelles de l’ARCABAL permettent aux Batiba d’offrir aux invités ce qu’ils ont de mieux et d’authentique chez eux : d’abord le Nawd-dam, la boisson locale avec son goût particulier, le Bèbèdgou, une sorte de pizza faite à base de haricot, les variétés de sauces, ainsi que le fameux « Atara », qui est la viande de pintade ou de poulet braisé à l’huile rouge, réservée aux hôtes de marque dans la communauté nawda.

A 18 heures, quand les batteurs ont basculé sur le fameux « Kougbanlinga », c’est des cris de joie teintés de nostalgie de voir ce beau moment se fermer jusqu’à l’édition prochaine.

Y. M. T.

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