Hommages à Kléber dadjo : Un ouvrage réhabilite la mémoire du 1er officier et ancien président du Togo
L’ouvrage intitulé : « Le soldat Kléber Dadjo », premier officier de l’armée et président de la République (1933-1967) écrit par Dr Evalo Wiyao, en hommage à l’ancien président Kléber Bawaina Dadjo a été dédicacé le jeudi 6 août 2026, à l’Auditorium du campus universitaire de Lomé. Il retrace le parcours exceptionnel de Kléber Dadjo, une figure fondatrice de l’armée et de l’État togolais et tout ceci sur une période allant de 1933 à 1967. Cette cérémonie constitue le premier acte d’un hommage qui sera rendu à cette illustre personnalité le 12 août 2026, dans son village natal à Siou, dans la préfecture de Doufelgou. La rédaction de cet ouvrage s’inscrit dans le cadre de la mission du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) mettant en œuvre les recommandations du programme de réparations élaboré par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).

L’auteur de l’ouvrage, Dr Evalo Wiyao
Se souvenir de ceux ou celles qui ont marqué l’histoire du Togo par leur engagement au service de l’Etat, en particulier le col Kléber Dadjo, président du Comité de Réconciliation National et chef de l’Etat du 13 janvier au 13 avril 1967, un homme dont le parcours et l’héritage continuent d’interpeler les générations présentes et futures.
C’est l’objectif de l’ouvrage « Le soldat Kléber Dadjo », premier officier de l’armée et Président de la République (1933-1967) du Dr Evalo Wiyao, Enseignant-chercheur, journaliste et 1er rapporteur du HCRRUN. Ce document de 156 pages, dédicacé le 6 août 2026, comporte deux grandes parties : « Kléber Dadjo sous le drapeau français : le symbole de la témérité (1933-1962) » et « Kléber Dadjo : l’officier supérieur et le président de la République (1er avril 1961-13 avril 1967) ».
Structurée en deux mouvements, la première partie laisse découvrir l’engagement du soldat dans l’armée français jusqu’à devenir le commandant de la Garde togolaise. Kléber Dadjo : soldat de rang jusqu’au grade de sous-officier supérieur (1er mai 1933 au 1er juillet 1948). D’abord, on retient des développements du Dr Evalo Wiyao que Kléber Dadjo, qui naquit le 12 août 1914 à Atakpamé d’un fonctionnaire de police (Gardes-cercles) et d’une mère ménagère, s’est engagé dans l’armée française comme milicien à 19 ans le 1er mai 1933, à travers la signature d’un contrat d’engagement volontaire. Il évolue jusqu’au sous-lieutenant le 1er juillet 1947. Kléber Dadjo : officier de l’armée française et commandant de la Garde togolaise (1er juillet 1947-1er avril 1961).
Devenu officier de l’armée française, le sous-lieutenant Kléber Dadjo continua à imposer son image de soldat d’élite en affichant, à chaque occasion, son bravoure, courage et détermination. Du Dahomey, le vaillant et courageux officier fut déployé à deux reprises dans l’Extrême Orient.
Le premier officier togolais revint au bercail à un moment crucial de l’avenir politique du Togo. Il joua un rôle déterminant dans le processus politique au Togo. Ayant joué un rôle important dans l’organisation du référendum du 28 octobre 1956, le lieutenant Kléber Dadjo fut promu capitaine le 1er avril 1957 et fut mis à la disposition de la Garde togolaise à la demande du Premier ministre Nicolas Grunitzky. A peine transféré aux Forces armées togolaises (FAT) le capitaine Dadjo a été élevé, le 28 mars 1961 au grade de chef de Bataillon à compter du 1er avril 1961.

Le parcours politique de l’homme
Construite également autour de deux axes, la deuxième partie revient sur les valeurs qu’incarnait le commandant de la Garde togolaise et son rôle politique en tant que Président de la République. Le transfert du capitaine Kléber Dadjo aux FAT coïncida avec une aggravation des règlements de comptes et de la vengeance du gouvernement de Sylvanus Olympio contre l’opposition progressiste regroupée au sein de l’Union Démocratique des Populations Togolaises (UDPT) dirigée par l’ancien premier ministre, Nicolas Grunitzky et Antoine Méatchi, le leader l’Union des Chefs et Populations du Nord (UCPN).
Dans cet environnement, le commandant Kléber Dadjo est chargé d’assurer la sécurité intérieure du Togo, particulièrement celle du Président de la République et le maintien d’ordre. Cependant, l’auteur démontre que certaines situations conjoncturelles ne favorisèrent guère lesdites missions, très importantes pour le nouvel Etat, le Togo. Promu au grade de lieutenant-colonel le 1er octobre 1963, il fit son entrée à la présidence de la République comme chef du cabinet militaire le 1er avril 1964.
Le 13 janvier 1967, Kléber Dadjo arborait déjà le grade de colonel qu’il obtint le 1er octobre 1965. Etant depuis lors, le plus gradé de l’armée togolaise, le choix fut porté sur sa personne pour diriger la transition ouverte avec le départ de Nicolas Grunitzky, le 13 janvier 1967. Le 14 avril 1967, le Président du CNR procéda en douceur à la passation du pouvoir au lieutenant-colonel Etienne Gnassingbé, alors chef d’Etat-Major des FAT. Le 1er mai 1969, le vaillant guerrier, l’officié loyal, le président consensuel fut admis à la retraite.
Un ouvrage scientifique de référence
Pour le présentateur, Pr Bakayota Koffi Kpayé, l’ouvrage du Dr Wiyao a une double portée. D’abord historique, en ce qu’il documente une période charnière (1933-1967) avec des archives, témoignages et faits peu connus sur l’un des bâtisseurs de l’armée togolaise et de l’Etat togolais. Ensuite éducative, en ce qu’il propose Kléber Dadjo comme modèle de discipline, de patriotisme et de sens de l’État. « “Soldat” dans le titre rappelle qu’il s’est toujours vu d’abord comme servant la nation, pas comme un politicien. C’est un ouvrage qui montre le parcours d’une figure emblématique et majeure de l’histoire politique et militaire de notre pays. L’ouvrage du Dr Wiyao met en lumière véritablement le personnage, encore mieux la personnalité politique et militaire de Kléber Dadjo », déclare-t-il.
Pour l’auteur, Dr Evalo Wiyao, ce travail s’inscrit dans la dynamique de la mise en œuvre des recommandations du programme de réparations élaboré par la CVJR, notamment en ce qui concerne la réhabilitation des lieux patrimoniaux. Mais également dans le cadre des hommages qui sont en train d’être préparés en l’honneur du Colonel Kléber Dadjo. « L’objectif poursuivi aussi est de mettre à la disposition du monde universitaire un ouvrage scientifique de référence qui pourra permettre qu’à l’avenir, nos programmes d’enseignement d’histoire prennent cela en compte en utilisant cet outil qui est éducatif », a-t-il indiqué.
Faustin LAGBAI