Coopération sino-africaine : Zéro tarif douanier, une politique majeure pour booster le développement du continent
En séjour à Pékin en Chine, sur invitation de l’Association chinoise de diplomatie publique (CPDA), des journalistes africains ont échangé, mardi 19 mai 2026, avec des officiels chinois, autour de la politique de zéro droit de douane entre la Chine et 53 pays africains. L’initiative, qui intervient dans un contexte mondial marqué par le protectionnisme et l’unilatéralisme, a pour but de promouvoir le commerce, l’investissement et l’industrialisation en Afrique. Annoncée en février 2026, par le président chinois Xi Jinping, cette mesure est entrée en vigueur, le 1er mai 2026, constituant un signal fort de la volonté de la Chine de marquer un nouveau palier dans les relations de coopération avec l’Afrique, vielles de 70 ans.

Vue partielle des journaliste africains
Le tarif zéro stimule la solidarité et le progrès communs entre la Chine et l’Afrique. Tel se résume le mot liminaire de cette conférence de presse, animée par Liu Yuxi, ambassadeur pour les affaires du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC) et Chen Yusong, directeur général adjoint au département de l’OMC au ministère du Commerce. Selon les deux officiels chinois, l’application du zéro tarif douanier entre l’Afrique et la Chine démontre à suffisance la place de choix qu’occupe l’Afrique dans l’agenda diplomatique de ce géant asiatique, la première puissance économique à lancer cette mesure. Ils ont relevé les retombées de cette politique, à travers trois aspects : premièrement, elle devrait accroître les échanges commerciaux entre les deux parties, vu que durant les 17 dernières années, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et que, depuis 2025, les échanges entre les deux parties ont dépassé les 348,08 milliards de Dollars US.
Industrialisation et amélioration de l’agriculture
En deuxième lieu, cette mesure de zéro tarif douanier pourrait stimuler davantage l’investissement chinois en Afrique et booster l’industrialisation et la transformation agricole, intégrant le continent dans les chaines de valeur industrielles au niveau mondial, tout en améliorant la compétitivité de ses produits. Déjà, ont expliqué les conférenciers, le café et le cacao africains, les oranges, les avocats, le sésame, la noix de cajou, le piment séché, ainsi que d’autres matières premières connaissent un engouement certain de la part des Chinois, que ce soit pour la consommation que pour la commercialisation.
Des produits qui entrent en Chine, depuis le 1er mai déjà, sans frais de douane, via les ports de Guangzhou, Shenzhen bay, Shanghai, Jingmen et Dalian. Tout ceci devrait apporter des avantages gagnant-gagnant, notamment le renforcement des échanges humains, la création des chaînes de valeur industrielles, plus de revenus stables, l’amélioration du climat des affaires, le développement économique et social, surtout pour le continent.
Le troisième aspect de cette politique est qu’elle permet de baliser le chemin pour un partenariat sino-africain de qualité, en créant une grande synergie entre l’industrialisation de l’Afrique et un avenir de prospérité partagé, mais aussi en induisant une coopération approfondie tous azimuts, incluant plus d’emplois, à travers le commerce numérique, l’industrie verte, etc.
Les avantages pour le Togo
Une telle mesure permettra au Togo d’élargir son parc industriel, d’augmenter ses revenus et de créer plus d’emplois pour la jeunesse. Le pays pourrait valoriser davantage ses produits agricoles, le café, le cacao, le soja, les phosphates, les fruits notamment l’ananas, la mangue, le gingembre, en les transformant, selon le vœu cher au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. D’autres unités de transformation viendront renforcer la Plateforme industrielle d’Adéticopé (PIA) qui fait déjà la fierté du pays. Parmi les avantages, il y a aussi l’amélioration continue du climat des affaires et la montée en puissance des produits « made in Togo » et des PME-PMI togolaises.
A noter que le tarif zéro de la Chine en faveur de l’Afrique est une mesure préférentielle majeure, prise pour mettre en œuvre les acquis du Sommet de Beijing du FOCAC en 2024 et pour élargir, de manière proactive, son ouverture unilatérale. Si la Chine applique le tarif zéro, elle ne réclame pas la réciprocité, permettant aux pays du continent de pratiquer, en retour, la réduction des tarifs à son égard. Cette politique illustre pleinement la mise en pratique par la Chine de sa politique envers l’Afrique, fondée sur les principes de « sincérité, résultats effectifs, amitié et bonne foi » ainsi que sur la recherche du plus grand bien et des intérêts partagés pour les relations sino-africaines. Cette mesure, entrée en vigueur le 1er mai 2026, sera appliquée pour une période de deux ans. Et l’on espère que, d’ici là, les pays africains pourront tirer leur épingle du jeu.
Blandine-TAGBA-ABAKI