La 2e édition du Forum d’Investissement de la CEDEAO se tiendra les 7 et 8 avril 2027à Lomé
Lomé va abriter, les 7 et 8 avril 2027, la 2e édition du Forum d’Investissement de la CEDEAO (FIC 2027) sur le thème « Résilience et transformation : faire face à l’incertitude mondiale et favoriser une croissance inclusive dans la sous-région ouest-africaine ». Ce forum offrira l’occasion de présenter des projets prêts à accueillir des investissements, de renforcer les partenariats public-privé et de faciliter un dialogue constructif entre décideurs politiques et investisseurs.
L’annonce a été faite, hier à l’Hôtel 2 Février, lors de la cérémonie de lancement médiatique organisée par la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC). La cérémonie a été présidée par le ministre guinéen de la Planification et de la Coopération internationale et président du Conseil des gouverneurs de la BIDC, Ismaël Nabé.

Les participants à l’issue de la cérémonie de lancement
Produire, innover, transformer et créer des emplois malgré les chocs : c’est l’ambition du Forum d’Investissement de la CEDEAO (FIC 2027) que s’apprête à accueillir le Togo, dans sept mois. Plus de 1 000 participants, 200 acteurs de développement et dirigeants issus de 15 pays sont attendus autour d’un portefeuille de 40 projets et programmes, avec des masterclass, des rencontres de haut niveau et des deal rooms dédiés.
Derrière ces chiffres, il s’agit de faire de ce forum un marché de projets, de capitaux, d’idées et de partenariats, de présenter des projets suffisamment mûrs pour rencontrer le capital et de créer les conditions permettant aux investisseurs de prendre des décisions. Pour les organisateurs, le FIC 2027 ne sera pas un forum de plus. Il sera un espace où la vision rencontre le capital et où les ambitions rencontrent l’exécution. Il permettra d’analyser les dynamiques socioéconomiques qui affectent la sous-région et de proposer des solutions pratiques aux défis actuels.
S’adressant aux investisseurs, le président du Conseil des gouverneurs de la BIDC, le ministre Ismaël Nabé de la Guinée, a indiqué que l’Afrique de l’Ouest n’est pas seulement un marché de demain, mais un marché d’investissement d’aujourd’hui.
« Notre région possède des fondamentaux exceptionnels, des ressources naturelles considérables, une population jeune, des marchés en croissance, un potentiel agricole immense, des ressources énergétiques importantes et une position géographique stratégique. Au FIC 2027, nous voulons passer d’une logique de présentation à une logique de transaction, d’une logique de promesse à une logique de performance. C’est pourquoi, nous mettons au cœur de ce forum des projets concrets, des rencontres ciblées et des mécanismes permettant de rapprocher directement les porteurs de projets des capitaux », a-t-il lancé. Selon lui, l’ambition est simple : que chaque investisseur qui arrive à Lomé reparte avec des opportunités identifiées et des interlocuteurs engagés, et lorsque les conditions sont réunies, avec des partenaires.
La résilience comme préalable à la croissance
Pour sa part, la représentante du ministre des Finances et du Budget, Mme Akou Mawussé Afidenyigba, a déclaré que les chocs mondiaux récents ont mis en évidence l’importance de bâtir des économies capables de résister aux perturbations externes liées à la volatilité des prix des matières premières, aux pressions inflationnistes, aux phénomènes climatiques ou aux fluctuations des chaînes d’approvisionnement.
« La résilience passera par le renforcement de la stabilité macroéconomique, l’intensification de la mobilisation des ressources nationales, l’amélioration de la sécurité alimentaire et énergétique et la promotion des structures productives plus diversifiées. Elle implique également la mise en place de systèmes financiers plus solides, capables de mobiliser des capitaux à long terme. Les gouvernements, les banques centrales, les institutions de financement du développement et le secteur privé doivent œuvrer de concert pour instaurer un environnement qui inspire confiance et encourage l’investissement. Les investisseurs recherchent la crédibilité, la transparence, la cohérence des politiques et des institutions solides. Ce ne sont pas simplement des objectifs de gouvernance. Ce sont des conditions préalables essentielles à une croissance économique durable », a-t-elle dit.
La guerre au Moyen-Orient a modifié les perspectives de croissance
Pour le président de la BIDC, Dr George Agyekum Donkor, le lancement de cette édition intervient à un moment où le monde est marqué par des tensions géopolitiques et une volatilité financière qui ont fragilisé certains progrès réalisés par plusieurs Etats membres. « L’Afrique de l’Ouest a enregistré une croissance du PIB de 4,8 % en 2025, contre 4,7 % en 2024, tandis que l’inflation moyenne s’est réduite de près de 9 %. Le solde du compte courant est resté excédentaire, passant de 0,3 % du PIB en 2024 à 1,8 % en 2025. Tous les indicateurs allaient dans la bonne direction, créant les conditions nécessaires à une consolidation en 2026. Cependant, la guerre au Moyen-Orient a modifié les perspectives. La hausse des prix de l’énergie et des engrais exerce une pression sur les prix à la consommation et entraîne une diminution rapide des réserves, avec des conséquences potentielles sur la stabilité monétaire », a-t-il relevé.
De son point de vue, le thème du FIC 2027 est particulièrement pertinent. Car orienté vers la recherche de solutions.
A noter que des membres du corps diplomatique, des dirigeants d’institutions financières, des investisseurs, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé ont assisté à cette cérémonie de lancement.
Faustin LAGBAI