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Comprendre les implications et opportunités de la loi de finances, exercice 2026

. M. José Syménouh. a présidé la séance de formation
Comprendre les implications et opportunités de la loi de finances, exercice 2026

Comme tous les ans, après l’adoption d’un nouveau budget de l’Etat, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-T) organise des sessions de formation et d’échanges sur les nouvelles dispositions fiscales. Un exercice dédié aux opérateurs économiques, pour leur permettre de décrypter les innovations fiscales, maîtriser le budget-programme adossé à la feuille de route gouvernementale et assurer la conformité, en évitant les erreurs de procédure qui ralentissent l’investissement public.

Pour les séances de cette année démarrées, le 27 janvier 2026, au profit des acteurs du Grand Lomé et simultanément ceux d’Aného, de Kpalimé et de Kara, un accent particulier est mis sur la décentralisation financière.

Les opérateurs économiques présents

La mise en œuvre des réformes contenues dans la loi de finances, exercice 2026, et leur appropriation par les acteurs économiques, nécessitent une bonne compréhension des implications et opportunités que ces réformes offrent. C’est pourquoi, fidèle à sa mission, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-T) organise, tous les ans, des séances d’échanges à travers le pays, afin de leur permettre de comprendre les innovations fiscales que contient cette loi. Mais aussi, de maîtriser le budget-programme adossé à la feuille de route gouvernementale et d’assurer la conformité, en évitant les erreurs de procédure qui ralentissent l’investissement public.

Selon M. Awali Pidassa, un des responsables des cabinets formateurs, la tâche est de démontrer l’importance de cette loi, d’expliquer aux opérateurs économiques pourquoi il y a eu une augmentation de 14,8% dans ce budget de l’Etat, et surtout, de leur expliquer le financement majeur concernant les fonds qui seront collectés par rapport à ce budget.

Un instrument de stabilité, de justice sociale et de souveraineté économique

A l’ouverture, le président de la CCI-T, Dr José Kwassi Syménouh, a fait noter que ces rencontres de sensibilisation sont des espaces de dialogue et d’échanges pour recueillir les préoccupations, suggestions et attentes des opérateurs économiques. Ceci, pour enrichir la réflexion et améliorer l’application des réformes en faveur du climat des affaires au Togo.

Au demeurant, il a évoqué un environnement mondial marqué par des incertitudes, laissant entendre que le budget 2026 se veut un instrument de stabilité macroéconomique, par une gestion prudente de la dette et des déficits. C’est aussi un budget de justice sociale, avec une part prépondérante allouée aux secteurs sociaux (santé, éducation, protection sociale), ainsi que de souveraineté économique, en encourageant la consommation locale et l’industrialisation. « Grâce à des réformes structurelles ambitieuses, une gouvernance économique rigoureuse et l’engagement du secteur privé, une dynamique de croissance stable a été maintenue. Pour l’année 2026, les perspectives économiques du Togo sont globalement positives, marquées par une volonté de relance budgétaire et une croissance qui devrait se maintenir au-dessus de la moyenne régionale. Le taux de croissance projeté par le gouvernement garde une tendance solide, avec une anticipation de croissance de 6,5%. Cette prévision ambitieuse est portée par un budget record (plus de 2 740 milliards FCFA) orienté vers les secteurs sociaux et productifs », a-t-il fait comprendre.

Des réformes majeures

Au titre des facteurs qui soutiennent cette dynamique, M. Syménouh a cité les investissements sociaux, qui représentent près de 48% du budget national, et la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), dont la montée en puissance continue d’attirer des investissements privés et de booster les exportations. Il a aussi cité les services et la logistique du Port Autonome de Lomé (PAL), qui consolide sa position de hub logistique majeur en Afrique de l’Ouest, ainsi que la digitalisation qui permet la poursuite de la transformation numérique de l’administration et des services publics, pour améliorer la compétitivité du pays.

 « En vue de maintenir ce dynamisme, l’Etat devra poursuivre la politique d’assainissement budgétaire pour une réduction du déficit public à 3% du PIB, d’ici fin 2026, conformément aux critères de l’UEMOA. Il est question de prendre la sécurité régionale à bras le corps, afin que l’insécurité dans le Sahel arrête d’impacter les échanges commerciaux et la stabilité frontalière, et aussi, se préserver autant que faire se peut des conséquences des chocs climatiques, qui rendent l’agriculture instable et provoquent l’inflation alimentaire », a-t-il souligné.

Comme réformes majeures, le président de la CCI-T a fait savoir que la loi de finances 2026 introduit l’incitation à la finance verte avec des allègements pour les entreprises investissant dans les énergies renouvelables, le soutien au « Consommer Local » avec des mesures protectrices pour les producteurs nationaux, la dématérialisation totale, avec la réduction des contacts physiques dans les procédures de déclaration pour limiter les déperditions. « Ces réformes traduisent la volonté du gouvernement d’assurer une croissance inclusive et durable », a-t-il dit, avant d’exhorter les participants à l’engagement et à des échanges sans tabous.

Martial Kokou KATAKA

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