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Droit des Femmes : La Fondation AEA initie une rencontre de réflexions pour une meilleure appropriation

La présidente de la Fondation AEA, Mme Marie-Joe Trénou (3e de la gauche), la délégation marocaine et autres invités.
Droit des Femmes : La Fondation AEA initie une rencontre de réflexions pour une meilleure appropriation

A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la Fondation Agir Ensemble pour l’Afrique (AEA) a organisé, le vendredi 6 Mars 2026, à Lomé, une conférence-débat consacrée à la situation actuelle des jeunes filles et femmes. Placée sous le thème « Etat des lieux en termes de droits, de justice et d’actions à l’endroit des jeunes filles et des femmes aujourd’hui », la rencontre a permis aux acteurs politiques, juristes et expertes du genre de sensibiliser davantage l’opinion publique sur l’importance de la connaissance et de l’appropriation des droits par les femmes, en particulier celles vivant en milieu rural.

La Journée internationale des droits de la femme a offert l’occasion à la Fondation Agir Ensemble pour l’Afrique (AEA) d’initier une rencontre consacrée à la réflexion sur les droits de la femme aujourd’hui. Pour la Fondation AEA, l’enjeu consiste à rapprocher davantage l’information juridique des populations, notamment à travers des campagnes de sensibilisation, l’éducation civique et le renforcement des structures d’accompagnement.

Diverses personnalités présentes à la conférence-débat.

Le Maroc était le pays invité d’honneur à cette rencontre qui a également enregistré la participation de plusieurs délégations venues d’autres pays africains. Il s’est agi de faire le point sur la situation des droits des jeunes filles et femmes au Togo, de dresser les efforts entrepris pour améliorer les conditions de vie des femmes et jeunes filles, notamment en matière d’accès à la justice, d’égalité des chances et de participation à la vie publique et économique. Les échanges ont permis d’aborder plusieurs problématiques, notamment les violences basées sur le genre, les obstacles socioculturels à l’autonomisation des femmes et la question de leur représentation dans les sphères de décision. Les différentes interventions ont souligné que malgré les progrès observés, de nombreux défis subsistent et nécessitent une mobilisation accrue des pouvoirs publics, des organisations de la société civile et des partenaires.

Les panélistes ont encouragé les femmes et les filles à s’informer davantage sur les lois qui les protègent.

Abordant la question de la connaissance et de l’appropriation des droits par les femmes, les panelistes ont unanimement reconnu qu’un important travail de sensibilisation reste encore à mener. A la question de savoir si les femmes connaissent réellement leurs droits et si elles parviennent à se les approprier, plusieurs intervenantes ont relevé que dans les mieux ruraux notamment, de nombreuses femmes ignorent encore les dispositions juridiques censées les protéger. Cette méconnaissance concerne parfois même certaines femmes instruites, qui ne disposent pas toujours d’informations suffisantes sur les mécanismes légaux leur permettant de défendre leurs droits. Selon elles, cette situation constitue un frein réel à l’autonomisation et à l’épanouissement des femmes.

Des dispositifs juridiques existent pour protéger les femmes

Dans plusieurs communautés rurales, par exemple, certaines femmes continuent d’accepter des pratiques ou des décisions qui les désavantagent, faute de connaître les recours juridiques existants. Il n’est pas rare que des veuves soient privées de leur droit à l’héritage ou que des femmes mariées ne participent pas aux décisions relatives aux biens familiaux, simplement parce qu’elles ignorent que la loi leur reconnaît des droits dans ces domaines, ont-elles souligné. Sur la question des violences basées sur le genre, les panelistes ont souligné que dans bien des cas, les victimes hésitent à porter plainte ou à saisir la justice, par manque d’information sur les procédures ou par crainte de stigmatisation sociale. Pourtant, des dispositifs juridiques existent pour protéger les femmes contre ces formes d’abus.

La présidente de la Fondation AEA, Mme Marie-Joe Trénou (3e de la gauche), la délégation marocaine et autres invités.

A cette occasion, Mme Marie Pounawele Sondo, enseignant-chercheur à la Faculté de Droit de l’Université de Lomé, a indiqué que le pays a enregistré, ces dernières années, des avancées notables, grâce à la ratification de plusieurs instruments juridiques internationaux. Ces réformes ont permis de renforcer la protection des femmes, en particulier par l’incrimination de nouvelles formes de violences, telles que les violences économiques et le renforcement des sanctions liées aux violences sexuelles et familiales, a-t-elle dit. L’oratrice a évoqué la question du congé de maternité dans le secteur privé, estimant que sa durée actuelle reste insuffisante pour permettre aux femmes de se rétablir pleinement après l’accouchement et de prendre soin de leur nouveau-né. Au-delà du cadre juridique, elle a souligné que la dépendance financière, les mariages forcés, certaines pratiques traditionnelles ou encore les mutilations génitales féminines limitent souvent la capacité de certaines femmes à faire valoir leurs droits.

Sur la question de l’autonomisation des femmes, Mme Hafou Touré, femme d’affaires et entrepreneure ivoirienne, a fait noter que l’indépendance financière constitue l’un des piliers essentiels de l’émancipation féminine. Car disposant de ressources économiques propres, la femme est en mesure de prendre des décisions pour elle-même, subvenir aux besoins de la famille et de refuser certaines formes de violences ou de pressions sociales. Elle a enfin invité les femmes à développer la culture de l’épargne et de l’investissement, soutenant qu’il n’est pas nécessaire d’être riche pour investir. « Car même de petites sommes épargnées régulièrement peuvent permettre, à long terme, de bâtir une stabilité financière », a conseillé la femme d’affaires.

Bernadette A. GNAMSOU

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