8e Forum des pays exportateurs du gaz : Nécessité de consolider un dialogue transparent entre producteurs et consommateurs du gaz
Le huitième Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) s’est tenu le 27 octobre 2026, à Moscou, à la veille de l’ouverture du 3e Sommet Russie-Afrique. A l’issue de la séance plénière, les Etats membres ont adopté la Déclaration de Moscou, dans laquelle toutes les parties prenantes ont exprimé la volonté de consolider un dialogue transparent entre producteurs et consommateurs du gaz en vue d’assurer les besoins énergétiques et aussi de promouvoir la souveraineté énergétique au profit des populations.

Le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine a présidé le 27 octobre 2026, à Moscou, le 8e Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz. Cette rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie-Pacifique et du Moyen-Orient dont ceux du Qatar, de la Guinée équatoriale, de la Libye, du Venezuela, d’Algérie et de l’Iran.
Les Etats membres ont défini le rôle du gaz et présenté les perspectives pour améliorer, maintenir la sécurité énergétique devant contribuer à la croissance mondiale. Les pays exportateurs ont aussi manifesté leur volonté de consolider le rôle de ce forum, de renforcer la coopération dans le domaine énergétique pour l’avenir, d’unir leurs voix pour que le gaz devienne un cadre de coopération sud-sud, de travailler ensemble pour lutter contre les défis dans ce secteur afin d’atteindre les Objectifs du Développement Durable (ODD) et aussi de combattre la politisation du secteur de l’énergie.
Prendre au sérieux les enjeux liés au gaz.
A l’issue de la rencontre, le président Vladimir Poutine a exprimé sa reconnaissance à tous les Etats membres pour leurs interventions enrichissantes et les propositions de coopération gagnant-gagnant sur les marchés gaziers. Il a alors invité les chefs d’Etat et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz ainsi que les observateurs à prendre au sérieux les enjeux liés au gaz. Selon lui, cette matière première représente aujourd’hui un quart du mix énergétique mondial.
Le dialogue entre les participants du Forum des pays exportateurs de gaz se développe « sans intrigues en coulisses ni tentatives de manipulation du marché ».
Environ 40 % des exportations mondiales de gaz dans le monde sont représentées par les participants du GECF : « Au total, les participants au forum représentent 70 % des réserves mondiales de gaz naturel et environ 40 % de ses exportations mondiales. »
Les participants et observateurs du Forum des pays exportateurs de gaz « disposent des ressources et des capacités pour résoudre les problèmes les plus complexes de l’industrie gazière et de l’ensemble du secteur énergétique mondial. »
En 2025, sa consommation a augmenté de 1,2 %, pour atteindre 4 200 milliards de mètres cubes. Ces tendances devraient se poursuivre et, d’ici le milieu du siècle, la demande mondiale de gaz devrait atteindre 5 500 milliards de mètres cubes par an.
Quant à l’offre internationale, elle augmentera d’environ 50 %, pour atteindre 1 700 milliards de mètres cubes.
« Cela signifie que le rôle du gaz naturel comme pilier de l’énergie, de l’industrie et de l’agriculture mondiales, ainsi que du système commercial international, ne fera que se renforcer. Ceci représente un défi majeur pour l’industrie gazière, d’autant plus compte tenu des turbulences qu’elle traverse actuellement. », a souligné le président de la Fédération de Russie.
« Comme chacun sait, la situation au Moyen-Orient s’est aggravée dans l’un des principaux centres mondiaux de production gazière, les chaînes d’approvisionnement et les voies de transport traditionnelles étant perturbées. Les gazoducs russes à destination de l’Europe ont été directement visés par des attaques terroristes, notamment des attentats à la bombe. Par ailleurs, certains pays ont imposé des restrictions à l’acquisition d’équipements et de technologies nécessaires. », a déploré Vladimir Poutine.
S’accorder sur la stabilité des approvisionnements.
Dans ce contexte difficile, et face à la demande croissante de gaz, les producteurs mondiaux de gaz doivent garantir des approvisionnements stables et fiables, assurant ainsi aux consommateurs des foyers chauffés, du carburant pour les entreprises et les centrales électriques, ainsi que des matières premières pour la production de produits chimiques, d’engrais et de nouveaux matériaux., ont souligné les participants.
Une approche professionnelle et responsable est nécessaire dans le domaine de l’agenda vert : « La seule question est de ne pas abuser de cet agenda vert pour des raisons politiques internes. Comportez-vous de manière responsable, professionnelle et prenez en compte les opportunités offertes par l’industrie gazière durant la période de transition et à l’avenir. »
Les pays exportateurs de gaz doivent travailler sur l’optimisation des routes d’approvisionnement en carburant vers les marchés : « Il est nécessaire d’optimiser les routes de transport, en tenant compte de la situation géographique des pays participants au forum, avec l’aide d’opérations mutuelles entre eux, c’est-à-dire entre nous. »

Le rôle de la Russie en tant que fournisseur de gaz
« La Russie est l’un des acteurs clés du marché mondial du gaz. Nous sommes premiers au monde en termes de réserves de gaz naturel et seconds en termes de production. La Russie est un fournisseur responsable de gaz à l’étranger, un partenaire fiable et prévisible. Toute tentative d’exclure la Russie du nombre de participants au marché mondial du gaz, afin de freiner le développement de cette industrie dans notre pays, a de graves conséquences. Tout d’abord, les coûts croissants exorbitants pour les consommateurs finaux étrangers de gaz, les entreprises, les ménages», a déclaré Vladimir Poutine.
Pour stabiliser le marché mondial du gaz, il est nécessaire de réfléchir à la fin des conflits et à la levée des sanctions : « Nous comprenons tous : les investissements à grande échelle ne sont possibles que lorsqu’une demande est stable et qu’il y a une opportunité de vendre les ressources extraites après d’importants investissements dans leur production. Et ici, bien sûr, nous devons réfléchir à la fin des conflits qui persistent, et à lever les régimes de sanctions », a conclu le président de la fédération de Russie