Gestion des risques chimiques : Les acteurs examinent et valident les modules de sensibilisation spécifiques

Un atelier de validation des outils et contenus de sensibilisation sur les risques liés à l’utilisation des produits chimiques s’est tenu, du 27 au 29 octobre 2026, à l’Université de Lomé, à l’initiative du ministère en charge de l’Environnement. Durant trois jours, experts de l’environnement, industriels et cadres ministériels ont planché sur deux enjeux majeurs : le renforcement de la sécurité face aux agents chimiques dangereux et la mise en œuvre d’un mécanisme de recouvrement des coûts liés à ces risques.

L’usage grandissant des substances chimiques dans l’agriculture, l’industrie et l’artisanat au Togo expose de plus en plus les populations et les écosystèmes à des menaces sanitaires et environnementales. Face à ce constat, le ministère en charge de l’Environnement a organisé, du 27 au 29 octobre à l’Université de Lomé, un atelier de validation des thèmes de sensibilisation, de leurs contenus, ainsi que des différents outils proposés.

Durant trois jours, les participants ont examiné et validé des modules de sensibilisation spécifiques intégrant la lecture des fiches de données de sécurité et le décodage des pictogrammes de danger. Plusieurs thèmes ont été développés, entre autres : « Identification des produits chimiques et leurs effets sur la santé et l’environnement », « Utilisation sécurisée des produits chimiques à domicile », « Gestion sécurisée des pesticides chimiques et autres intrants agricoles », « Stockage et transport sécurisés des produits chimiques » et « Manipulations sécurisées des produits chimiques ».

 L’objectif est de définir les thèmes de sensibilisation en matière de risques liés aux produits chimiques. Spécifiquement, il s’est agi de valider les différents outils proposés et de développer les contenus des thèmes retenus. Selon les organisateurs, le grand volet novateur de cette rencontre est la conceptualisation du mécanisme de recouvrement des coûts. S’inscrivant dans la droite ligne de la transition écologique, ce dispositif repose sur le principe de la responsabilité élargie et du pollueur-payeur. Il vise à faire supporter aux importateurs, distributeurs et grands utilisateurs de produits chimiques les frais inhérents à la surveillance environnementale, à la gestion des déchets dangereux, ainsi qu’à la prise en charge des incidents industriels ou de la pollution des sols et des eaux.

Vers un renforcement du cadre juridique et opérationnel

A l’occasion, Mme Yao Mery, inspectrice de l’Environnement, a salué la qualité des travaux et l’implication des parties prenantes. Elle a souligné que la validation de ces outils marque une étape importante pour le renforcement du cadre juridique et opérationnel de la sécurité chimique au Togo. Pour elle, les modules validés serviront, dès les prochains jours, de socle pour des campagnes de certification et de formation professionnelle d’envergure nationale.

Pour M. Soulemane Abdel Ganiou, directeur de l’Environnement, un produit chimique est une substance que l’on utilise souvent pour résoudre un certain nombre de problèmes. Il est fabriqué pour servir à beaucoup d’usages dans la vie quotidienne.

A son avis, certains produits sont très dangereux et altèrent les écosystèmes, portant préjudice à la santé humaine. « Il y a, aujourd’hui, certains produits qui survivent dans la nature pendant des centaines d’années et peuvent provoquer des cancers, des irritations et beaucoup de maladies que nous ne maîtrisons pas. La première veille, c’est de faire en sorte que la population connaisse exactement les produits qu’elle utilise, le niveau de dangerosité de ces produits et leurs effets sur les écosystèmes. Il va falloir que le citoyen soit sensibilisé sur les différents enjeux liés à l’utilisation des produits chimiques. Il faut aussi lui expliquer qu’il y a les moyens dont il dispose pour éviter le pire en cas de danger », a-t-il indiqué.

De l’avis de M. Amégadzé Kokou, directeur exécutif de l’ONG Les Amis de la Terre, l’utilisation des produits chimiques comporte beaucoup de dangers et il est nécessaire de mettre l’accent sur la sensibilisation du public. « Nous avons conçu des messages variés par rapport aux différentes cibles. Il y a eu un atelier préparatoire qui a essayé d’identifier les groupes cibles, les thématiques de sensibilisation, les canaux de communication et les messages. Les risques liés à l’utilisation des produits chimiques sont d’ordre sanitaire et environnemental », a-t-il souligné.

Au terme des travaux, les acteurs ont formulé trois recommandations. Il s’agit d’ajouter les définitions importantes, notamment celles relatives aux « produits chimiques » et autres concepts clés dans le projet de décret en cours d’élaboration. Il faut aussi mobiliser les ressources additionnelles pour mettre en œuvre le mécanisme et sensibiliser les acteurs. Mais également, opérationnaliser les outils de sensibilisation et de communication, au plus tard le 30 novembre 2026.

Firmin DEFALEONA

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