L’auditorium de l’Université de Lomé sert de cadre, depuis le 9 avril 2026, et ce jusqu’au 10 avril 2026, à un colloque international sur le thème « Genre et développement : mythe ou réalité ?». La rencontre, une initiative du Réseau des Femmes de l’Enseignement Supérieur du Togo (ReFEST), réunit chercheurs, experts, praticiens, étudiants et acteurs de la société civile autour d’un dialogue constructif sur la place réelle du genre dans le processus de développement en ce 21e siècle.
Depuis la conférence de Pékin, en 1995, jusqu’aux Objectifs de Développement Durable (ODD), l’égalité des sexes est promue comme un levier essentiel de progrès économique, social et politique. L’égalité de genre est devenue un droit humain fondamental inscrit dans les traités contraignants en la matière, ainsi qu’un objectif en faveur duquel les gouvernements et les organisations internationales se sont engagées. Pourtant, un écart persiste entre les discours et les réalités vécues par les nombreuses sociétés, en particulier dans les pays du Sud.

Vue partielle des participants au colloque
Les inégalités de genre continuent de structurer les sociétés, limitant l’accès équitable aux ressources, aux opportunités et à la prise de décisions. Dès lors, l’intégration du genre dans les processus de développement apparaît comme une dynamique en construction, nécessitant des efforts soutenus pour atteindre une réelle équité.
C’est dans cette perspective que le Réseau des Femmes de l’Enseignement Supérieur du Togo (ReFEST) organise un colloque scientifique international sur le thème « Genre et développement : mythe ou réalité ? ».
La rencontre ambitionne d’offrir un espace de réflexion critique et pluridisciplinaire sur la place du genre dans les dynamiques contemporaines de développement. Elle vise à croiser analyses théoriques, données empiriques, expériences de terrain et engagements militants, afin d’interroger la réalité de l’intégration du genre dans les politiques et pratiques de développement.
Il s’agit, plus spécifiquement, d’explorer les mécanismes par lesquels les inégalités de genre influent sur les processus de développement, notamment l’accès aux ressources, à la santé, à l’éducation et à la participation à la vie politique et économique, de contribuer à la déconstruction des stéréotypes et mythes autour du genre, de favoriser la réflexion sur les méthodologies scientifiques qui intègrent la dimension genre et les biais liés au genre dans la production des savoirs, etc. Pour ce faire, les travaux s’articuleront autour de cinq axes majeurs : « Genre et développement : état des lieux et perspectives », « Femmes et carrières : défis et résiliences », « Genre, équité et développement », « Genre, littératures et développement » et « Récits de femmes/biographies et autobiographies méconnues ».
Réfléchir sur la place réelle des femmes dans le processus de développement
A cette occasion, le directeur de cabinet du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Dr Ama Dzifa Gameti, a relevé que dans la vision du Président du Conseil, la question du genre est une priorité nationale. Le thème de la rencontre, a-t-elle dit, invite à réfléchir sur la place réelle des femmes dans le processus de développement. Dans de nombreuses sociétés, des progrès indéniables sont observés, mais il reste encore beaucoup à faire, pour parvenir à une véritable égalité des chances, un accès équitable aux opportunités et à une pleine et entière reconnaissance des droits des femmes, a-t-elle dit.
C’est pourquoi, elle a salué cette initiative du ReFEST, qui témoigne d’une volonté de changement à soutenir par l’ensemble des acteurs de la société académique. Mme Gameti a rappelé que le ReFEST a été créé, en 2019, conscient que plus on est organisé, plus on impacte. Elle a donc encouragé les femmes à plus d’audace, car la transformation commence par la parole, par l’éducation et par l’engagement personnel de chacun. « Durant trois jours, vous partagerez vos expériences. Ce sera également l’occasion de remettre en question les idées reçues et de renouveler notre engagement collectif, des femmes comme des hommes, pour la cause d’une justice sociale et d’un développement durable. Je peux vous assurer que le gouvernement, pour sa part, ne ménagera aucun effort pour soutenir toutes les initiatives visant à promouvoir l’égalité des sexes et à créer un environnement propice à la pleine réalisation du potentiel de toutes les femmes et de toutes les filles d’ici. Prenons donc l’engagement d’œuvrer ensemble pour que le genre ne soit plus un mythe, mais une réalité tangible dans notre cheminement vers un avenir plus équitable et prospère », a-t-elle souligné.
Le vice-président de l’UL, Pr Komlan Batawila, et la présidente du ReFEST, Dr Agnélé Lassey, ont rappelé que la réussite et le développement résident dans la capacité des sociétés à former les jeunes filles comme garçons avec des valeurs d’égalité et de respect mutuel.
Mélissa BATABA
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