Des experts de la Commission mixte de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) évaluent à Lomé, à l’initiative du Parlement de la CEDEAO, la pertinence et l’adéquation des programmes d’études dans les systèmes éducatifs nationaux, ainsi que dans le domaine de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, au regard des secteurs clés de croissance. Il s’agit de proposer l’harmonisation des cadres et normes de certification dans les Etats membres, pour faciliter la reconnaissance mutuelle des diplômes, la mobilité de la main-d’œuvre et l’intégration régionale. Cette rencontre, ouverte au nom du président de l’Assemblée nationale togolaise par l’honorable Mémounatou Ibrahima, est axée sur le thème « Renforcer l’alignement des programmes d’enseignement sur les besoins socio-économiques de la région de la CEDEAO ».
Représentants de la Commission mixte de la CEDEAO en charge de l’éducation, des sciences et de la culture, acteurs nationaux du monde universitaire, industriel et du secteur privé, représentants du PNUD, de la BAD, jeunes, étudiants, société civile, partenaires au développement, ainsi que chefs traditionnels prennent part, depuis hier, à une rencontre destinée à encourager la formation continue et les programmes de reconversion professionnelle, permettant aux travailleurs de s’adapter aux évolutions technologiques et aux besoins économiques régionaux. Pendant cinq jours, ils vont travailler à renforcer l’intégration de l’Enseignement technique et la formation professionnelle dans les systèmes éducatifs nationaux, afin d’améliorer l’employabilité, la productivité et les opportunités de travail indépendant et mûrir des réflexions pour la transition vers des programmes d’études axés sur les compétences, en mettant l’accent sur l’innovation, la résolution des problèmes, la pensée critique et l’adaptabilité aux mutations du marché du travail. La rencontre permettra de prendre des décisions visant à promouvoir l’éducation à l’entrepreneuriat à tous les niveaux, en dotant les apprenants de compétences en gestion d’entreprise, financière et en innovation, afin de stimuler la création d’emplois et de soutenir les petites et moyennes entreprises. Car face aux défis structurels récurrents, tels que le chômage endémique des jeunes, le sous-emploi, l’inadéquation des compétences avec les besoins de l’emploi, la pauvreté et une diversification industrielle encore embryonnaire, il est urgent d’agir.
« Les temps changent, les sociétés évoluent et l’adéquation entre emploi-formation, compétences et besoins du marché demeurent un défi stratégique dans la région. Cette rencontre témoigne donc de l’engagement des parlementaires de la CEDEAO envers un idéal fondamental qui déterminera l’avenir de notre communauté. Il ne s’agit pas seulement d’un engagement, mais d’un investissement économique, intellectuel, transformationnel et de modernisation adaptée aux réalités et aux besoins du secteur éducatif », a indiqué l’honrable Soklingbé Sénou, chef de la délégation togolaise au Parlement de la CEDEAO.
Des propos corroborés par d’autres intervenants, notamment le ministre de l’Education nationale, M. Mama Omorou et l’honorable Kweku Hagan George, président du comité en charge de l’Education, la Science et la Culture au Parlement de la CEDEAO. Ils soutiennent qu’il est essentiel de combler le fossé entre les contenus enseignés et les compétences requises par les employeurs, afin d’améliorer la création d’emplois, d’accroître la productivité et de garantir un développement durable dans l’espace communautaire. « Il s’agit d’évaluer la pertinence des programmes d’études, du primaire au supérieur, tout en renforçant l’enseignement technique et professionnel pour améliorer l’employabilité et encourager le travail indépendant. Ces initiatives soutiennent également des approches pédagogiques axées sur la résolution de problèmes et la pensée critique, avec à la clé, l’harmonisation des normes de certification au sein de la CEDEAO », a fait observer le ministre Omorou.
Espace de discussion et point de départ d’actions concrètes
En ouvrant cet espace d’échange, l’honorable Mémounatou Ibrahima, présidente du Parlement de la CEDEAO, a relevé que renforcer l’alignement des programmes éducatifs sur les besoins socio-économiques de la région de la CEDEAO, est d’une actualité brûlante et invite à repenser les systèmes éducatifs face aux évolutions technologiques, à l’inadéquation des compétences au marché de l’emploi et à la diversification industrielle naissante. Selon elle, le thème est un appel à l’action et exhorte à transformer la richesse démographique en un levier pour bâtir un avenir prospère. Cela passe par une refonte des programmes éducatifs, afin qu’ils répondent aux aspirations des peuples et aux besoins des économies. « L’éducation n’est plus seulement un outil de transmission de connaissances, elle est le fondement de notre souveraineté intellectuelle, économique et sociale. Nos nations ne pourront atteindre une émergence durable,sans un capital humain qualifié. Car désormais, l’éducation constitue un levier stratégique pour notre souveraineté intellectuelle, économique et sociale. Sans un capital humain qualifié, nos nations ne pourront atteindre une émergence durable », a-t-elle fait valoir. Elle a laissé entendre qu’aligner les programmes éducatifs sur les réalités socio-économiques implique d’anticiper les besoins en compétences, de promouvoir l’innovation et l’adaptabilité, et de renforcer l’enseignement technique et professionnel. A son avis, au Togo, des réformes ambitieuses traduisent ces principes en actes, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Sa vision transformatrice et modernisatrice de l’éducation nationale a permis de jeter les bases d’un système éducatif résolument tourné vers l’avenir. Grâce à son leadership, les acteurs en charge de l’éducation ont misé sur des collaborations fructueuses entre les institutions éducatives et le secteur privé, promouvant ainsi une éducation à l’entrepreneuriat et un investissement accru dans la formation continue, pour répondre aux défis du marché de l’emploi. L’honorable Ibrahima a conclu, en appelant tous les acteurs impliqués à unir leurs énergies positives, pour formuler des recommandations stratégiques et réalistes.
Yankolina M. TINGAENA
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