Corruption dans les curricula d’enseignement : 34 manuels pédagogiques de la HAPLUCIA soumis à validation
Dans le cadre d’un projet d’intégration de la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation, la HAPLUCIA organise à Lomé un atelier de validation de 34 manuels. L’ambition étant de faire de l’éducation un levier pour changer les mentalités, promouvoir la transparence et l’intégrité.
La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) organise, depuis le mardi 26 août 2026, à Lomé, un atelier national de validation des outils pédagogiques destinés au préscolaire, au primaire, au secondaire général et technique, ainsi qu’à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle. Cet atelier de quatre jours s’inscrit dans le cadre du projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo. Il répond à l’ambition des plus hautes autorités du pays de faire de l’éducation un véritable levier de prévention de la corruption et de promotion de l’intégrité.

Les officiels et les participants à l’issue de la cérémonie d’ouverture.
Au total, 34 manuels pédagogiques sont soumis à l’examen des experts du monde éducatif : 1 pour le préscolaire, 3 pour le primaire, 8 pour le premier cycle de l’enseignement secondaire général, 9 pour le second cycle de l’enseignement secondaire général, 1 pour le cycle court de l’enseignement technique, 6 pour le cycle long de l’enseignement technique et 6 pour l’éducation non formelle et l’alphabétisation.
Ces documents traduisent les principes de la lutte contre la corruption et de la promotion de l’intégrité dans un langage accessible, adapté aux différents niveaux d’apprentissage et aux réalités de la société togolaise. Ils encouragent la réflexion, le dialogue et l’apprentissage. Ils permettent aux apprenants de comprendre ce qu’est la corruption, d’en identifier les manifestations, d’en mesurer les conséquences et surtout de savoir comment adopter des comportements responsables face aux situations à risque. Ces manuels couvrent des disciplines telles que l’Education Civique et Morale (ECM), l’Histoire-Géographie, le Français, la Philosophie, le Sport, le Droit, etc.
Faire de l’éducation un levier de prévention de la corruption
A l’ouverture des travaux, le président de la HAPLUCIA, M. Kimelabalou Aba, a souligné que cet atelier constitue une étape importante pour faire de l’éducation un levier de prévention de la corruption et de promotion de l’intégrité. Selon lui, la corruption porte atteinte à la confiance des citoyens envers leurs gouvernants. Elle affaiblit les institutions démocratiques, compromet l’efficacité de l’action publique, accentue les inégalités et détourne des ressources qui devraient être consacrées au développement économique et social.
« C’est pourquoi, nous devons agir sur les mentalités par l’éducation. L’école n’est pas seulement le lieu où l’on apprend à lire et à compter. Elle est le lieu où l’on apprend à devenir citoyen. Un citoyen sans intégrité est un danger pour la République. Nous devons apprendre à nos enfants et à notre jeunesse que l’honnêteté n’est pas une faiblesse, que respecter les règles n’est pas un manque d’intelligence, que servir l’intérêt général est un honneur, que refuser la corruption est un acte de courage et que l’intégrité constitue une richesse individuelle et collective », a-t-il insisté.
La promotion de l’intégrité, une responsabilité partagée
Pour M. Aba, l’éducation à l’intégrité doit dépasser la transmission de connaissances théoriques. Elle doit contribuer à développer des compétences et des attitudes. « Un enfant qui sait qu’il ne faut pas tricher, mais qui comprend également pourquoi la tricherie porte atteinte à l’équité et à la confiance a déjà franchi une étape importante. Un jeune qui connaît les dangers de la corruption et qui sait comment réagir lorsqu’il y est confronté devient un véritable acteur de prévention. Un enseignant qui incarne lui-même les valeurs qu’il transmet devient un modèle, une référence. Une institution qui applique les règles de manière transparente et équitable devient un espace d’apprentissage de la citoyenneté et de l’intégrité », a-t-il indiqué.
Le président de la HAPLUCIA a précisé que la promotion de l’intégrité est une responsabilité partagée. Elle concerne l’Etat et ses institutions, mais également les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations de la société civile, les médias, les établissements d’enseignement, les familles et chaque citoyen. Il a encouragé les participants à faire preuve d’exigence. Les supports pédagogiques validés doivent être scientifiquement fiables, juridiquement pertinents, pédagogiquement adaptés et culturellement accessibles. Leur pertinence doit tenir compte de l’âge et du niveau des apprenants, mais également des réalités auxquelles ils sont confrontés dans leur environnement familial, scolaire, professionnel et social.
« L’objectif n’est pas de produire des documents qui resteront dans les bibliothèques. Notre ambition est de mettre entre les mains des éducateurs des outils vivants, utiles et opérationnels. Ils doivent permettre de susciter des discussions dans les salles de classe, dans les établissements de formation, dans les espaces de jeunesse et plus largement dans toutes les communautés où se construit la citoyenneté », a-t-il conclu.
Un second atelier se tiendra, du 31 août au 4 septembre 2026, pour la validation des outils pédagogiques de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.
Alex TEYI