- Avec un score de 79,33 sur 100, le pays est classé 2è en Afrique
Le rapport « Women Business and Law / Les Femmes, l’Entreprise et le Droit », édition 2026, du Groupe de la Banque Mondiale, a été officiellement lancé, vendredi à l’hôtel 2 Février à Lomé. Cette cérémonie qui fait suite à la publication de ce rapport par l’Institution de Bretton Woods, le 24 février dernier à Washington, a été présidée par la ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, gouverneur de la Banque Mondiale pour le Togo. La rencontre a permis de mettre en lumière les progrès du pays en matière de protection des droits et de l’autonomisation économique des femmes. C’était en présence des membres du gouvernement, des autorités administratives, partenaires techniques et financiers, ainsi que d’un public majoritairement composé de femmes et de filles.

La ministre Johnson (milieu) a présidé la cérémonie de lancement.
Le gouvernement togolais a lancé, vendredi à Lomé, le rapport « Women, Business and the Law/ Les Femmes, l’Entreprise et le Droit », édition 2026, du Groupe de la Banque Mondiale, confirmant les avancées du pays, en matière d’égalité de genre. Cette cérémonie, organisée à l’hôtel 2 Février, a été l’occasion pour la Banque Mondiale de confirmer publiquement la performance du Togo. Le document présente l’évaluation actualisée des cadres juridiques et institutionnels relatifs aux droits économiques des femmes dans 190 économies à travers le monde.
Selon le rapport, le Togo se hisse à la 2e place en Afrique sur 54 Etats, avec un score de 79,3% pour le cadre juridique, derrière l’Île Maurice et devant la Côte d’Ivoire. La nouvelle approche méthodologique de l’évaluation prend en compte, non seulement les textes de loi, mais aussi les dispositifs d’accompagnement et leur application effective. Sur le plan juridique, le Togo affiche une performance supérieure aux moyennes régionale et mondiale, traduisant un environnement globalement favorable à la participation des femmes à la vie économique. Il faut souligner également que l’édition 2026 du cadre Women Business and Law (WBL) introduit une évolution méthodologique majeure. En plus des lois en vigueur, c’est-à-dire des cadres juridiques (égalité formelle consacrée par la loi), le rapport évalue également les cadres de soutien (politiques publiques et institutions facilitant l’application des droits) et les perceptions d’application (effectivité réelle des droits dans la pratique).
Une performance remarquable au niveau africain
Le pays se distingue notamment par des scores parfaits dans plusieurs domaines, dont la rémunération, le mariage, les actifs et les pensions. Il enregistre également des résultats supérieurs à la moyenne d’Afrique subsaharienne en matière de parentalité et d’entrepreneuriat. En matière de mobilité, le cadre juridique est favorable (75/100) et l’effectivité des droits est jugée satisfaisante (68,75/100).

L’assistance à la présentation du rapport.
Parmi les avancées relevées figurent la protection contre le licenciement pendant la grossesse, la prise en charge du congé maternité, l’accès au crédit sans discrimination de genre ou encore la reconnaissance du travail domestique non rémunéré. Le Togo fait par ailleurs partie des rares pays africains à prévoir des modalités de travail flexibles, favorisant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Malgré ces performances, le rapport met en évidence des défis persistants, notamment en matière de renforcement des dispositifs d’appui institutionnels, de garde d’enfants, de sécurité des femmes et d’accès aux services essentiels. L’enjeu majeur reste l’effectivité des droits, avec la nécessité de réduire l’écart entre les dispositions légales et leur mise en œuvre concrète.
Des marges de progression à consolider
Dans son allocution, la ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil et gouverneur de la Banque Mondiale pour le Togo, Sandra Ablamba Johnson, a salué une performance qui, selon elle, reflète la solidité du cadre juridique togolais et l’impact des réformes engagées, ces dernières années. Selon elle, « le premier facteur est la volonté politique affirmée au plus haut niveau, celle du Président du Conseil, qui a fait de l’égalité du genre, une de ses priorités ».

Les jeunes filles, piliers de demain.
A cet effet, elle a rendu hommage au leadership du Président du Conseil dansla conduite de la mise en œuvre des réformes et à son engagement indéfectible à faire des femmes togolaises des actrices à part entière de la vie économique, politique et sociale du pays. La ministre Johnson a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre les efforts en faveur de l’égalité de genre, mettant en avant des initiatives telles que le programme SWEED, destiné à renforcer l’autonomisation économique des femmes et des jeunes filles. Elle a remercié les acteurs de développement et les partenaires techniques et financiers, en particulier le Groupe de la Banque Mondiale, pour son appui constant dans la mise en œuvre des réformes et actions de développement économique et social, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à consolider ces acquis. « Ces résultats ne doivent pas nous amener à rester dans l’autosatisfaction. Nous devons poursuivre la dynamique des réformes » a-t-elle précisé. Dans ce sens, elle a invité les acteurs nationaux à utiliser ce rapport comme un outil stratégique, pour poursuivre les progrès vers une croissance inclusive et durable.
Intensifier les efforts pour garantir l’application effective des droits
De son côté, le Représentant-résident de la Banque Mondiale, Tony Verheijen, a salué des avancées qu’il attribue à des réformes législatives soutenues. Tout en félicitant les autorités togolaises, il a insisté sur la nécessité de traduire ces progrès en améliorations concrètes dans la vie des femmes.
Il a notamment appelé à intensifier les efforts pour garantir l’application effective des droits et à renforcer les investissements dans les infrastructures sociales et les mécanismes d’accompagnement, afin de réduire l’écart entre les textes et la réalité.
Patouani BATCHAMLA
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