Un atelier de renforcement des capacités des responsables d’Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES) sur les bonnes pratiques de gestion académique s’est tenu, le 30 mars 2026, à l’Université de Lomé. La rencontre, une initiative du ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a permis de renforcer les compétences des participants, afin d’améliorer la qualité de la formation. C’est le ministre de l’Education nationale, M. Mama Omorou, qui a ouvert les travaux, en présence du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Gado Tchangbédji, et de diverses autres personnalités.

Photo de famille à l’issue de la cérémonie d’ouverture.
L’enseignement supérieur occupe une place centrale dans le développement socio-économique d’un pays, à travers la formation de ressources humaines qualifiées et compétentes. Dans cette dynamique, les Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES) contribuent, de manière significative, à l’offre de formation et à l’amélioration de l’accès à l’enseignement supérieur. Toutefois, la gestion académique et administrative de ces établissements doit se conformer aux normes et exigences fixées par le ministère en charge de tutelle, afin de garantir la qualité des formations dispensées, la crédibilité et la reconnaissance des diplômes délivrés.
Afin de remédier aux insuffisances constatées, le ministère a organisé, lundi 30 mars 2026, à Lomé, un atelier de renforcement de capacités des responsables des EPES sur les bonnes pratiques de gestion académique. La rencontre a permis de présenter les dysfonctionnements académiques constatés dans les EPES, de partager les bonnes pratiques relatives à l’organisation des formations et à la gestion des parcours académiques. Il a été également question de présenter le processus d’harmonisation des curricula de formation et l’état de sa mise en œuvre, avec pour finalité de formuler des recommandations, pour améliorer la gouvernance académique dans les établissements privés.
Risques de dilution de la qualité et de la perte de crédibilité
A cette occasion, le ministre de l’Education nationale, M. Mama Omorou, a souligné l’importance stratégique de cette rencontre, qui témoigne de l’intérêt accordé à la qualité et à la crédibilité du système d’enseignement supérieur. Il a salué l’engagement des acteurs du secteur, tout en rappelant que l’essor du privé, bien que bénéfique pour l’élargissement de l’offre de formation, comporte des risques de dilution de la qualité et de la perte de crédibilité.
Le ministre a relevé que déjà, en 2005, le Conseil des ministres de l’enseignement supérieur des Etats membres du CAMES s’était félicité de l’apport du secteur privé dans les offres de formation, autorisant son institutionnalisation, tout en réaffirmant la volonté d’y établir un dispositif d’assurance qualité. Il a reconnu à ce titre que les établissements privés d’enseignement supérieur se présentent comme des partenaires incontournables de l’Etat dans la mise en œuvre de la politique nationale d’éducation et dans la réponse aux besoins toujours plus importants d’accès à l’enseignement supérieur.
Toutefois, ce dynamisme appelle à une vigilance accrue de la part de l’ensemble des acteurs, car là où l’offre se multiplie, le risque de désalignement des standards s’accroît. Être dynamique pour le ministre revient donc à marquer collectivement une exigence élevée en matière de qualité des formations, de respect des normes académiques, de transparence dans la gestion et de conformité aux textes réglementaires en vigueur. Tout ceci, sans perdre de vue l’enjeu véritable qui est le souci d’efficacité indispensable pour préserver la valeur du diplôme togolais, et la dignité académique si chère. Et c’est dans cette optique que le gouvernement, sous le leadership du Président du Conseil, a engagé d’importantes réformes visant à hisser la qualité de l’enseignement et de la formation professionnelle aux standards d’excellence.
« A cet égard, vous ne doutez pas que nous soyons embarqués dans une compétition mondiale des savoirs qui suggèrent la dynamisation de notre compétitivité, laquelle implique des réformes, non pas simplement administratives en l’occurrence, mais stratégiques par surcroît. De quoi nous inscrire durablement dans ce qui, vous conviendrez, est désormais une tendance lourde. La qualité de l’enseignement supérieur ne saurait être négociable. Elle constitue le socle sur lequel reposent la crédibilité de nos diplômes, l’employabilité de nos diplômés et, plus largement, le développement socio-économique de notre pays. Car sans elle, c’est notre univers qui s’écroule », a-t-il dit.
Mélissa BATABA
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