Une conférence de presse consacrée à la mise en œuvre de la digitalisation des demandes de certificat de nationalité mère et des duplicatas a été animée, le 31 mars 2026, à Lomé, par la Direction de la Nationalité, du Sceau et de l’Identité civile. Les responsables ont éclairé les médias sur cette ambition qui veut rapprocher davantage l’administration des citoyens, simplifier les procédures, renforcer la transparence et l’efficacité du service public, tout en relevant les défis auxquels cette digitalisation est confrontée. Bien que réels, ces défis, à leur avis, ne sont pas des échecs, mais des étapes nécessaires vers un système plus performant et inclusif.

Professionnels des médias au cours de la conférence de presse
Face aux médias élargis à d’autres acteurs, les responsables la Direction de la Nationalité, du Sceau et de l’Identité civile ont relevé l’importance du certificat de nationalité, qui est un important document administratif pour tout citoyen. Il représente le lien juridique qui rattache un individu à un Etat et atteste officiellement de son appartenance à la communauté nationale. En l’absence de ce document, une personne se trouve dans une situation d’apatridie, privée de la reconnaissance formelle de sa nationalité. Il confère à son titulaire l’ensemble des prérogatives liées à la citoyenneté, notamment le droit de vote et d’éligibilité, la possibilité d’obtenir une carte nationale d’identité ou un passeport, ainsi que l’accès à de nombreux emplois publics et privés. Il constitue donc une pièce fondamentale pour l’exercice effectif des droits civiques et l’intégration pleine et entière dans la vie sociale, économique et politique d’un pays.
Sa digitalisation permet de simplifier les procédures, de renforcer la transparence et l’efficacité du service public, d’améliorer la qualité du service rendu aux citoyens. Mais, depuis sa digitalisation, le 12 décembre 2024 au Togo, beaucoup de citoyens se heurtent à des difficultés liées à la compréhension des différentes étapes de la procédure.
Au cours de cette rencontre avec les médias, la Direction en charge de la nationalité a partagé l’état d’avancement de cette réforme, ainsi que les mesures correctives engagées, pour faire face à ces difficultés. Selon les conférenciers, plusieurs demandes ont été enregistrées et traitées à travers le nouveau dispositif. Toutefois, des difficultés techniques et administratives ont été constatées au cours de la phase de déploiement. Celles-ci concernent, notamment des lenteurs intermittentes du système, des contraintes liées à l’appropriation de l’outil par certains usagers et agents, ainsi que des ajustements techniques nécessaires pour optimiser la performance de la plateforme.
Des difficultés qui s’inscrivent dans une phase normale d’adaptation
Selon cette direction, 165 657 demandes ont été reçues, 127 791 traitées et 17 311 en attente de correction. Elle a, à ce jour, 20.555 demandes en attente de dépôt. « Consciente des désagréments rencontrés par les usagers, la direction de la nationalité tient à rassurer l’opinion publique que ces difficultés s’inscrivent dans une phase normale d’adaptation inhérente à toute réforme structurelle de cette envergure. Des mesures correctives sont actuellement en cours, notamment le renforcement de l’infrastructure technique, l’amélioration des performances du système, ainsi que la consolidation des capacités opérationnelles des services concernés », a fait valoir Mme Tchamdja-Kpatcha Kobauyah, directrice du Sceau, de la Nationalité et de l’Identité civile. Devant ce tableau, elle appelle les populations à la patience et à la compréhension durant cette phase de transition. « L’administration reste pleinement mobilisée pour assurer une stabilisation rapide du système et garantir un service public de qualité conforme aux attentes des usagers », relance-t-elle. Elle a rappelé les conditions d’acquisition de la nationalité togolaise, en se référant aux textes en vigueur.
La direction rassure les citoyens que les difficultés observées, au cours de la demande de certificat, sont celles d’une phase de transition. Et des efforts sont continuellement déployés pour améliorer la plateforme et accompagner les usagers. Elle les invite à faire preuve de patience, à se familiariser progressivement avec le système et à solliciter les mécanismes d’assistance disponibles, afin de bénéficier pleinement des avantages de cette réforme. « Pour toute information complémentaire, les usagers sont invités à se rapprocher des services compétents ou à consulter les canaux officiels du ministère de la Justice et des Droits humains », recommande la direction.
Par ailleurs, dans un souci de transparence, des statistiques et bilans périodiques pourront être publiés, afin d’informer le public sur l’évolution de la réforme et les progrès réalisés.
Yankolina M. TINGAENA
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