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Des jeunes scolaires sensibilisés aux dangers à l’ère du numérique et de l’IA

L'assistance conviée à la rencontre de sensibilisation.
Des jeunes scolaires sensibilisés aux dangers à l’ère du numérique et de l’IA

Le ministère de la Justice et des Droits humains, dans le cadre de la promotion des valeurs démocratiques en milieu scolaire, a animé, mercredi 11 Février 2026, à Lomé, une séance de sensibilisation au profit des élèves du lycée de Tokoin. La rencontre a porté sur la lutte contre la désinformation et les enjeux du renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. A travers cette initiative, les élèves ont été invités à développer un esprit critique face aux contenus qu’ils consultent, partagent ou produisent.

«Lutte contre la désinformation et renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle au Togo : quel rôle pour les jeunes ? ». C’est le thème retenu par le ministère de la Justice et des Droits humains, pour sensibiliser les élèves et étudiants, respectivement des lycées et universités du Grand Lomé, aux dangers de la désinformation et à ses répercussions sur la jeunesse et la vie démocratique. Une initiative visant à contribuer au renforcement de la culture démocratique et à l’engagement citoyen des jeunes, appelés à jouer un rôle central dans la construction d’un espace numérique sain et respectueux des valeurs républicaines. Au cours de la sensibilisation, hier, au lycée de Tokoin, l’accent a été mis sur les conséquences néfastes de la désinformation sur les jeunes, souvent exposés à des contenus trompeurs, manipulés ou générés artificiellement. Les échanges ont touché l’impact croissant de l’intelligence artificielle dans la production des contenus numériques, soulignant à la fois ses opportunités et les risques liés à une utilisation abusive ou non maîtrisée. Selon les orateurs, la propagation de fausses informations peut influencer négativement les opinions, créer des divisions, alimenter la méfiance envers les institutions et fragiliser le vivre-ensemble. Pour eux, la désinformation constitue une menace, en ce qu’elle altère le débat public, fausse la compréhension des enjeux citoyens et peut compromettre la participation éclairée des populations aux processus démocratiques. Pour les intervenants, les propos outrageants à l’autorité publique, les injures diffusées sous les pages officielles des institutions de l’Etat, le piratage des comptes institutionnels, la cybercriminalité ou encore le cyber harcèlement sont autant de fléaux auxquels ces jeunes sont exposés au quotidien, à travers l’usage des outils numériques. Face à ces défis, les élèves ont été invités à adopter des comportements responsables en ligne. Il leur a été recommandé, notamment, de développer un esprit critique face aux informations reçues, d’agrandir une vigilance accrue dans l’usage des outils numériques, de vérifier systématiquement la crédibilité des sources, de croiser les informations avant tout partage et de faire preuve de retenu face aux contenus émotionnels ou sensationnalistes. Les conférenciers ont également insisté sur la nécessité de se méfier des contenus manipulés par l’intelligence artificielle, de promouvoir des échanges respectueux sur les réseaux sociaux et de signaler les fausses informations. Ceci, dans le but de contribuer à un espace numérique plus sain.

La table d’honneur. MM. Zounon et Oubo respectivement, 1er et 2e de la gauche.

L’information est un pouvoir et la désinformation en est une arme redoutable

A cette occasion, le directeur du renforcement démocratique, M. Oubo M’bo, a souligné que « notre quotidien est, aujourd’hui, profondément marqué par le numérique. Une large partie de notre vie se déroule, désormais, sur les écrans. L’information circule à une vitesse fulgurante, souvent sans filtre, sans recul et parfois sans esprit critique. Or, l’information est un pouvoir, et la désinformation en est une arme redoutable ». Au regard de ces dérives, il a exhorté les élèves à faire preuve de sens de responsabilité, de critique et de discernement, qui doivent les guider dans l’analyse et l’utilisation des réseaux sociaux. M. Oubo a rappelé l’existence de l’arsenal juridique, notamment le Code pénal qui, en son article 497, illustre la délicatesse de l’équilibre entre la liberté d’expression et la lutte contre la désinformation. « Si la liberté d’expression demeure un droit fondamental, la diffusion de fausses nouvelles de mauvaise foi, lorsqu’elle trouble la paix publique, est passible de sanctions pénales pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et trois millions de francs CFA d’amende », a-t-il fait savoir. 

Le directeur du Collège Protestant/Lomé Tokoin, M. Kokou Zounon, pour sa part, a témoigné sa gratitude au ministre en charge de la Justice et des Droits humains, pour cette campagne de sensibilisation visant à renforcer la culture de la démocratie et la promotion de la participation citoyenne. A son avis, le thème de cette sensibilisation est évocateur. « C’est un éveil de conscience de nos jeunes, afin qu’ils soient avertis des dangers liés aux avancées technologiques. Le numérique et l’intelligence artificielle nous offrent tout. Il revient à notre jeunesse de savoir faire le tri et d’opérer un bon choix entre les fakes news et les informations vraies », a indiqué M. Zounon.

Bernadette A. GNAMSOU

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